Fuites à la Maison-Blanche : les journalistes pas visés

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Le procureur général adjoint des États-Unis, Rod Rosenstein.

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Associated Press
Washington

Les procureurs américains n'entendent pas s'en prendre aux journalistes qui font leur travail, mais ils pourraient tenter de les faire divulguer leurs sources, a indiqué dimanche un responsable du département de la Justice des États-Unis.

«Nous sommes après la personne derrière la fuite, pas le journaliste. Nous sommes après les gens qui commettent des crimes», a déclaré le procureur général adjoint Rod Rosenstein, en entrevue à l'émission Fox News Sunday.

Vendredi, il avait refusé de préciser si les procureurs chercheraient à jeter des reporters en prison.

La veille, les autorités s'étaient engagées à serrer la vis contre les fuites d'informations gouvernementales, qui portent selon elles atteinte à la sécurité nationale.

Dimanche, M. Rosenstein n'a pas fermé la porte à ce que des journalistes fassent l'objet d'une enquête pour avoir enfreint d'autres lois, dont il n'a toutefois pas précisé la nature.

Les autorités révisent actuellement les directives qui compliquent la tâche des procureurs voulant citer des journalistes à comparaître à propos de l'identité de leurs sources.

Rod Rosenstein estime que certains «obstacles procéduraux» retardent les enquêtes sur les fuites d'informations confidentielles.

Sans fournir de détails, il a ajouté que le nombre d'enquêtes criminelles de la sorte a plus que triplé dans les premiers mois suivant l'entrée en poste de l'administration de Donald Trump.

Un fonctionnaire sous Barack Obama a fait écho à ses inquiétudes.

En entrevue à CBS, l'ex-secrétaire à la Sécurité intérieure Jeh Johnson dit n'avoir jamais eu connaissance de fuites aussi graves.

Il a toutefois tenu à mettre en garde le département de la Justice.

«Avant de décider de vous en prendre aux journalistes, aux reporters, et de peut-être citer leurs sources à comparaître, soyez conscients que les tribunaux vont s'impliquer, et ça a le potentiel de donner une mauvaise loi dans ce domaine», a-t-il prévenu.

Robert Mueller... (REUTERS) - image 2.0

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Robert Mueller

REUTERS

Mueller «doit rester» dans le cadre de l'enquête

Le procureur spécial Robert Mueller, en charge de l'enquête fédérale sur l'ingérence de la Russie dans la campagne présidentielle américaine de 2016, ne doit pas sortir du cadre défini de ses investigations sans en référer au département de la Justice, a estimé dimanche Rod Rosenstein.

«Nous ne nous pouvons pas jeter un filet à l'aveuglette», a dit le procureur général adjoint qui a nommé l'ancien directeur du FBI Robert Mueller pour enquêter notamment sur les soupçons de collusion entre l'équipe de campagne de Donald Trump et des responsables russes pour influencer l'élection de 2016 en sa faveur.

Si Robert Mueller «trouve des preuves d'une activité criminelle qui entre dans le cadre de ce que (nous) avons convenu comme étant approprié, alors il peut» l'inclure dans son enquête, a indiqué Rod Rosenstein dans un entretien avec la chaîne Fox News.

«Si c'est quelque chose qui est en dehors de ce cadre (il) doit en référer au ministre en exercice», a-t-il ajouté.

Donald Trump a martelé qu'inclure les finances de son empire familial dans l'enquête représenterait une «ligne rouge» qu'il ne voulait pas voir Robert Mueller franchir.

En nommant M. Mueller procureur spécial, Rod Rosenstein lui a donné carte blanche pour enquêter sur «toute question survenue ou qui pourrait survenir» au cours de l'enquête sur l'affaire russe.

Donald Trump a publiquement tancé son procureur général Jeff Sessions pour s'être récusé de l'enquête, lui reprochant d'être responsable de la nomination de Robert Mueller comme procureur spécial.

Selon la presse américaine, Robert Mueller a déjà constitué un jury de mise en accusation («grand jury») pour déterminer si les éléments recueillis au cours de son enquête peuvent donner lieu à des inculpations.

Les enquêteurs auraient également demandé à la Maison-Blanche de leur fournir des documents concernant Michael Flynn, l'ancien conseiller à la sécurité nationale du président Donald Trump, congédié par ne pas avoir rendu compte de manière exacte de contacts qu'il avait eus avec l'ambassadeur russe à Washington.

- Avec l'Agence France-Presse




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