Estonie: la coalition au pouvoir en tête des législatives

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Les Estoniens élisaient leur Parlement dans un contexte d'inquiétude pour la sécurité du pays face à Moscou.

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Stuart GARLICK, Mary SIBIERSKI
Agence France-Presse
TALLINN

La coalition de centre gauche au pouvoir en Estonie arrivait en tête du scrutin législatif, dimanche, après le comptage de plus de la moitié des bulletins de vote, aux dépens du parti du Centre, prorusse, selon le site de la Commission électorale.

Les deux alliés actuels, le parti de la Réforme et les sociaux-démocrates, ne disposeront pourtant pas de majorité au Parlement de 101 sièges et devront chercher un nouvel allié.

«On peut admettre que le parti de la Réforme sera bien en mesure de former un gouvernement», a déclaré à l'AFP Ahto Lobjakas, éditorialiste du journal estonien Postimees.

«Cependant, les négociations de coalition risquent d'être plus compliquées, menées avec les sociaux-démocrates et les conservateurs d'IRL», a-t-il ajouté.

Le parti de la Réforme du Premier ministre estonien Taavi Roivas a obtenu 29,2% des voix, devant le parti du Centre qui a bénéficié du soutien de 21,0% des électeurs. En troisième position se plaçaient les sociaux-démocrates, avec 16 % des voix, devant les conservateurs d'IRL (14,5%), les libéraux-démocrates (9,1%) et le parti Populaire conservateur (8,4%). Aucun autre parti n'a franchi le seuil d'éligibilité de 5%.

Si ces résultats se confirment, le parti de la Réforme du Premier ministre Taavi Roivas et ses alliés sociaux-démocrates disposeront de 47 sièges. Le parti du Centre en aura 24, contre 26 dans le Parlement sortant.

Les Estoniens élisaient leur Parlement dans un contexte d'inquiétude pour la sécurité du pays face à Moscou. Des questions sociales ont aussi animé la campagne électorale dans ce pays balte qui applique depuis longtemps une politique d'austérité très rigoureuse.

Le parti du Centre a proposé notamment de tripler le salaire minimum en le portant à 1000 euros, et de baisser les cotisations de la sécurité sociale.

Tensions à la frontière russe 

L'annexion de la Crimée et les actions russes en Ukraine sont suivies de près dans cette ancienne république soviétique de 1,3 million d'habitants, dont un quart de russophones, qui a divorcé d'avec l'URSS en 1991.

Des exercices militaires russes à la frontière estonienne quelques jours avant le scrutin ont renforcé les craintes de ceux qui prêtent au Kremlin l'intention de déstabiliser d'anciens membres de l'Union soviétique.

«En termes d'orientation pro-occidentale de l'Estonie, l'engagement à l'UE et à l'Otan peut être encore plus prononcé», suite au renforcement de l'aile droite au parlement avec l'arrivée de deux nouveau partis, selon M. Lobjakas.

Un électeur estonien sur cinq a voté par internet. Le parti du chef du gouvernement a remporté ce e-vote avec 37,5% des voix de soutien, devant l'IRL (17,2%) et les sociaux-démocrates (16,9%). Le parti du Centre n'y a obtenu que 7,7% des voix sur internet.

Le taux de participation s'est élevé à 63,7% de l'ensemble des électeurs.

Le soutien au parti du Centre s'explique par la popularité de ce parti au sein de la minorité russophone dans ce pays membre de l'Otan, de l'UE et de la zone euro.

Des sondages précédents plaçaient même le Centre en tête de la course mais, selon les analystes, ce parti n'aurait pas trouvé d'alliés pour former une majorité au Parlement.

Le dirigeant du parti du Centre, Edgar Savisaar, a vu sa cote baisser l'année dernière après sa visite controversée à Moscou où il a dit approuver l'annexion de la Crimée par la Russie. Premier chef de gouvernement après la chute de l'URSS, M. Savisaar est depuis 2007 maire de la capitale Tallinn.

«La situation sécuritaire actuelle se perpétuera sur une longue période», a estimé le Premier ministre Roivas avant le scrutin, évoquant les tensions régionales. «Ce n'est pas seulement du mauvais temps, c'est un changement climatique», a-t-il jugé.

Le plus jeune chef du gouvernement de l'UE - il a 35 ans - a joint sa voix à celles de ses homologues letton et lituanien pour réclamer une présence accrue de l'Otan, afin de répondre à celle de l'armée russe à proximité de leurs frontières.

Dans ce contexte, l'Alliance a annoncé la création d'une force «Fer de lance» de 5000 hommes et de six centres de commandement dans la région, dont un en Estonie.

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