Ouverture d'un premier procès dans l'affaire des écoutes visant Erdogan

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Ce procès est le premier concernant la retentissante affaire des écoutes téléphoniques qui ont visé M. Erdogan et son entourage il y a un an.

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Agence France-Presse
ANKARA

Le procès de treize personnes poursuivies pour avoir illégalement placé sur écoute les bureaux de l'ex-premier ministre et actuel président Recep Tayyip Erdogan s'est ouvert vendredi devant un tribunal d'Ankara, ont rapporté les médias turcs.

Poursuivis pour «espionnage» et «violation de la vie privée», les accusés - douze policiers et un haut fonctionnaire - risquent des peines de vingt-et-un à trente-six ans et demi de réclusion criminelle, a précisé l'agence de presse gouvernementale Anatolie.

Seuls huit des suspects étaient présents à cette audience, cinq autres étant toujours en fuite, a indiqué le quotidien Hürriyet sur son site internet.

Parmi les accusés présents à la barre figurent le chef des gardes du corps de M. Erdogan, Zeki Bulut, le policier responsable du service de sécurité du chef du gouvernement, Mehmet Yüksel, ainsi que l'ancien chef adjoint de l'agence turque pour les sciences et la technologie (Tübitak), Hasan Palaz.

Lors de la première audience, le juge a rejeté une demande d'acquittement des treize suspects présentée par leurs avocats et formellement accepté la constitution de partie civile du chef de l'État dans le dossier.

Ce procès est le premier concernant la retentissante affaire des écoutes téléphoniques qui ont visé M. Erdogan et son entourage il y a un an.

Chef du gouvernement depuis 2003, élu chef de l'État en août dernier, l'homme fort du pays, ses proches et plusieurs de ses ministres ont été mis en cause il y a un an dans une affaire de corruption sans précédent qui a secoué son régime.

De nombreux éléments à charge avaient été publiés sur les réseaux sociaux, notamment des enregistrements de ses conversations téléphoniques.

L'enquête a révélé que le premier ministre de l'époque avait été placé sur écoute.

M. Erdogan a nié catégoriquement toutes les accusations de corruption et dénoncé les enregistrements de ses conversations téléphoniques comme des «montages».

Il accuse les auteurs et les commanditaires de ces écoutes d'être des proches du mouvement religieux du prédicateur musulman Fethullah Gülen, soupçonné d'être à l'origine des enquêtes anticorruption qui l'ont visé pour le déstabiliser.

Depuis cette affaire, M. Erdogan a lancé une chasse aux sorcières contre le mouvement Gülen en procédant à une vague d'arrestations et de purges visant des milliers de policiers et de magistrats qui, selon lui, ont formé un «État parallèle».

Le mois dernier, le régime a également fait arrêter plusieurs responsables de médias de la mouvance Gülen, érigée en «ennemie publique numéro 1».

À la faveur de changements de procureurs et de juges, les enquêtes judiciaires visant M. Erdogan et son gouvernement ont depuis toutes été classées sans suite.

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