Amanda Knox de nouveau devant la justice italienne

Âgée aujourd'hui de 27 ans, Amanda Knox a... (PHOTO ANDREW KELLY, ARCHIVES REUTERS)

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Âgée aujourd'hui de 27 ans, Amanda Knox a annoncé en février qu'elle allait se marier.

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Agence France-Presse
ROME

La Cour de cassation italienne doit se pencher mercredi une nouvelle fois sur le meurtre de l'étudiante britannique Meredith Kercher en 2007, pour lequel l'Américaine Amanda Knox et son ex-petit copain Raffaele Sollecito ont écopé de lourdes peines en appel.

Depuis bientôt huit ans, cette saga mêlant étudiants venus de divers horizons, sexe et marijuana a connu de nombreux rebondissements qui ont passionné les médias du monde entier.

«Nous en sommes au cinquième jugement, je n'ai plus une vie à moi depuis huit ans», a récemment déclaré à la télévision Raffaele Sollecito, qui sera présent à l'audience alors qu'Amanda Knox a regagné les États-Unis en 2011.

«Ne pas me présenter à l'audience serait comme se cacher dans un angle de la maison en cas de tsunami : tu serais emporté de toute manière», a-t-il expliqué.

Dans la nuit du 1er au 2 novembre 2007, Meredith Kercher, étudiante britannique de 21 ans, a été retrouvée morte, à demi nue et dans une mare de sang, dans l'appartement qu'elle partageait avec Amanda Knox à Pérouse, dans le centre de l'Italie.

L'autopsie a révélé qu'elle avait été violée et frappée de 47 coups de couteau.

En première instance, Amanda Knox et Raffaele Sollecito, qui affirment être innocents, ont été condamnés en 2009 à 26 et 25 ans de réclusion pour ce meurtre.

La justice avait alors estimé que les deux jeunes amants avaient donné à Meredith Kercher le coup fatal, tandis qu'un Ivoirien, Rudy Guédé, lui tenait les bras parce qu'elle refusait de participer à un jeu sexuel.

Rudy Guédé a été condamné à 16 ans de prison dans un procès séparé.

Mais en octobre 2011, la cour d'appel de Pérouse a relaxé Amanda Knox et Raffaele Sollecito. L'Américaine avait alors immédiatement regagné son pays.

Extradition difficile

Le parquet a saisi la Cour de cassation, qui dans un nouveau rebondissement a décidé en mars 2013 de renvoyer l'affaire pour un nouveau procès en appel.

En janvier 2014, la cour d'appel de Florence a rendu un verdict particulièrement lourd pour les deux accusés : 28 ans et six mois de prison pour Amanda Knox et 25 ans de prison pour Raffaele Sollecito, qui s'est vu confisquer son passeport dès le lendemain.

«Je ne retournerai pas de mon propre gré» en Italie, avait alors déclaré Amanda Knox dans une interview, assurant qu'elle se battrait «jusqu'au bout» pour ne pas retourner en prison dans la péninsule. Âgée aujourd'hui de 27 ans, elle a annoncé en février qu'elle allait se marier.

Les avocats des deux condamnés ont saisi à nouveau la Cour de cassation, qui doit examiner l'affaire à partir de mercredi et pourrait se prononcer le jour même.

Elle pourrait renvoyer à nouveau l'affaire en appel, ou mettre un point final à la saga - du moins pour la justice italienne - en confirmant la condamnation.

Dans ce cas, Raffaele Sollecito, qui aura 31 ans jeudi, se retrouvera de nouveau derrière les barreaux tandis qu'une bataille juridique compliquée débutera pour l'extradition d'Amanda Knox.

La mesure n'est pas automatique : une fois informé de la décision de la Cour de cassation, le procureur général de la Cour d'appel de Florence doit demander au ministre de la Justice de lancer la demande d'extradition, rappelle le quotidien La Stampa.

La jeune Américaine dispose ensuite de toute une batterie de recours aux États-Unis pour tenter au moins de retarder l'échéance.

En janvier 2014, le juriste Alan Dershowitz, professeur de droit à Harvard, avait expliqué à l'AFP que si la condamnation était confirmée, l'extradition finirait probablement par avoir lieu.

Le «système judiciaire italien, même si je ne l'aime pas, est un système légitime. Nous avons un traité (d'extradition) avec l'Italie et je ne vois pas comment on pourrait renâcler», expliquait-il.

«Nous cherchons à faire revenir (l'ex-consultant de l'agence de renseignement américaine NSA, Edward) Snowden, de quoi cela aurait-il l'air de demander Snowden et de refuser de rendre quelqu'un pour meurtre?», soulignait le professeur.

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