La police pense avoir abattu l'auteur de deux attaques à Copenhague

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Le corps du suspect, en sang, repose sur le trottoir, tandis que des officiers de la police médico-légale danoise examinent la scène du crime, après l'attentat.

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Sören BILLING, Camille BAS-WOHLERT
Agence France-Presse
COPENHAGUE

La police pense avoir abattu dimanche matin à Copenhague l'auteur de deux fusillades, lors d'un débat sur la liberté d'expression et près de la grande synagogue de la capitale danoise, qui ont fait deux morts et cinq blessés.

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Photo du suspect prise par une caméra de surveillance.

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L'homme est soupçonné par les enquêteurs d'avoir voulu imiter les attentats à Paris en janvier. «Nous travaillons sur l'hypothèse selon laquelle la personne en question a pu être inspirée par les événements qui se sont déroulés à Charlie Hebdo à Paris», a déclaré à la presse Jens Madsen, des services de renseignement (PET).

«Nous pensons que le même homme est l'auteur des deux fusillades», a par ailleurs dit le porte-parole de la police, Torben Moelgaard Jensen.

L'homme a été abattu, après avoir ouvert le feu sur les forces de l'ordre dans le quartier populaire de Nørrebro. Les autorités avaient placé sous surveillance un logement où il avait de fortes chances de se rendre.

Il était soupçonné d'avoir commis la première attaque, samedi vers 15 h,  en criblant de balles un centre culturel où avait lieu un débat sur l'islamisme et la liberté d'expression, faisant un mort dans l'assistance, un homme âgé de 55 ans, et blessant trois policiers.

Il serait également l'auteur des coups de feu qui ont retenti après minuit samedi près de la synagogue de Copenhague, blessant mortellement une personne et deux policiers.

Selon une association communautaire juive, le jeune homme tué était un Juif, âgé de 37 ans, qui surveillait les accès au lieu de culte où une bar mitzvah était célébrée.

La police s'est refusée à donner une quelconque information sur l'identité du suspect, si ce n'est qu'il est originaire de Copenhague.

Seule une photo a été publiée, apparemment prise dans un stationnement, d'un homme vêtu d'une doudoune foncée et d'un bonnet ou d'une cagoule bordeaux, avec un signalement peu précis : 25 à 30 ans, environ 1,85 m, athlétique.

Il était déjà connu des services de renseignement. Selon M. Madsen, «il peut avoir été inspiré par la propagande militante islamiste diffusée par l'État islamique ou d'autres organisations terroristes».

Le chef du gouvernement danois, Helle Thorning-Schmidt a rappelé que «personne ne doit pouvoir impunément attaquer la société danoise ouverte, libre et démocratique».

«Acte terroriste»

Après la première fusillade, elle avait dénoncé «un acte de violence cynique» et estimé que «tout porte à croire que la fusillade (...) était un attentat politique et de ce fait un acte terroriste».

Paris a immédiatement condamné «avec la plus grande fermeté» cette «attaque terroriste». Washington a évoqué une attaque «déplorable» et proposé d'apporter son aide à l'enquête.

Le premier minitre britannique David Cameron a dénoncé un «attentat effroyable» contre «la liberté d'expression et la liberté de culte» et la chancelière allemande Angela Merkel «le mépris de la dignité humaine» suintant de ses attaques.

Quant au premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, il a appelé dimanche les Juifs européens à s'installer en Israël, «votre foyer», tandis que le Grand rabbin de France, Haïm Korsia, a réclamé des «actes forts» pour lutter conte le terrorisme et ceux qui instrumentalisent la religion pour tuer au nom de Dieu.

Joint par l'AFP, l'ambassadeur de France au Danemark, François Zimeray, a décrit un assaut brutal sur le centre culturel, au sein duquel il se trouvait avec notamment le caricaturiste suédois Lars Vilks, qui a été l'objet de plusieurs menaces et d'agressions depuis la publication pendant l'été 2007 d'un dessin représentant le prophète Mahomet avec un corps de chien.

«Ils nous ont tirés dessus de l'extérieur. C'était la même intention que (l'attaque contre) Charlie Hebdo sauf qu'ils n'ont pas réussi à entrer», a-t-il déclaré.

L'attaque par deux jihadistes français contre l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, le 7 janvier à Paris, avait fait 12 morts. Les assaillants avaient pénétré dans la salle de rédaction et y avaient ouvert le feu, avant de tuer un policier dans leur fuite.

Deux jours plus tard, un homme lié aux deux jihadistes avait pris en otage plusieurs personnes dans une supérette cacher à Paris, tuant quatre personnes de confession juive.

Dizaines de coups de feu

«Intuitivement je dirais qu'il y a eu au moins 50 coups de feu, et les policiers ici nous disent 200. Des balles sont passées à travers les portes et tout le monde s'est jeté à terre», a raconté l'ambassadeur.

Les vitres ont été criblées de nombreux impacts. Et la BBC a diffusé un enregistrement où on entend l'Ukrainienne Inna Shevchenko, du mouvement Femen, interrompue par des dizaines de coups de feu qui retentissent sans répit.

Les enquêteurs ont d'abord parlé de deux assaillants présumés ayant pris la fuite à bord d'une voiture. Le véhicule, vide, a été retrouvé quelques heures plus tard, à proximité du lieu de la fusillade et d'une gare.

Puis quatre heures après l'attaque, les forces de l'ordre ont précisé que «les premiers témoignages indiquaient qu'il n'y avait qu'un auteur» des coups de feu.

Le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, est arrivé à la mi-journée dimanche à Copenhague.

«On se sent tous danois ce soir», a déclaré à l'AFP un chroniqueur de Charlie Hebdo, Patrick Pelloux. «C'est affreux parce que c'est un mois après les attentats à Paris, cela fait ressortir toute la tristesse.»

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