Une élection à 50 millions $ pour un siège du Congrès

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L'élection en Géorgie oppose la républicaine Karen Handel au démocrate Jon Ossoff.

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Ivan Couronne
Agence France-Presse
Washington

Élection partielle test mardi aux États-Unis : surfant sur l'impopularité de Donald Trump, les démocrates dépensent sans compter pour ravir une circonscription historiquement républicaine de la banlieue d'Atlanta, en Géorgie. C'est le scrutin le plus cher de l'histoire américaine.

Jusqu'à présent, les campagnes les plus coûteuses pour un siège de la Chambre des représentants, la chambre basse du Congrès, engloutissaient une vingtaine de millions de dollars.

Mais avec la démission récente d'un élu de Géorgie qui a rejoint le gouvernement Trump, les démocrates ont vu l'occasion de faire un coup d'éclat, inondant la circonscription de publicités et déclenchant une «course à l'armement» qui a fait monter la facture totale, tous camps confondus, à plus de 50 millions de dollars, selon le journal local The Atlanta Journal-Constitution.

Les dépenses totales atteignent même 59,6 millions de dollars, selon l'association Issue One, avec un avantage de plusieurs millions aux démocrates. Ce qui se traduit par une déferlante de publicités à la télévision, à la radio et dans les boîtes aux lettres.

Les dons ont afflué de tout le pays pour le jeune candidat démocrate, Jon Ossoff, 30 ans, ancien collaborateur parlementaire propulsé depuis quelques mois sous les projecteurs nationaux. Il a failli gagner dès le premier tour, le 18 avril, quand il a remporté 48% des voix... donnant des sueurs froides aux républicains qui détiennent ce siège depuis près de 40 ans.

Le second tour l'oppose à la secrétaire d'État républicaine de Géorgie Karen Handel, 55 ans, qui a levé moins d'argent que lui, mais a reçu l'appui financier de grandes organisations républicaines nationales.

Pour les démocrates, une victoire mardi regonflerait le moral d'un parti encore sonné par la défaite d'Hillary Clinton, et qui a les yeux fixés sur un objectif ambitieux: reprendre la majorité de la Chambre aux élections législatives de mi-mandat, en novembre 2018.

La nouvelle stratégie du parti démocrate consiste à porter le fer jusque dans les fiefs républicains. Une tâche facilitée par le dévissage de la cote de popularité du président américain, tombé à moins de 40% d'opinions favorables.

«Si le parti démocrate veut se redresser, il va devoir créer une grande mobilisation au niveau local dans chacun des 50 États du pays», a insisté dimanche Bernie Sanders, le candidat de la gauche de la gauche aux primaires présidentielles de l'an dernier.

Baromètre 

Aux États-Unis, les élus n'ont pas de suppléant et des élections ont donc été organisées pour remplacer les quatre parlementaires nommés ministres par le président Donald Trump.

Les démocrates ont augmenté leur score habituel mais échoué dans deux élections partielles, dans le Kansas et le Montana, et devraient également perdre mardi en Caroline du Sud, dans une circonscription républicaine.

Reste la Géorgie, dans cette circonscription blanche et aisée qui semble flirter avec l'envie d'envoyer un message au locataire de la Maison-Blanche.

Six sondages ont été publiés en juin: tous sauf un donnent un avantage à Jon Ossoff, de 1 à 7 points.

«Tout dépendra de la participation, tout dépendra de la mobilisation», a répété le candidat ce week-end.

Donald Trump lui-même a appelé ses partisans à se mobiliser, soulignant que les enjeux étaient véritablement nationaux. «Les démocrates sont contre les baisses d'impôts, un bon système de soins et la sécurité à la frontière», a-t-il tweeté lundi. «Votez maintenant pour Karen H».

Après le premier tour, il avait résumé ainsi la course : «Hollywood contre Géorgie», insistant sur les dons démocrates venus du reste du pays dont la Californie.

En cas de victoire démocrate, le parti claironnera que la reconquête est en marche.

Mais l'analyste Kyle Kondik, qui édite la lettre Sabato's Crystal Ball, prévient que les enseignements pourraient être limités si le résultat final était serré.

«Une victoire d'Ossoff à elle seule ne veut pas dire qu'une vague démocrate arrive, pas plus qu'une victoire de Handel ne signifierait que les démocrates échoueront en 2018», prévient-il.




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