Trump nomme un nouveau secrétaire général, départ de Priebus

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John Kelly est le nouveau secrétaire général de la Maison-Blanche.

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Karim LEBHOUR, Christophe VOGT
Agence France-Presse
WASHINGTON

Le président Donald Trump a cherché vendredi à remettre de l'ordre à la Maison-Blanche, minée par les échecs et déchirée par les querelles intestines, en remplaçant son secrétaire général Reince Priebus par le général John Kelly, jusqu'ici à la Sécurité intérieure.

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Reince Priebus

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«J'ai le plaisir de vous informer que je viens de nommer le général/secrétaire John Kelly comme secrétaire général de la Maison-Blanche», a annoncé Donald Trump sur Twitter.

«Je voudrais remercier Reince Priebus pour son service et son dévouement au pays. Nous avons accompli beaucoup ensemble et je suis fier de lui», a ajouté le président américain dans un autre tweet.

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Reince Priebus, 45 ans, est un cacique du parti républicain qui n'a jamais fait partie du cercle rapproché de Donald Trump.

Son départ intervient au terme d'un extraordinaire déballage des querelles à la Maison-Blanche depuis la nomination du nouveau directeur de la Communication Anthony Scaramucci, le 21 juillet.

Le nouveau maître la communication présidentielle s'en est pris avec une extrême vulgarité à son rival Reince Priebus, qualifié de «putain de schizophrène paranoïaque», dans une conversation avec un journaliste du New Yorker.

Le tout Washington avait du mal à en croire ses yeux en dévorant la retranscription des propos de celui qui devait incarner un nouveau départ pour une communication présidentielle souvent chaotique, parfois à cause des tweets du président Trump lui-même.

Anthony Scaramucci a aussi attaqué Steve Bannon, conseiller stratégique du président et proche de l'extrême droite américaine, dans un vocabulaire à caractère sexuel extrêmement grossier.

La démission la semaine dernière du porte-parole de la Maison-Blanche, Sean Spicer, un allié de Reince Priebus, a isolé encore davantage le secrétaire général de la Maison-Blanche.

Échec humiliant

Le secrétaire général de la Maison-Blanche («Chief of Staff») est un personnage central de la présidence américaine. Il est le collaborateur le plus proche du président et veille au bon fonctionnement de l'administration.

Donald Trump a salué l'arrivée à ce poste de John Kelly qu'il a qualifié de «star de mon administration».

«C'est un grand Américain et un grand dirigeant», a ajouté le président au sujet de ce militaire de carrière, troisième général dans l'administration Trump.

John Kelly, 67 ans, prend les rênes d'une Maison-Blanche qui prend l'eau de toute part, obsédée par les «fuites» à la presse et minée par l'affaire des liens avec la Russie.

Surtout, Donald Trump vient d'essuyer un échec humiliant sur la réforme de la santé lors d'un vote au Sénat dans la nuit de jeudi à vendredi. Il aura suffi de trois sénateurs du parti présidentiel pour torpiller des mois d'efforts et sept ans de promesses des républicains de mettre à bas la loi Obamacare.

C'est John McCain, le vieux sénateur, héros de la guerre du Vietnam atteint d'un cancer du cerveau, qui a anéanti vendredi les derniers espoirs des républicains d'abroger et de remplacer rapidement la réforme phare de Barack Obama.

Le président - et les dirigeants du parti - ont été incapables de conclure l'affaire et de réconcilier les positions de l'aile la plus conservatrice et des modérés.

Les premiers voulaient une suppression pure et simple d'Obamacare et les seconds refusaient de lâcher la proie pour l'ombre et craignaient pour leurs administrés dont une vingtaine de millions risquaient de se retrouver sans couverture santé, selon les projections officielles.

Pour compliquer un peu plus la vie de M. Trump, le Sénat a adopté jeudi, à la quasi unanimité, des sanctions contre la Russie pour la punir d'avoir interféré dans l'élection présidentielle américaine.

Le président - qui tente depuis son élection d'améliorer les relations avec la Russie au grand dam de nombre d'élus qui voient dans Moscou un adversaire plus qu'un partenaire - peut opposer son veto mais ce serait une solution de courte durée, le Congrès pouvant le contourner.

En général, les présidents s'épargnent cette humiliation en apportant un soutien tardif à la législation.

