Les parlementaires rendent hommage à Margaret Thatcher

Le premier ministre David Cameron devait présider, mercredi,... (Photo Lefteris Pitarakis, AP)

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Le premier ministre David Cameron devait présider, mercredi, une session spéciale à la Chambre des communes qui a été rappelée après le décès de Margaret Thatcher, à qui les parlementaires rendront un dernier hommage en après-midi.

Photo Lefteris Pitarakis, AP

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Denis Hiault
Agence France-Presse
Londres

Les députés et Lords britanniques ont suspendu leurs vacances parlementaires de printemps pour rendre mercredi un hommage national à «l'extraordinaire» Margaret Thatcher, selon l'expression du premier ministre David Cameron, et ont rivalisé de superlatifs pour évoquer les succès et excès de la «Dame de fer» controversée.

Elle a été «une dirigeante extraordinaire, une femme extraordinaire», a lancé à l'ouverture du débat à la chambre des Communes M. Cameron, conservateur comme son illustre prédécesseur.

Première et seule femme à être entrée au 10, Downing Street où elle a établi un record de longévité (1979-90) des temps modernes, elle trône en statue au palais de Westminster et reste un repère dans le jeu politique britannique.

«Elle a défini le climat politique. Elle a écrit l'Histoire. Et on peut dire en guise d'épitaphe qu'elle a rendu sa grandeur à la Grande-Bretagne» frappée de déclin après la Seconde Guerre mondiale et la perte de son empire, a souligné le chef du gouvernement.

«Quelle que soit l'opinion qu'on avait d'elle, c'était une personnalité unique et imposante», a admis Ed Miliband, le chef de l'opposition travailliste, dont les rangs étaient bien garnis.

«Je suis en désaccord avec beaucoup de ce qu'elle a fait, mais je respecte ce que sa mort (survenue lundi à 87 ans) représente pour beaucoup de gens qui l'admirent et je salue ses réussites personnelles», a-t-il ajouté.

Au crédit de la disparue, il a notamment cité la reconquête des îles Malouines, reprises aux Argentins en 1982, et certaines privatisations. À son débit, il a mis sa bataille homérique contre le syndicat des mineurs et ses positions contre Nelson Mandela, assimilé à «un terroriste».

Les députés ont ensuite entamé une litanie d'hommages ponctués d'anecdotes savoureuses.

Son sens du dialogue? «Elle m'a confié un jour:  "je suis d'accord avec le consensus pourvu qu'il s'établisse sur ma position"», a rappelé Malcolm Rifkind, un temps chef de sa diplomatie.

Elle a raté un entretien d'embauche à la société Imperial Chemical Industries «au prétexte qu'elle était têtue, obstinée et dangereusement sûre d'elle-même», a rappelé M. Cameron sous les éclats de rire.

L'ordre du jour autorisait un débat de sept heures et demie, dans la salle où Mme Thatcher a longtemps mené la charge de sa voix haute perchée.

Les élus du peuple n'avaient consacré que 63 minutes pour évoquer la mémoire du conservateur Edward Heath (1970-1974), décédé en 2005.

Un débat parallèle a animé la chambre (haute) des Lords, que «Mrs T» ne fréquentait plus en raison de son état de santé fortement dégradé par la maladie d'Alzheimer.

Les principaux partis s'étaient entendus sur un ordre du jour laconique --»Cette chambre a décidé de rendre hommage à la très honorable baronne Thatcher de Kesteven, chevalier de l'ordre de la Jarretière et de l'ordre du Mérite»-- résultant d'un compromis étranger au thatchérisme.

M. Miliband avait pris soin d'appeler à la retenue les plus féroces détracteurs dans les rangs de son parti, et  «catégoriquement condamné» les manifestations de joie des anti-Thatcher à Londres, Liverpool, Bristol (ouest).

Plusieurs élus de son parti n'en ont pas moins boycotté la session extraordinaire.

John Mann, hostile à ce «gaspillage de l'argent du contribuable» en l'honneur d'une irréductible opposante de l'État providence, a préféré maintenir un rendez-vous chez le dentiste.

«On ne peut pas oublier, ou pardonner», a renchéri John Healey, élu de la région minière du Yorkshire.

L'hommage parlementaire précédait d'une semaine les obsèques cérémonielles avec honneurs militaires prévues mercredi 17 avril en la cathédrale Saint-Paul de Londres, avec la participation exceptionnelle de la reine.

Elizabeth II avait assisté en 1965 à la messe funèbre en l'honneur de Winston Churchill. Le pays était alors unanime à pleurer le chef de gouvernement pour lequel la souveraine avait ordonné des obsèques nationales.

Les funérailles de Margaret Thatcher, officiellement baptisées «Operation True Blue», la couleur du conservatisme pur et dur, se dérouleront sous haute sécurité, avec le déploiement de 700 militaires des trois armes.

Par crainte d'une action de la part de groupuscules républicains nord-irlandais ou de l'extrême gauche, combattus par Mme Thatcher comme «ennemis de l'intérieur».

Selon le Times, près de 2300 personnes seront invitées à la cérémonie de Saint-Paul. L'entourage de Mikhaïl Gorbatchev a cependant fait savoir que le dernier président de l'URSS avait dû décliner l'invitation, en raison de son état de santé.

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