Un voisin du tireur de Vegas a échappé de peu au massacre

Ralph Rodriguez séjournait pour le week-end au 33e... (PHOTO REUTERS)

Agrandir

Ralph Rodriguez séjournait pour le week-end au 33e étage de l'hôtel Mandalay Bay.

PHOTO REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Frankie TAGGART
Agence France-Presse
Las Vegas

Fuyant avec la foule terrorisée le concert de country à Las Vegas pour échapper au massacre, Ralph Rodriguez a découvert en regagnant son hôtel que la fusillade la plus sanglante de l'histoire des États-Unis avait été menée depuis l'étage en-dessous du sien.

Consultant en informatique près de Los Angeles, il était venu assister au festival «Route 91 Harvest» avec une dizaine d'amis et séjournait pour le week-end au 33e étage de l'hôtel Mandalay Bay, imposant bâtiment à la façade dorée d'où Stephen Paddock, 64 ans, a ouvert dimanche soir le feu sur les spectateurs depuis la chambre juste en-dessous de la sienne, tuant au moins 58 personnes et faisant plus de 500 blessés.

Coiffé d'un chapeau de cowboy, la star de la country Jason Aldean se produisait devant plus de 22 000 spectateurs près du célèbre Las Vegas Boulevard quand, vers 22h08 locales, «on a entendu comme des pétards, vers la droite de la scène», se souvient M. Rodriguez.

«On a vu les lumières s'éteindre sur la scène et le groupe partir en courant. Et là, tout le public s'est rué en notre direction», raconte-t-il. «Nous ne savions pas d'où venaient les tirs, on courait sans savoir où aller. C'était incroyablement chaotique».

«Des corps à terre»

«On a vu des corps à terre. On ne savait pas s'ils étaient tombés ou s'ils avaient été abattus», confie-t-il encore. «On a emmené des gens qui saignaient. On ne savait pas pourquoi. On n'a pas eu le temps de leur demander. On leur disait: «si vous pouvez tenir, tenez bon» et on continuait à avancer».

«Les gens ont commencé par attraper leurs proches et puis juste des inconnus, pour tenter de les aider à s'échapper».

«Ca a été horrible, mais tout le monde aidait tout le monde», souligne-t-il encore. «J'ai vu des gens prendre des enfants qui n'étaient pas les leurs, j'en ai vu pousser les chaises roulantes de gens qu'ils ne connaissaient pas».

La police tentait de guider la foule vers la sortie mais «on a dû abandonner et on s'est retrouvés à l'autre extrémité, et on a dû escalader une barrière haute de trois mètres», explique le consultant. «On a utilisé les garde-fous pour escalader et on a commencé à jeter les gens par-dessus et à les rattraper de l'autre côté».

«Ses rideaux frappent ma fenêtre»

Finalement, M. Rodriguez a réussi à retourner à son hôtel, faisant alors cette découverte glaçante: «Ma chambre était directement au-dessus de celle du tireur. Il était au 32e étage, chambre 134, et je suis au 33e étage, chambre 134».

Stephen Paddock s'est suicidé avant minuit, avant que les unités d'intervention de la police ne fassent exploser la porte de sa chambre, où au moins dix fusils ont été retrouvés. Protégée par un cordon de police à l'intérieur de l'établissement, la chambre était facilement repérable lundi depuis la rue: le tireur a cassé une vitre pour pouvoir viser la foule en contrebas.

«Aujourd'hui, quand le vent souffle, ses rideaux se soulèvent et viennent frapper ma fenêtre. C'est assez effrayant», témoigne Ralph Rodriguez.

Malgré le cauchemar, il s'estime chanceux: «On était avec un groupe d'une dizaine d'amis tous répartis en différents endroits sur le site. Grâce à Dieu, ils s'en sont tous sortis».




À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer