Bulgarie: des barbelés pour stopper les réfugiés

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Membre le plus pauvre de l'Union européenne, la Bulgarie avait été dépassée en 2013 par l'arrivée de 11 000 réfugiés, soit dix fois plus que la moyenne annuelle, la plupart fuyant la guerre civile en Syrie.

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Diana SIMEONOVA
Agence France-Presse
GOLIAM DERVENT, Bulgarie

Prise au dépourvu l'an passé par un afflux de réfugiés syriens, la Bulgarie contrôle désormais la situation, mais au prix aussi d'une politique controversée, symbolisée par une longue clôture de fil de fer coupant à sa frontière.

L'installation de ces barbelés doit être achevée cette semaine. D'une hauteur de plus de trois mètres, la clôture s'étend sur une trentaine de kilomètres, sur la partie la moins visible de la frontière longue de 274 km avec la Turquie.

Membre le plus pauvre de l'Union européenne, la Bulgarie avait été dépassée en 2013 par l'arrivée de 11 000 réfugiés, soit dix fois plus que la moyenne annuelle, la plupart fuyant la guerre civile en Syrie.

L'afflux avait créé une crise humanitaire dans le pays, incapable de prendre en charge les migrants entassés dans écoles reconverties à la va-vite en asile, dans des conditions sanitaires précaires, ou sous des tentes sans chauffage en plein hiver.

Sommé par l'Union européenne de reprendre les choses en main, le pays a multiplié les forces de police à la frontière et commencé en octobre la mise en place de la clôture constituée de plusieurs couches de spirales de fil en fer coupant, d'un coût total de 4,6 millions d'euros (près de 6,7 millions de dollars).

Une politique dénoncée par les organisations non gouvernementales. En début de semaine, le Haut-Commissariat aux Réfugiés des Nations unies (HCR) avait appelé les pays européens à accueillir plus de réfugiés syriens, et dénoncé des refoulements dans plusieurs pays, tels la Grèce, l'Espagne et la Bulgarie.

«Nous sommes inquiets du fait que tous les demandeurs de protection n'ont pas accès au territoire bulgare. Il y a des cas prouvés de refoulement» de ressortissants de Syrie, mais aussi d'Afghanistan, de Soudan et de Palestine, a déclaré à l'AFP le porte-parole bulgare du HCR Boris Tchechirkov.

Devoir de protection

Selon des propos récents du ministre bulgare de l'Intérieur, Tsvetlin Yovtchev, quelque 150 à 200 personnes sont refoulées par jour. Le nombre d'immigrants clandestins risque d'augmenter avec l'aggravation de la crise irakienne, a-t-il mis en garde.

«Nous sommes situés à la frontière extérieure de l'UE que nous sommes censés protéger des migrants clandestins», déclare à l'AFP Nikolay Tchirpanliev, directeur de l'agence aux réfugiés.

Selon lui, 300 à 400 personnes par mois passent actuellement la frontière clandestinement, contre 2000 par mois en moyenne d'octobre à décembre 2013.

Parallèlement aux efforts pour rendre ses frontières étanches, la Bulgarie a aussi amélioré le niveau de vie des réfugiés déjà sur son sol. Les conditions dans les asiles sont désormais «supérieures aux normes de base», a reconnu M. Tchechirkov.

L'agence bulgare aux réfugiés a aussi accéléré le traitement des demandes de protection. De janvier à mai 2014, 2359 personnes ont obtenu un statut de réfugié qui leur permet de voyager au sein de l'UE et déposer une demande de migration dans un autre pays de l'Union.

«Les médecins, les ingénieurs partent à l'Occident, alors que les migrants sans formation restent ici», regrette toutefois M. Tchirpanliev.

La plupart veulent partir en Allemagne, en Belgique et dans les pays scandinaves, selon Mariana Stoyanova, porte-parole de la Croix-Rouge bulgare.

«Le gros problème consiste actuellement dans l'absence de mesures d'intégration pour assurer un apprentissage du bulgare et d'un métier», souligne-t-elle.

«C'est difficile. Je paie mon loyer grâce à l'argent reçu de ma famille et d'amis. Je cherche un emploi, sans succès», témoigne Rashid Jamil, un Syrien de 35 ans arrivé il y a un an, qui a reçu un statut humanitaire en Bulgarie.

«Il y a de nombreuses familles qui ne peuvent pas payer un loyer ou acheter de la nourriture pour leurs enfants, et ils tentent de retourner dans les asiles pour survivre», raconte-t-il à l'AFP.




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