Présidentielle américaine: Moscou dément toute implication

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Le procureur spécial enquêtant sur l'affaire, Robert Mueller, a mis en accusation notamment Paul Manafort (photo), l'ex-directeur de cette équipe de campagne, et un conseiller ayant menti sur ses contacts avec Moscou.

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Sébastien BLANC, Cyril JULIEN
Agence France-Presse
WASHINGTON, MOSCOU

Moscou a démenti à nouveau mardi toute ingérence dans la présidentielle américaine, au lendemain de la mise en accusation de trois membres de l'équipe de campagne de Donald Trump à Washington, où le Congrès s'apprête à mener des auditions sensibles sur ce dossier.

Il n'y a «pas une seule preuve» d'ingérence de la Russie, a affirmé à la presse le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a de son côté dénoncé des accusations «absolument ridicules, gratuites et sans fondement».

L'enquête sur cette ingérence russe présumée s'est accélérée lundi, avec la mise en accusation de trois membres de l'équipe de campagne de Donald Trump.

Le procureur spécial enquêtant sur l'affaire, Robert Mueller, a mis en accusation notamment Paul Manafort, l'ex-directeur de cette équipe de campagne, et un conseiller ayant menti sur ses contacts avec Moscou.

Ces premières poursuites pénales lancées par Robert Mueller interviennent à quelques jours du premier anniversaire de l'élection de M. Trump.

Mais ces poursuites interviennent également avant le coup d'envoi, mardi au Congrès, d'auditions très sensibles de responsables des trois réseaux sociaux Facebook, Twitter et Google devant les commissions parlementaires qui enquêtent sur l'affaire russe.

Selon plusieurs sources, ces responsables devraient révéler que les tentatives de manipulation politique par des intérêts liés à Moscou sur les trois réseaux sociaux pendant la campagne américaine de 2016 ont été beaucoup plus vastes que ce qui avait été avancé jusqu'ici.

Facebook, Twitter et Google sont dans la ligne de mire du Congrès américain qui considère que les réseaux sociaux ont servi de plateformes pour de la propagande venue de Russie.

Le soupçon fondamental de savoir si, oui ou non, l'équipe de Trump s'est concertée avec Moscou pour influer sur le résultat du scrutin, s'est trouvé à la fois renforcé et affaibli par les développements de lundi.

Le procureur Mueller a inculpé Paul Manafort et son associé Richard Gates, contre lesquels il a retenu douze chefs d'accusation, dont complot contre les États-Unis, blanchiment, fausses déclarations et non-déclaration de comptes détenus à l'étranger.

Mais l'acte d'inculpation de 31 pages ne suggère pas de collusion entre l'équipe du candidat républicain et les autorités russes.

Nettement plus embarrassantes pour M. Trump sont les révélations concernant un de ses anciens conseillers subalternes, jusqu'à maintenant resté dans l'ombre: George Papadopoulos a plaidé coupable d'avoir menti aux enquêteurs de la police fédérale (FBI).

Cet homme chargé des questions de politique étrangère au sein de l'équipe de campagne a tenté de cacher ses contacts approfondis avec des intermédiaires russes auprès desquels il avait appris que Moscou détenait «de quoi salir» Hillary Clinton, sous la forme de milliers d'emails.

Mme Clinton assure que l'un des facteurs de sa défaite a été la fuite de courriels du parti démocrate et de ses proches piratés par les Russes.

M. Papadopoulos a, par ses fausses déclarations, «entravé l'enquête en cours du FBI sur l'existence de liens ou de coordination éventuels entre des personnes associées à la campagne et le gouvernement russe», a souligné le procureur Mueller.

MM. Manafort et Gates ont plaidé non coupables devant une juge fédérale à Washington.

Réagissant sur Twitter, M. Trump a affirmé que les faits reprochés à M. Manafort remontaient à «des années». «Il n'y a AUCUNE COLLUSION!», a-t-il également écrit.

Papadopoulos? Un «bénévole»

M. Manafort avait rejoint l'équipe de campagne du milliardaire républicain en mars 2016, avant d'être contraint de démissionner quelques mois après.

Ces poursuites annoncées publiquement offrent un vif contraste avec le secret qui entoure depuis six mois la tentaculaire enquête menée par Robert Mueller, un ancien patron de la police fédérale américaine.

Contrairement à un simple procureur fédéral, M. Mueller dispose d'une plus grande latitude d'action et d'une indépendance renforcée.

MM. Manafort et Gates se voient principalement reprocher des activités non déclarées de lobbyiste en faveur de l'ancien président ukrainien pro-russe, Viktor Ianoukovitch.

L'avocat de M. Manafort, Kevin Downing, a dénoncé une inculpation «ridicule», concernant des activités liées à l'Ukraine auxquelles son client a mis un terme «deux ans avant de travailler pour l'équipe de campagne de Trump».

Les inculpations n'ont «rien à voir avec le président et rien à voir avec la campagne», a affirmé lundi Sarah Huckabee-Sanders, porte-parole de la Maison-Blanche.

Elle s'est employée à relativiser le rôle «extrêmement limité» de George Papadopoulos, qu'elle a présenté comme un «bénévole» faisant partie d'un petit comité consultatif.




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