Las Vegas: la pire fusillade de l'histoire moderne des États-Unis

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Plus de 22 000 spectateurs écoutaient un chanteur country, dimanche soir près de l'hôtel Mandalay Bay, quand vers 22h08 les premiers tirs ont retenti. Après un moment d'incrédulité, la panique saisit la foule.

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Frankie Taggart, Ivan Couronne
Agence France-Presse
Las Vegas et Washington

L'Amérique cherche à comprendre pourquoi un mystérieux retraité, équipé de multiples fusils d'assaut, a mitraillé les milliers de spectateurs d'un concert en plein air à Las Vegas dimanche soir, les autorités ayant rejeté une revendication du groupe État islamique.

Des policiers ont déployé un périmètre de sécurité... (Photo Mark RALSTON, Agence France-Presse) - image 1.0

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Des policiers ont déployé un périmètre de sécurité près de la route qui mène à l'hôtel Mandalay Bay, à Las Vegas, lundi matin.

Photo Mark RALSTON, Agence France-Presse

Les fenêtres brisées au 32e étage de l'hôtel Mandalay... (PHOTO REUTERS) - image 1.1

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Les fenêtres brisées au 32e étage de l'hôtel Mandalay Bay, d'où le tireur a fait feu sur la foule.

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Le bilan s'est encore alourdi en fin de journée lundi, passant à 59 morts et 527 blessés, établissant un sinistre record. Outre ceux touchés par balles ou par éclats de balles, beaucoup se sont blessés dans leur fuite.

Perché dans un étage élevé d'un hôtel surplombant le spectacle, le tireur était un Américain blanc de 64 ans, Stephen Craig Paddock, riche comptable à la retraite habitué des casinos. Il s'est suicidé avant que les policiers ne l'atteignent.

Il s'était minutieusement préparé. Les policiers ont retrouvé 16 armes de calibres différents dans sa chambre, la plupart des fusils d'assaut, vraisemblablement transportées dans plus de 10 valises, selon le shérif de la ville, Joseph Lombardo. Certains fusils étaient équipés de lunettes. Son véhicule contenait du nitrate d'ammonium, un engrais qui peut servir à fabriquer des explosifs. À son domicile, un véritable arsenal comprenant des explosifs a ensuite été découvert.

Le FBI a rejeté la piste d'un attentat djihadiste, face à une revendication de l'organisation État islamique (EI) qui a qualifié le tireur de «soldat», converti il y a quelques mois à l'islam et nommé dans leur communiqué «Abou Abdelberr l'Américain».

«Nous n'avons établi aucun lien à ce stade avec un groupe terroriste international», a déclaré l'agent spécial de la police fédérale Aaron Rouse.

«Des corps à terre» 

Le bilan dépasse celui de la boîte gaie d'Orlando en juin 2016, quand 49 personnes avaient péri sous les balles d'un homme ayant déclaré son allégeance à l'EI.

Le président Donald Trump, lors d'une déclaration au ton grave à la Maison-Blanche lundi matin, n'a évoqué ni la question des armes à feu ni celle du terrorisme.

«Notre unité ne peut pas être brisée par le mal, nos liens ne peuvent pas être défaits par la violence et, bien que nous ressentions de la colère face à l'assassinat insensé de nos compatriotes, c'est l'amour qui nous définit aujourd'hui», a-t-il déclaré sobrement.

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Stephen Paddock

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Une minute de silence a été observée à la Maison-Blanche, où les drapeaux ont été mis en berne, comme au Congrès.

Le dirigeant se rendra mercredi à Las Vegas.

La reine Elizabeth II a envoyé ses condoléances. «Nos pensées et prières vont aux victimes et leurs familles, et à ceux qui ont été blessés», a-t-elle écrit.

Et en France, la Tour Eiffel a été éteinte lundi soir en hommage aux victimes des attaques de Las Vegas et Marseille (2 morts dimanche).

Stephen Paddock s'était installé avec son arsenal au 32e étage de l'hôtel Mandalay Bay, massif établissement qui offrait une vue dégagée sur le festival de musique country «Route 91 Harvest», de l'autre côté du fameux Las Vegas Boulevard.

Plus de 22 000 spectateurs écoutaient le chanteur Jason Aldean, quand vers 22H08 heure locale, les premiers tirs ont retenti. Après un moment d'incrédulité, la panique saisit la foule.

De longues rafales sont audibles dans les innombrables vidéos diffusées sur les réseaux sociaux. Des gens tentent une échappée pour se mettre à couvert. D'autres se couchent à plat ventre ou protègent leurs proches de leurs corps.

«Nous ne savions pas d'où venaient les tirs, donc on courait sans savoir où aller», a raconté à l'AFP Ralph Rodriguez, un consultant informatique venu de Los Angeles pour le festival. «On a vu des corps à terre», a-t-il poursuivi.

Joanice Green logeait elle à l'hôtel Louxor, surplombant le spectacle. Elle aussi a entendu les rafales, pensant dans un premier temps qu'il s'agissait de feux d'artifice. «Le silence est tombé. Et puis il y a eu une nouvelle rafale (...) et je me suis dit «oh non, ce sont des tirs», a-t-elle expliqué à l'AFP, essuyant ses larmes.

