L'Europe n'a «rien appris» de l'Holocauste, selon Nétanyahou

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«Il semble que beaucoup trop (de gens) en Europe, où six millions de juifs ont été massacrés, n'ont rien appris», a déclaré le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou.

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Agence France-Presse
JÉRUSLAEM et STRASBOURG

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a dénoncé vigoureusement mercredi la décision du Tribunal de l'Union européenne de retirer le Hamas palestinien de la liste des «organisations terroristes», accusant les Européens de n'avoir «rien appris» de l'Holocauste.

«Au Luxembourg, le Tribunal de l'UE a retiré de la liste d'organisations terroristes le Hamas qui a commis d'innombrables crimes de guerre et d'innombrables actes terroristes», a indiqué M. Nétanyahou dans un communiqué de son bureau.

«Il semble que beaucoup trop (de gens) en Europe, où six millions de juifs ont été massacrés, n'ont rien appris», a-t-il soutenu au début d'une rencontre à Jérusalem avec la sénatrice républicaine Joni Ernst.

«Mais nous en Israël, nous avons appris. Nous continuerons à défendre notre peuple et notre État contre les forces de la terreur, de la tyrannie et de l'hypocrisie», a ajouté le premier ministre.

Le Tribunal de l'UE, saisi par le Hamas, a annulé mercredi pour vice de procédure l'inscription en décembre 2001 du mouvement palestinien sur la liste des «organisations terroristes» de l'UE, tout en maintenant temporairement le gel de ses avoirs en Europe.

Le Conseil européen a trois mois pour prendre une nouvelle décision de gel des fonds, ou deux mois pour se pourvoir en appel auprès de la Cour de justice de l'UE contre cette décision, a ajouté le Tribunal de l'UE.

Après cette décision, la Commission européenne a indiqué que l'UE «considère toujours le Hamas comme une organisation terroriste».

Plus tôt dans la journée, Benyamin Nétanyahou a exigé que l'UE replace «immédiatement» le Hamas sur sa liste des «organisations terroristes».

Le Hamas s'est en revanche félicité de la décision de l'en retirer.

Le premier ministre israélien a fustigé en outre une conférence qui a réuni mardi à Genève les représentants de 126 États, qui ont rappelé dans une déclaration l'obligation de respecter le droit international humanitaire dans les Territoires palestiniens occupés, y compris Jérusalem-Est.

«Aujourd'hui, nous avons été témoins d'exemples stupéfiants de l'hypocrisie européenne», a déclaré M. Nétanyahou. «À Genève, ils ont appelé à enquêter sur Israël pour des crimes de guerre», a-t-il ajouté.

Paul Fivat, diplomate suisse et ambassadeur spécial pour les Conventions de Genève, a souligné que la conférence était «un message envoyé aux parties en conflit, en particulier les population civiles, (pour leur rappeler) qu'il y a un droit qui protège leurs intérêts».

Bête noire d'Israël, le mouvement islamiste Hamas qui contrôle de facto la bande de Gaza est également considéré comme une «organisation terroriste» par les États-Unis. Une guerre a opposé en juillet-août derniers l'armée israélienne au Hamas qui a dévasté l'enclave palestinienne faisant près de 2200 morts côté palestinien et près de 70 côté israélien.

Le Hamas, soutenu par l'Iran, rejette toute négociation avec l'État hébreu dont il ne reconnaît pas l'existence et prône la lutte armée contre «l'occupant».

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Le Parlement européen «appuie en principe la reconnaissance de l'État palestinien et la solution fondée sur deux États», mais cela «devrait aller de pair avec le processus de paix, qui devrait être remis en marche», selon la résolution adoptée par 498 voix contre 88.

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Le Parlement européen soutien «la reconnaissance de l'État palestinien»

Le Parlement européen a apporté mercredi son soutien de «principe» à la reconnaissance de l'État palestinien, mais sans appeler les États membres de l'UE à le faire comme le souhaitaient plusieurs groupes politiques.

Le Parlement européen «appuie en principe la reconnaissance de l'État palestinien et la solution fondée sur deux États», mais cela «devrait aller de pair avec le processus de paix, qui devrait être remis en marche», selon la résolution adoptée par 498 voix contre 88.

Ce texte sans valeur contraignante a été élaboré par cinq groupes politiques du parlement au terme de difficiles négociations.

Les socialistes, les Verts et la gauche radicale souhaitaient appeler les États membres à reconnaître l'État palestinien, mais le PPE (droite), principale formation politique du parlement, a pesé pour lier cette perspective à une relance des pourparlers de paix.

Ces différentes approches, entre ceux qui voient dans la reconnaissance de l'État palestinien un catalyseur pour la paix et ceux pour qui la paix doit être une condition préalable, avaient déjà conduit les eurodéputés à reporter leur vote en novembre.

«Il n'y a pas de reconnaissance immédiate sans condition», a affirmé le président du groupe PPE, Manfred Weber. Son homologue socialiste, Gianni Pittella, a salué «une décision historique» et une «victoire de l'ensemble du parlement».

Le compromis paraît en retrait par rapport aux initiatives récentes dans certains États membres. La Suède a ainsi reconnu l'État de Palestine et les parlements français, britannique et espagnol ont appelé à cette reconnaissance.

Les eurodéputés, favorables «sans réserve à la solution des deux États, sur la base des frontières de 1967», ont mis en garde mercredi «contre les risques d'une nouvelle escalade de la violence impliquant des lieux saints, qui pourrait transformer le conflit israélo-palestinien en un conflit religieux».

Ils ont appelé l'UE à adopter «une position commune» et à «devenir un véritable acteur et un médiateur dans le processus de paix au Proche-Orient».

Le parlement a décidé «d'engager une initiative intitulée "Parlementaires pour la paix" visant à rapprocher les parlementaires européens, israéliens et palestiniens» pour faire progresser les perspectives de paix.

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