Trump avait demandé à l'ex-directeur du FBI s'il était visé par une enquête

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Des manifestants rassemblés devant la Maison-Blanche mercredi ont exigé une enquête indépendante sur la collusion présumée entre la campagne présidentielle de Donald Trump et le gouvernement russe.

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Ivan Couronne
Agence France-Presse
Washington

Donald Trump a admis jeudi qu'il avait demandé trois fois au désormais ex-directeur du FBI James Comey s'il était ciblé par une enquête, une intervention qui pourrait être interprétée comme une tentative d'interférence ou d'intimidation.

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«Je lui ai demandé», a dit le président américain lors d'une entrevue sur NBC, rapportant deux conversations téléphoniques. «J'ai dit, si c'est possible, pouvez-vous me dire s'il y a une enquête sur moi? Il a dit qu'il n'y avait pas d'enquête sur moi».

Selon Donald Trump, les deux hommes en avaient parlé une première fois lors d'un «dîner très sympathique».

«Il voulait rester le chef du FBI et j'ai dit que j'y réfléchirai», a raconté M. Trump. «Et ce jour-là il m'a dit que je n'étais pas visé par une enquête, ce que je savais déjà de toute façon».

Le FBI enquête depuis l'été dernier sur les ingérences russes dans la campagne présidentielle de 2016, et sur une éventuelle coordination entre des membres de l'équipe de campagne Trump et la Russie.

Ces contacts de président à directeur du FBI ont étonné le sénateur républicain Lindsey Graham, qui a promis de «poser la question».

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Une militante participe à une manifestation à Los Angeles, devant les bureaux du FBI, pour dénoncer le congédiement de James Comey.

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La Maison-Blanche peinait cependant à établir avec clarté la séquence ayant conduit à l'éviction, rarissime, du chef du FBI, a fortiori alors qu'il supervisait de près une enquête très sensible de sécurité nationale.

Dans le même entretien à NBC, Donald Trump a expliqué qu'il avait de toute façon l'intention de limoger M. Comey, se distançant de la version de la Maison-Blanche selon laquelle il n'avait agi qu'après la recommandation du département de la Justice, mardi.

«J'allais le limoger quelles que soient les recommandations», a déclaré le président américain dans un entretien à la chaîne de télévision NBC. «C'est un baratineur, un fanfaron», a-t-il dit.

Ces commentaires désobligeants n'étaient pas du goût des élus du Congrès, y compris républicains. «J'ai une opinion différente de M. Comey», a lâché le sénateur Orrin Hatch.

John McCain a répété qu'il était «très préoccupé par le limogeage».

«Il avait le droit absolu de licencier le directeur du FBI pour n'importe quelle raison», a dit Lindsey Graham. «Le problème, ce sont les raisons incohérentes qui ont été données».

L'enquête continue

Plus tôt jeudi, le directeur par intérim du FBI a cherché à rassurer un Congrès secoué par ces évènements sur l'indépendance de l'enquête.

«Le travail des hommes et des femmes du FBI continue quels que soient les changements de circonstances, quelles que soient les décisions», a déclaré Andrew McCabe, ex-numéro deux, lors d'une audition au Sénat.

«Il n'y a eu aucune tentative d'entraver notre enquête à ce jour» a-t-il ajouté.

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Andrew McCabe

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Se posant en garant de l'intégrité de l'enquête, M. McCabe s'est engagé à ne pas informer le président Donald Trump ou la Maison-Blanche sur son statut.

Et il a promis de prévenir le Congrès en cas de tentative du pouvoir d'intervenir dans l'enquête, qu'il a qualifiée de «hautement importante» alors que la Maison-Blanche tente d'en minimiser l'importance.

Au risque d'agacer le président, M. McCabe a enfin rendu un hommage appuyé à M. Comey.

«Je peux aussi vous dire que le directeur Comey était largement soutenu au sein du FBI, et le reste encore aujourd'hui», a-t-il dit, dans une cinglante réponse à la Maison-Blanche, qui affirme depuis mardi que M. Comey avait perdu la confiance de ses agents.

Cette audition était la première apparition en public d'Andrew McCabe, qui a pris temporairement les rênes de la police fédérale en attendant la nomination et la confirmation d'un nouveau directeur.

L'opposition démocrate reste toutefois inquiète de ces événements au sein du système judiciaire, et continue de réclamer la nomination d'un procureur spécial pour superviser l'enquête, mais aucun élu républicain ne soutient cette demande, qui a peu de chance d'aboutir sans pression de la part de la majorité.

«Je crains qu'il ne soit en train de créer une atmosphère dans laquelle les gens et les institutions auraient besoin d'un courage bureaucratique exceptionnel pour dire au président des choses qu'il n'a pas envie d'entendre», a regretté sur CNN Michael Hayden, ancien directeur de la CIA sous George W. Bush.




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