«Pas religieux» 

Les enquêteurs ne privilégiaient aucune piste en fin de journée lundi. Ils n'ont retrouvé aucun texte ou manifeste, a expliqué le shérif, qui a qualifié l'homme de «loup solitaire».

Son frère, Eric Paddock, a affirmé qu'il était «riche», n'avait «pas d'affiliation religieuse ou politique» et «n'était pas du tout un fan des armes».

Une affirmation à l'évidence contredite par l'arsenal découvert au domicile du suspect, à Mesquite, à environ 120 km de Las Vegas: 18 armes à feu, des explosifs, et des milliers de balles. La police s'apprêtait à fouiller une autre propriété du tueur, dans le nord du Nevada.

Stephen Paddock n'avait jamais eu affaire avec la police, ce qui n'était pas le cas de son père, Patrick Benjamin Paddock, un braqueur de banques parmi les fugitifs les plus recherchés par le FBI dans les années 1960.

Le tueur était arrivé dans sa suite, composée de deux pièces, le 28 septembre, sans que le personnel de l'hôtel n'ait remarqué ses armes. Il a brisé les vitres pour pouvoir mieux tirer, laissant deux trous sombres dans la façade dorée de l'édifice.

Selon la police, l'homme s'est suicidé avant que les unités d'intervention de la police ne fassent exploser la porte de sa chambre, avant minuit.

La compagne du tireur, une femme d'origine asiatique du nom de Marilou Danley, se trouvait lundi à Tokyo, selon le shérif. Les forces de l'ordre cherchaient à l'interroger.

Les démocrates ont exigé que le Congrès agisse, enfin, pour restreindre l'accès aux armes à feu. Mais la Maison-Blanche a répondu que ce débat sur les armes était «prématuré», à ce stade préliminaire des investigations.

La carte des lieux du drame

Les fusillades les plus meurtrières aux États-Unis depuis 25 ans

Les États-Unis ont connu de nombreuses fusillades au cours des 25 dernières années. Celle survenue dimanche soir à Las Vegas, qui a fait au moins 50 morts et quelque 200 blessés selon un bilan encore provisoire est la plus meurtrière depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Voici les principales d'entre elles.

Las Vegas: au moins 59 morts

Le 1er octobre 2017, Stephen Paddock, un homme de 64 ans, a ouvert le feu du 32e étage de l'hôtel Mandalay Bay, sur une foule en contrebas qui assistait à un spectacle à Las Vegas. Un bilan provisoire de la police faisait état lundi de 59 morts et quelque 527 blessés.

Club gai à Orlando: 49 morts

Le 12 juin 2016, un Américain d'origine afghane, Omar Mateen, tue 49 personnes et en blesse une cinquantaine dans un club gai d'Orlando (Floride), perpétrant le pire attentat aux États-Unis depuis ceux du 11 septembre 2001. Après trois heures de négociations, les forces de l'ordre donnent l'assaut, abattant l'assaillant. L'organisation État islamique (EI), auquel le terroriste avait fait allégeance, revendique la fusillade.

Virginia Tech: 32 morts

Le 16 avril 2007, un étudiant de 23 ans d'origine coréenne tue 32 personnes avant de se donner la mort sur le campus de l'université de Virginia Tech à Blacksburg (Virginie).

École primaire à Sandy Hook, 26 morts

Le 14 décembre 2012, un jeune homme tue 26 personnes, dont 20 enfants de cours primaire, dans l'école de Sandy Hook à Newtown (Connecticut), avant de se suicider.

Killeen, Texas: 22 morts

Le 16 octobre 1991, un homme tue 22 personnes dans un restaurant de Killeen (Texas) et en blesse une vingtaine avant de se donner la mort.

San Bernardino: 14 morts

Le 2 décembre 2015, un couple marié d'islamistes radicalisés d'origine pakistanaise ouvrent le feu lors d'un déjeuner de Noël à San Bernardino (Californie), faisant 14 morts et 22 blessés.

Fort Hood: 13 morts

Le 5 novembre 2009, un psychiatre militaire d'origine palestinienne déclenche la plus grave fusillade sur une base militaire américaine, tuant 13 personnes et en blessant 32 à Fort Hood (Texas), avant d'être blessé et maîtrisé.

Centre d'accueil pour immigrés à Binghamton: 13 morts

Le 3 avril 2009, un homme d'origine vietnamienne tue 13 personnes dans un centre d'accueil pour immigrés à Binghamton (État de New York).

Columbine: 13 morts

Le 20 avril 1999, à Littleton (Colorado), deux lycéens ouvrent le feu au lycée Columbine et tuent 12 élèves et un enseignant et blessent 24 autres personnes. Les deux tireurs se suicident sur les lieux du massacre.

Bureaux de la Marine à Washington: 12 morts

Le 16 septembre 2013, un homme, travaillant pour un sous-traitant du ministère de la Défense, ouvre le feu dans des bureaux de la Marine américaine, à Washington DC, tuant 12 personnes, avant d'être abattu par la police.

Aurora: 12 morts

Le 20 juillet 2012, un jeune homme lourdement armé fait irruption dans un multiplexe d'Aurora (Colorado) et ouvre le feu sur le public d'une séance de minuit de «Batman», faisant 12 morts et 70 blessés. L'auteur de la tuerie, James Holmes, a été condamné en août 2015 à la prison à perpétuité sans possibilité de libération.




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