Le chef de la direction de la chaîne Starbucks, Kevin Johnson, a présenté ses excuses aux deux Afro-Américains qui ont été arrêtés la semaine dernière dans un de ses établissements, mais cela n'a pas empêché des manifestants de se rassembler dimanche à l'extérieur de la succursale où se sont déroulés les événements.

Selon M. Johnson, les arrestations ont été un «dénouement répréhensible». Il a affirmé que l'entreprise «s'opposait fermement à la discrimination ou au profilage racial».

À l'extérieur du café, le révérend Jeffrey Jordan a scandé, comme une vingtaine d'autres manifestants : «Je suis quelqu'un, je veux l'égalité maintenant».

Le religieux a déclaré qu'il était honteux qu'en 2018 de tels événements continuaient de se dérouler, accusant Starbucks de traiter les Afro-Américains comme des citoyens de deuxième classe.

Les arrestations sont survenues jeudi. Une vidéo - qui s'est rapidement retrouvée sur les réseaux sociaux - montre les images de policiers discutant calmement avec deux Afro-Américains assis à une table. Quelques minutes plus tard, les agents leur ont passé les menottes et les ont expulsés, même si, selon les autres clients, ils ne faisaient rien de mal.

Des médias de Philadelphie ont indiqué que les deux hommes attendaient un ami.

Des employés du Starbucks auraient appelé le 9-1-1 pour rapporter la présence illégale de deux hommes dans l'établissement, a déclaré le commissaire de la police de Philadelphie, Richard Ross. On aurait dit aux agents que les deux hommes étaient entrés dans le café pour demander s'ils pouvaient aller aux toilettes, ce qui leur a été refusé parce qu'ils n'avaient rien acheté. Ils auraient ensuite refusé de s'en aller.

Le communiqué publié par M. Johnson n'explique pas ce qui a poussé des employés à appeler la police. Une porte-parole de Starbucks a dit que la succursale où s'est déroulé l'incident avait une politique de réserver l'usage des toilettes aux seuls clients payants. Dans la vidéo, aucun article n'est visible devant les deux hommes.

M. Johnson a reconnu que l'appel à la police avait été une décision erronée. «Notre gérant n'a jamais eu l'intention de faire arrêter ces hommes. (Ces arrestations) n'aurait jamais dû avoir lieu.»

Une enquête interne sera menée, a promis le patron de la chaîne.

Il a ajouté que les employés seront mieux formés pour leur apprendre quand il est opportun d'appeler les autorités. Il prévoit aussi de tenir des rencontres au sein de toute l'entreprise afin de «souligner son engagement de traiter tout le monde avec respect et dignité».

La police n'a pas dévoilé l'identité des hommes arrêtés. Tous deux ont été libérés par «manque de preuves» qu'un crime ait été commis, a fait savoir le bureau du procureur de district.