Tuerie dans les Alpes françaises: deux balles dans la tête de chaque victime

«Les quatre personnes sont mortes de plusieurs balles... (Photo : Lionel Cironneau, AP)

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«Les quatre personnes sont mortes de plusieurs balles et les quatre ont été victimes de deux tirs de feu en pleine tête», a déclaré le procureur de la République à Annecy, Eric Maillaud.

Photo : Lionel Cironneau, AP

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Antoine Agasse et Cyril Touaux
Agence France-Presse
Annecy

Deux balles dans la tête chacune: l'autopsie des quatre victimes de la tuerie dans les Alpes françaises a révélé l'acharnement du ou des tueurs aux enquêteurs dans l'attente des résultats de la perquisition de la maison de la famille al-Hilli et d'auditions outre-Manche.

«Les quatre personnes sont mortes de plusieurs balles et les quatre ont été victimes de deux tirs de feu en pleine tête», a annoncé le procureur de la République d'Annecy Eric Maillaud lors d'une conférence de presse.

L'autopsie des corps a été achevée tard dans la nuit de vendredi à samedi et ses résultats pourraient permettre de déterminer s'il y avait un tueur très bien entraîné ou plusieurs tueurs, pistes envisagées par des spécialistes avec près de 25 douilles trouvées sur la scène du drame.

Mais le procureur s'est refusé à toute précision quant aux résultats des expertises balistiques. «La scène s'est déroulée dans un trait de temps très très rapide», a-t-il seulement dit, tandis que toutes les hypothèses restent envisagées, de l'affaire crapuleuse au drame familial.

C'est un cycliste qui a découvert la voiture de Saad al-Hilli, ingénieur britannique de 50 ans, mercredi après-midi sur une route forestière près du village de Chevaline, à proximité du lac d'Annecy où il passait ses vacances en camping avec sa famille.

À l'intérieur se trouvaient le cadavre du père de famille, celui de sa femme Iqbal, originaire comme lui de Bagdad, et celui d'une Suédoise plus âgée. À côté gisait un cycliste français, victime collatérale de ce qui ressemble à une tentative d'exécution de toute une famille. Deux fillettes du couple, âgées de 4 et 7 ans, en ont réchappé mais l'aînée a été grièvement blessée.

Les enquêteurs avaient désormais le regard tourné vers la grande banlieue de Londres, à Claygate (à 40 km au sud de la capitale), où des policiers britanniques avec au moins un gendarme français ont entamé samedi la perquisition du domicile familial des al-Hilli.

Les enquêteurs espèrent y trouver des indices expliquant la tuerie et notamment avoir accès à l'ordinateur de Saad al-Hilli, qui dirigeait sa petite société informatique Shtech depuis son domicile. La perquisition sera «très longue», a indiqué une source proche de l'enquête.

M. al-Hilli, né à Bagdad et installé depuis longtemps en Grande-Bretagne, travaillait depuis près de deux ans pour la société de micro-satellites, Surrey Satellite Technology Limited (SSTL), appartenant à Astrium, elle-même filiale du géant aéronautique EADS.

Les enquêteurs vont également chercher «à s'intéresser à l'ensemble des personnes qui peuvent graviter autour de la famille des défunts. Toutes les personnes de la famille dans l'environnement immédiat sont entendues», a poursuivi le procureur d'Annecy.

«Comme tous les membres de la famille al-Hilli», le frère du père de famille fera partie des personnes auditionnées, a-t-il confirmé. L'homme s'était présenté de lui-même dès jeudi à la police britannique et avait reconnu avoir eu avec son frère un différend financier.

«On va essayer de connaître le maximum de choses de la vie de cette famille al-Hilli, sa profession, les entreprises pour lesquelles (le père) a pu travailler, leur patrimoine, essayer de comprendre le pourquoi d'un éventuel litige entre deux frères», dit M. Maillaud.

Mais sur place, le responsable du groupe de quatre gendarmes envoyés au Royaume-Uni, le colonel Marc de Tarlé, a prévenu que l'enquête serait «longue et complexe».

En France, les enquêteurs comptent toujours pouvoir recueillir des éléments du «témoin clef» du massacre, Zaïnab, sept ans, grièvement blessée au crâne et toujours plongée dans un coma artificiel à l'hôpital de Grenoble. Dès que les médecins donneront le feu vert, «les enquêteurs souhaitent l'entendre le plus vite possible», a dit le procureur.

Sa cadette Zeena, quatre ans, a réchappé à la tuerie après être restée cachée huit heures aux pieds de sa mère morte. La fillette, qui «a entendu mais rien vu» du drame, selon le procureur, «ne sera plus réentendue» par les enquêteurs. Vendredi soir, des membres de leur famille sont arrivés en France, «un oncle ou une tante».

Près de la scène du crime, une opération de ratissage élargie a été menée samedi. Les enquêteurs ont également sollicité l'assistance des pays frontaliers, notamment l'Italie et la Suisse.

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