Trump se dit «innocenté» dans l'enquête russe

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En permettant la publication d'une note très controversée et critique du FBI, parcellaire et tendancieuse selon des experts indépendants, le président Donald Trump s'est attiré les foudres de l'opposition démocrate.

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Agence France-Presse
WASHINGTON

Le président américain Donald Trump a assuré samedi qu'une note très controversée et critique du FBI, rédigée et publiée par des républicains du Congrès, l'innocentait dans l'enquête russe, une «chasse aux sorcières» selon lui.

«La note innocente totalement ''Trump'' dans l'enquête. Mais la chasse aux sorcières russe continue indéfiniment», a tweeté le président en parlant de lui à la troisième personne.

«Après un an à chercher continuellement, pour ne RIEN trouver, (l'accusation de) collusion est morte», a-t-il asséné, ajoutant qu'il n'y avait également eu aucune «entrave» (à la justice).

La poursuite de l'enquête «est une honte pour l'Amérique», a conclu M. Trump, continuant par ces mots à mettre en cause l'intégrité des plus hauts échelons du ministère de la Justice et du FBI.

La note confidentielle en question, déclassifiée par le président contre l'avis de la police fédérale, décrit un abus de pouvoir présumé du FBI lors de la mise sur écoute d'un ancien membre de l'équipe de campagne du républicain avant l'élection de novembre 2016.

En permettant la publication de ce document, parcellaire et tendancieux selon des experts indépendants, M. Trump s'est attiré les foudres de l'opposition démocrate, qui brandit désormais le spectre d'une crise constitutionnelle.

CE QUE CONTIENT LA NOTE

La note confidentielle rédigée par des républicains du Congrès et déclassifiée par Donald Trump affirme « soulever des inquiétudes quant à la légitimité et la légalité de certaines actions » initiées par le FBI et le ministère américain de la Justice.

Il est reproché à ces deux institutions d'avoir commis des abus afin d'obtenir le mandat d'un juge pour espionner les conversations d'un ancien conseiller diplomatique de l'équipe de campagne de Donald Trump, Carter Page.

Adoptée il y a 40 ans, la loi FISA (Foreign Intelligence Surveillance Act) impose en effet aux enquêteurs du département de la Justice de présenter à un magistrat fédéral des éléments probants - laissant soupçonner par exemple qu'un individu travaille clandestinement pour une puissance étrangère - afin d'avoir le droit de placer cette personne sur écoute.

Ce qu'affirme la note : 

  • Pour obtenir le précieux mandat judiciaire, le département de la Justice et le FBI se sont appuyés sur des informations collectées par Christopher Steele, un ancien espion britannique. Celui-ci a opéré dans le cadre d'une mission, financée par le parti démocrate et l'équipe de campagne de Hillary Clinton, relevant clairement d'une partialité anti-Trump.
  • La demande de mandat d'écoute présentée au juge a été signée par quatre hauts responsables qui ont volontairement omis de préciser les motivations politiques de Christopher Steele : le directeur d'alors du FBI, James Comey, son ancien adjoint Andrew McCabe, l'ancienne vice-responsable du ministère Sally Yates et l'actuel numéro deux Rod Rosenstein.
  • Le « dossier » compilé par Christopher Steele représentait une « part essentielle » de la demande de mandat d'écoute présentée au magistrat fédéral.
  • M. Steele était également une source du FBI, pourtant sa fiabilité était plus que douteuse : il a menti à la police fédérale sur ses contacts et a fait des confidences aux médias en violation des règles de confidentialité dans le monde du renseignement.

Ce qu'omet de dire la note :

  • Carter Page faisait l'objet de soupçons du FBI depuis 2013, bien avant la mission d'investigations confiée à Christopher Steele.
  • Le dossier de Steele n'a pas été le déclencheur de l'ouverture de l'enquête d'abord confidentielle du FBI sur une possible collusion entre Moscou et l'équipe de campagne de Donald Trump. Celle-ci a été ouverte en juillet 2016, les services de renseignement américains ayant constaté des communications intensives entre des Russes et des proches du candidat républicain, notamment le conseiller George Papadopoulos.
  • Le fait d'utiliser devant un juge des informations provenant d'une entité ayant des préjugés ou des intentions cachées (comme M. Steele) n'est pas rare : au magistrat d'estimer ensuite le poids à donner à ces informations.




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