Donald Trump, un an après: «félicitations à tous les pitoyables»

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Sur la photo accompagnant le message, Donald Trump est assis à son bureau dans l'avion présidentiel, entouré des collaborateurs qui travaillaient dans la campagne et l'ont suivi à la Maison-Blanche, dont son gendre Jared Kushner,  son conseiller Stephen Miller et Hope Hicks, directrice de la communication de l'exécutif.

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Agence France-Presse
WASHINGTON

Donald Trump a célébré mercredi sa victoire à l'élection présidentielle américaine il y a un an jour pour jour avec un tweet - ironique - de félicitations à ses supporteurs, et une photo prise depuis Air Force One.

«Félicitations à tous les «PITOYABLES» et aux millions de gens qui nous ont donné une victoire raz de marée MASSIVE au collège électoral (304-227)!» a-t-il tweeté.

«Pitoyable» est le terme qu'avait employé Hillary Clinton, lors d'une réception de collecte de fonds en septembre 2016, pour qualifier «la moitié» des supporteurs de son rival républicain, des «racistes, sexistes, homophobes, xénophobes, islamophobes». Le mot, depuis, est repris avec fierté par les partisans du milliardaire pour dénoncer le mépris perçu de la démocrate à leur égard.

Sur la photo accompagnant le message, le dirigeant est assis à son bureau dans l'avion présidentiel, entouré des collaborateurs qui travaillaient dans la campagne et l'ont suivi à la Maison-Blanche, dont Jared Kushner, son gendre, Stephen Miller, conseiller, et Hope Hicks, directrice de la communication de l'exécutif.

Tous ont le pouce levé, et un grand sourire.

Le locataire de la Maison-Blanche est en tournée en Asie.

Donald Trump a remporté 304 voix au collège électoral, selon le mode d'élection indirect du président des États-Unis. Ce score est inférieur aux deux victoires de Barack Obama (365 et 332), mais supérieur à ceux de George W. Bush (271 et 286). Hillary Clinton, comme elle le rappelle régulièrement, a obtenu une majorité des suffrages, 48% contre 45,9% pour le républicain.

Défaites électorales

Le milliardaire, loin de Washington, a à peine commenté la performance déplorable de son parti dans les urnes mardi.

Les démocrates, relégués dans l'opposition depuis la défaite d'Hillary Clinton, ont remporté les sièges de gouverneurs de Virginie et du New Jersey, ainsi que plusieurs élections locales en Caroline du Nord, dans le New Hampshire, dans l'État de Washington ou encore à Boston et New York, où les maires démocrates ont été réélus.

Certaines de ces victoires étaient certes attendues, comme en Virginie, où Hillary Clinton avait gagné. Mais le score du démocrate Ralph Northam (53,7% contre 45,1% pour Ed Gillespie) a stupéfait la classe politique, qui ne s'attendait pas à un rejet aussi net du parti de Donald Trump.

«Nous reprenons le pays à Donald Trump, une élection à la fois», a affirmé le nouveau président du parti démocrate, Tom Perez, mercredi à la presse. «Les électeurs ont récompensé les démocrates pour leur compassion, et sanctionné les républicains pour avoir divisé le pays».

«Voilà ce qui se passe quand les gens vont voter», a tweeté Barack Obama.

C'est le déclic que les démocrates attendaient depuis un an. Ils avaient échoué à conquérir des sièges lors des cinq élections partielles au Congrès qui ont eu lieu depuis janvier.

Ils avaient cherché à mobiliser leurs troupes pour un vote sanction contre le locataire de la Maison-Blanche, et les chiffres en hausse de la participation dans les régions traditionnellement démocrates indiquent qu'ils y sont parvenus.

«C'est un retour de bâton contre Trump et le trumpisme», dit le politologue Larry Sabato, de l'université de Virginie.

Hillary Clinton, sur Twitter, a mis en valeur les nouveaux groupes progressistes montés depuis un an dans le but de regagner les élections, et la réussite de candidats novices, notamment issus des minorités.

«Porte ouverte» en 2018

Les partisans du dirigeant mettent la défaite emblématique de Virginie sur le compte du candidat, Ed Gillespie, un ancien cacique du parti républicain qui s'est reconverti en héraut des thèmes trumpistes tout en refusant de s'afficher avec le dirigeant.

C'est la ligne de défense que martèleront les partisans de Donald Trump comme Stephen Bannon, ex-conseiller présidentiel devenu gardien de la pureté de la révolution trumpiste.

M. Bannon, qui contrôle le site Breitbart.com, est en guerre ouverte avec l'establishment du parti républicain. Il veut financer des candidats trumpistes aux primaires de 2018, pour sortir les sénateurs républicains sortants, qui selon lui mettent des bâtons dans les roues au chef de l'exécutif.

Au sein du parti républicain, certains voient au contraire les résultats de mardi comme un avertissement.

«C'était un référendum» sur Donald Trump, a dit l'élu républicain de la Chambre des représentants Scott Taylor sur CNN. «Je ne vois pas comment on pourrait dire l'inverse».

D'autres, comme Paul Ryan, le président de la Chambre, estiment que cela force la majorité du Congrès à taire ses dissensions et à produire des résultats concrets pour les Américains, à commencer par la grande baisse d'impôts promise.

Au parti démocrate, on sait que la prochaine échéance, une sénatoriale dans l'État conservateur de l'Alabama le 12 décembre, est une mission quasi-impossible.

Mais l'essentiel pour le parti d'opposition est de poursuivre la reconstruction, dans le but de reconquérir la chambre basse du Congrès aux élections législatives de novembre 2018, le Sénat étant jugé encore hors de portée.

«La porte est certainement ouverte pour nous», a dit mercredi Nancy Pelosi, la chef des démocrates de la Chambre.




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