Le texte de la loi a été transmis à Donald Trump dès vendredi par le Sénat.

La Russie, de son côté, a rapidement riposté. Moscou demande à Washington de réduire, à partir du 1er septembre, à 455 le personnel de son ambassade et de ses consulats en Russie, et suspend l'utilisation par l'ambassade américaine d'une résidence en périphérie de la capitale russe et d'entrepôts.

Vladimir Poutine, le président russe, avait promis une réponse à «l'insolence» des États-Unis.

John Kelly, le chef militaire qui a séduit Trump

John Kelly, général en retraite, ancien Marine et secrétaire de la Sécurité intérieure, nommé par Donald Trump secrétaire général de la Maison-Blanche, a su séduire le président en mettant en musique le durcissement de la politique migratoire.

Donald Trump, qui aime s'entourer de généraux, a salué dans un tweet le «boulot spectaculaire» de John Kelly à la Sécurité intérieure, voyant dans cet ex-chef militaire qui a combattu en Irak une «véritable étoile de (son) administration».

En tant que secrétaire, M. Kelly, 67 ans, a avant tout incarné la politique migratoire renforcée voulue par le milliardaire républicain et ses projets les plus emblématiques: la lutte contre les clandestins, le projet d'interdiction d'entrée aux États-Unis de ressortissants de six pays à majorité musulmane et l'engagement à construire un mur le long de la frontière avec le Mexique.

Ce projet, qui a fait couler beaucoup d'encre, est pour l'instant bloqué en raison des réticences du Congrès à autoriser le financement d'un ouvrage évalué à 20 milliards de dollars.

John Kelly s'est rendu deux fois au Mexique et a reçu aussi le gouvernement mexicain pour discuter de l'immigration, de la traite d'êtres humains et de l'augmentation du trafic de drogue entre les deux pays.

Avant de piloter le secrétariat de la Sécurité intérieure (DHS), le général Kelly était fort d'une longue carrière militaire qui l'a conduit à la tête du commandement des forces américaines en Amérique du Sud en Amérique centrale.

Chef de ce «Southcom» de 2012 à 2016, John Kelly, qui a passé au total 45 ans chez les Marines, a dirigé les importants moyens militaires engagés dans la lutte contre le trafic de drogue vers les États-Unis. Il a noué à cette époque de nombreux contacts avec les gouvernements de la région.

Secrétaire du tentaculaire DHS, il avait la charge du contrôle des frontières, de l'immigration, du Secret service qui protège le président et des hautes personnalités, la sécurité aéroportuaire ou encore la lutte contre le piratage informatique.

Le général Kelly connaît bien aussi le fonctionnement du Congrès, pour avoir été l'officier de liaison des Marines auprès des parlementaires entre 1995 et 1999.

Homme de caractère, la mine souvent sévère, M. Kelly avait servi l'administration de Barack Obama sans cacher ses désaccords: il n'était pas par exemple favorable à la fermeture du camp de prisonniers de Guantanamo.

Un fils mort au combat

Pas plus qu'il n'était partisan de l'ouverture de tous les postes de combat aux femmes.

John Kelly est aussi connu par le grand public aux États-Unis pour sa tragédie personnelle: il est l'un des rares chefs militaires à avoir perdu un enfant au combat. Son plus jeune fils Robert, lui-même Marine, est mort en Afghanistan en novembre 2010.

Enfant d'un des quartiers difficiles de Boston (nord-est), John Kelly s'est engagé dans les Marines en 1970, à 20 ans, en pleine guerre du Vietnam. Il quitte les Marines deux ans plus tard avec le grade de sergent, reprend des études et se ré-engage en 1976 comme officier.

Il a combattu en Irak à plusieurs reprises. Il fut l'adjoint du général Jim Mattis, aujourd'hui secrétaire à la Défense, lorsqu'il mena sa première division des Marines à l'assaut de Bagdad en 2003.

John Kelly fut aussi l'un des stratèges militaires à mettre en oeuvre en Irak, à partir de 2007, le «réveil sunnite» qui consistait à s'appuyer sur les chefs sunnites pour vaincre Al-Qaïda.

«Un jour vous quitterez le corps des Marines, vous rangerez votre uniforme, mais vous ne cesserez jamais d'être un Marine», avait-il lancé à ses troupes, avant de rejoindre en 2016 la politique et Donald Trump.




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