Les deux anciennes otages en Syrie de retour en Italie

Greta Ramelli et Vanessa Marzullo sont descendues de... (Photo Alessandro Bianchi, Reuters)

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Greta Ramelli et Vanessa Marzullo sont descendues de l'avion sans aucune effusion, arborant de pâles sourires, la tête baissée, sans faire de déclaration.

Photo Alessandro Bianchi, Reuters

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Ella IDE
Agence France-Presse
Rome

Les deux jeunes humanitaires italiennes enlevées l'été dernier dans le nord de la Syrie et libérées jeudi sont arrivées vendredi à l'aube à Rome, où elles ont été accueillies avec «soulagement».

L'avion qui ramenait Greta Ramelli, 20 ans, et Vanessa Marzullo, 21 ans, de Turquie a atterri à l'aéroport militaire de Ciampino près de Rome vers 4h.

Accueillies par le ministre italien des Affaires étrangères Paolo Gentiloni et en l'absence de leurs proches, elles sont descendues de l'avion sans aucune effusion, arborant de pâles sourires, la tête baissée, sans faire de déclaration.

Elles devaient ensuite subir un bilan de santé et être rapidement entendues par le parquet antiterrorisme de Rome, qui a ouvert une enquête sur leur enlèvement.

La présidence du conseil italien avait annoncé jeudi en fin d'après-midi par un tweet que les deux jeunes femmes étaient «libres».

«C'est le résultat d'un intense travail d'équipe de l'Italie», s'était peu après réjoui le ministère des Affaires étrangères, tandis que le président du Sénat Pietro Grasso, qui assure l'intérim depuis la démission mercredi du président Giorgio Napolitano, a fait part de son «soulagement».

«J'éprouve une joie immense: c'est une nouvelle que j'attendais depuis longtemps», a déclaré Salvatore Marzullo, père de Vanessa, dans le restaurant qu'il tient à Verdello, près de Bergame (nord) et où il attendait un appel de sa fille, a rapporté l'agence AGI.

La nouvelle a cependant provoqué une polémique, après que des médias étrangers s'appuyant sur des tweets de jihadistes ont évoqué le paiement d'une forte rançon. Ce serait «un scandale», a martelé le chef de la Ligue du Nord, Matteo Salvini.

M. Gentiloni doit s'expliquer à 13 devant les députés, ont annoncé les médias italiens.

Vêtues de noir

Greta Ramelli et Vanessa Marzullo, toutes deux originaires de Lombardie, avaient fondé une association d'entraide baptisée «Horryaty», spécialisée dans le domaine de l'eau et de la santé.

Elles avaient disparu le 31 juillet près d'Alep, dans le nord de la Syrie, où elles étaient arrivées trois jours plus tôt depuis la Turquie, après un premier séjour en février, pour participer à un projet humanitaire.

«Les hypothèses sont variées, on travaille dans toutes les directions, et l'Italie comme d'habitude n'abandonne personne, mais la discrétion la plus absolue est requise», avait expliqué fin août le sous-secrétaire aux Affaires étrangères, Mario Giro, estimant cependant que les deux jeunes femmes n'étaient pas aux mains de l'organisation État islamique (EI).

Le 31 décembre, elles étaient apparues dans une courte vidéo, assises devant un mur nu, en robes noires et le visage serré dans un foulard noir.

L'une d'elles appelait le gouvernement italien à les ramener à la maison avant Noël, mais aucun détail ne permettait d'identifier le groupe qui les détenait.

La vidéo avait été mise en ligne sur YouTube sous le titre «Le Front Al-Nosra détient deux Italiennes en raison de la participation de leur gouvernement à la coalition» internationale combattant l'EI en Syrie.

Le Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda également été visée par la coalition, n'a cependant pas fait état de la vidéo sur ses comptes officiels.

Dans la situation mouvante et confuse près d'Alep, des groupes politiques extrémistes ou crapuleux ont recours aux enlèvements pour obtenir des rançons afin de se financer, et il n'est pas rare que les personnes enlevées passent d'un groupe armé à l'autre.

Un autre citoyen italien, le prêtre jésuite Paolo Dall'Oglio, militant du dialogue inter-religieux en Syrie, a également disparu en juillet 2013 à Raqa, fief de l'EI.

Des informations contradictoires sur son sort circulent, certaines le donnant pour mort depuis longtemps tandis que d'autres le disent aux mains de l'EI ou d'autres groupes.

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