Budget: Trump s'agace des règles du Congrès et veut les changer

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Le Capitole, à Washington

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Agence France-Presse
Washington

Donald Trump a fait mardi une irruption inattendue dans le débat budgétaire au Congrès américain en proposant de changer ses règles de fonctionnement, allant même jusqu'à souhaiter «une bonne fermeture» des administrations centrales pour faire bouger le système.

Visiblement agacé par le compromis budgétaire obtenu au Congrès, qui bloque plusieurs de ses priorités et interdit, au moins temporairement, le financement du mur à la frontière mexicaine, M. Trump s'est tourné vers son mode de communication matinale favori: son compte Twitter.

«La raison pour laquelle nous avons le projet (de budget) négocié entre les républicains et les démocrates et que nous avons besoin de 60 voix au Sénat que nous n'avons pas !»,  a-t-il lancé.

«Soit nous élisons plus de sénateurs républicains en 2018, soit nous changeons les règles immédiatement», a-t-il ajouté, proposant de passer à 51 voix.

«Notre pays a besoin d'une bonne «fermeture» (des administrations) en septembre pour régler ce problème !», ajoute-t-il, dans une formule pour le moins inhabituelle dans la bouche du locataire de la Maison-Blanche.

Au Sénat, une majorité qualifiée de 60 voix sur 100 est requise pour adopter les lois, à quelques exceptions près. Or les républicains ne disposent que de 52 sièges, ce qui les oblige à recueillir l'appui d'une partie de l'opposition démocrate pour voter chaque texte.

Jusqu'à récemment, les nominations de juges de la Cour suprême étaient également soumises à la barre des 60 voix, mais face à l'obstruction démocrate, les républicains l'ont abaissée en avril à une majorité simple de 51 voix.

Donald Trump s'était félicité de cette mini-révolution, et demande aujourd'hui à sa majorité de faire la même chose pour les législations.

Le souvenir d'octobre 2013

Majorité républicaine et opposition démocrate ont dévoilé lundi le fruit de plusieurs semaines de négociations afin de financer l'État fédéral pour les cinq derniers mois de l'année budgétaire 2017, soit jusqu'au 30 septembre.

La Chambre des représentants puis le Sénat ont prévu d'adopter ce texte avant la fin de la semaine, permettant d'éviter une fermeture des administrations centrales, celles-ci n'étant financées que jusqu'à vendredi soir à minuit.

La proposition de loi détaille 1163 milliards de dollars de dépenses pour l'année, soit un peu moins du tiers de tout le budget fédéral. Sur ce total, la Défense en obtient 598,5, soit une augmentation de 4,5 % par rapport à 2016.

Mais les démocrates ont eu gain de cause sur le projet de mur à la frontière du Mexique, dont ils avaient fait leur cheval de bataille: pas le moindre dollar fédéral ne pourra être utilisé pour lancer le chantier, promesse emblématique s'il en est du candidat Trump.

Si les élus républicains observaient un silence gêné sur les tweets présidentiels, leurs adversaires démocrates, portés par ce compromis qui a visiblement hérissé l'occupant du Bureau ovale, sont montés au créneau avec force.

«Une bonne fermeture (des administrations)?», s'est indigné l'élu démocrate de Virginie Gerry Connolly. «Une déclaration irréfléchie de la part de celui qui a prêté serment de protéger les États-Unis».

Le sénateur du Vermont Patrick Leahy, a déploré un tweet «honteux» au moment où s'engagent les négociations sur le budget 2018, rappelant le coût du «shutdown» d'octobre 2013, quand des centaines de milliers de fonctionnaires fédéraux avaient dû rester chez eux pendant plus de deux semaines.

Le camp républicain reste traumatisé par cette paralysie de 2013 dont les Américains l'avaient largement tenu comme responsable.

Or lorsque, comme c'est le cas aujourd'hui pour le «Grand Old Party», un parti contrôle tout le pouvoir américain, exécutif et législatif, il lui est d'autant plus difficile politiquement de montrer du doigt la minorité pour les dysfonctionnements gouvernementaux.




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