Sarkozy, futur chef de l'opposition

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Malgré un retour dans l'arène fin septembre jugé raté par une majorité de Français, Nicolas Sarkozy (ci-dessus), 59 ans, apparaît assuré d'emporter le scrutin, même si le plus sérieux de ses concurrents, Bruno Le Maire, 45 ans, ambitionne de le pousser à un second tour.

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Bertrand PINON
Agence France-Presse
PARIS

L'ex-président français Nicolas Sarkozy, futur chef de l'opposition de droite au socialiste François Hollande, va devoir unifier son camp, fracturé sur sa ligne politique et par son duel avec son grand rival Alain Juppé, avant d'espérer reconquérir le pouvoir en 2017.

«Mon premier défi sera de rassembler ma famille», a reconnu l'ancien chef de l'État (2007-2012) dans le quotidien Le Figaro, à l'approche de l'élection samedi d'un nouveau président de l'UMP, le grand parti conservateur qui l'avait porté à l'Élysée.

Malgré un retour dans l'arène fin septembre jugé raté par une majorité de Français, M. Sarkozy, 59 ans, apparaît assuré d'emporter le scrutin, même si le plus sérieux de ses concurrents, Bruno Le Maire, 45 ans, ambitionne de le pousser à un second tour.

Une épreuve plus ardue l'attend ensuite : le combat des chefs engagé pour la primaire à droite de 2016, cruciale avant la présidentielle l'année suivante.

Tous les politologues en soulignent l'enjeu. «Celui qui va gagner la primaire, c'est quasiment le prochain président de la République», affirme à l'AFP Dominique Reynié, de la Fondation pour l'innovation politique, un centre de réflexion proche de l'UMP.

La faiblesse du pouvoir socialiste fait planer sur la gauche la menace d'une élimination dès le premier tour de la présidentielle au profit de la patronne du Front national (FN, extrême droite), Marine Le Pen.

Engagée dès août par la candidature d'Alain Juppé, ancien premier ministre (1995-1997) désigné par les sondages comme l'homme politique le plus populaire du pays et le meilleur pour représenter son camp en 2017, la course à la primaire à droite s'est muée depuis en guerre ouverte.

Accueillant samedi un rassemblement de Nicolas Sarkozy dans son fief de Bordeaux (sud-ouest), ville dont il est le maire, M. Juppé, non-candidat à la présidence de l'UMP, a été hué par les partisans de l'ancien président, opposés à son profil modéré qui tranche avec la ligne droitière de leur favori.

«Je ne me laisse pas impressionner par des mouvements de foule», a rétorqué Alain Juppé, dans une pique à son rival qui, une semaine plus tôt, avait cédé à la pression de militants hostiles à la loi sur le mariage homosexuel votée en 2013 en promettant de l'abroger.

L'incident, que M. Sarkozy n'a pas voulu condamner par refus de «bâillonner» les militants, illustre les déchirements de l'UMP entre les tenants d'une alliance au centre et ceux tentés d'aller chasser sur les terres du FN, dont les thèses séduisent leur base plus radicale.

«Pour ou contre la "lepénisation"»

«Sur le terrain économique et social, vous ne trouverez pas de différence entre Nicolas Sarkozy et Alain Juppé. Immigration, famille, sécurité, moeurs : c'est là que sont les fractures. La ligne de fracture à droite, c'est pour ou contre la "lepénisation"», explique à l'AFP Thomas Guénolé, politologue enseignant à la prestigieuse école de commerce HEC.

De l'avis des experts, la présidence de l'UMP offrira un atout de poids à M. Sarkozy pour la primaire de 2016 : la mainmise sur le parti. «Le poids de l'appareil va être déterminant. Alain Juppé n'a pas encore montré en politique qu'on était plus forts sans un parti qu'avec un parti», pointe Dominique Reynié.

La configuration du scrutin sera cruciale, alors que les sarkozystes renâclent à l'élection «ouverte» au-delà des rangs du parti, qu'exige M. Juppé dont l'image séduit au centre.

«Autant Nicolas Sarkozy est difficilement battable dans un vote par les adhérents, autant il peut être battu dans le cadre d'une primaire ouverte», note Thomas Guénolé. «Plus le corps électoral est élargi, plus les chances d'Alain Juppé sont importantes», abonde Jean-Daniel Lévy, de l'institut de sondages Harris Interactive.

À la tête de son parti, l'ancien président va aussi relancer jusqu'en 2017 un combat singulier avec François Hollande, son successeur socialiste plombé par une impopularité record.

Les deux hommes en rêvent, voyant chacun dans l'autre un repoussoir mobilisateur pour leurs camps respectifs. «Pourquoi Sarkozy obsède Hollande et vice versa», titre cette semaine l'hebdomadaire L'Express.

Professeur à l'Institut d'études politiques de Paris, Pascal Perrineau tempère : «Nicolas Sarkozy cherche sa revanche avec François Hollande. Mais la question actuellement, c'est "est-ce qu'il y aura un candidat de gauche au deuxième tour en 2017 ?"».

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