Twitter attaque le gouvernement, qui réclame l'identité d'un utilisateur

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Le compte ALTImmigration a été créé en janvier et dit être dédié à la «résistance de l'immigration».

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Agence France-Presse
New York

Le réseau social Twitter a attaqué jeudi en justice le gouvernement américain, qui lui demande de dévoiler l'identité d'un utilisateur très critique vis-à-vis de Donald Trump.

Twitter indique avoir reçu, le 14 mars, une demande du département de la Sécurité intérieure l'enjoignant de communiquer la véritable identité de l'utilisateur du compte @ALT-uscis, selon l'assignation, consultée par l'AFP.

Ce compte, dont le nom d'usage est ALTImmigration, a été créé en janvier et dit être dédié à la «résistance de l'immigration».

Ses tweets critiquent les décisions et les annonces des membres de l'administration Trump, souvent sur un ton humoristique.

Le réseau social s'est opposé à la demande du gouvernement, invoquant le premier amendement à la Constitution américaine, qui protège notamment la liberté d'expression, selon le document déposé devant un tribunal fédéral du district nord de Californie.

Dès lors, il estime que le gouvernement ne peut l'obliger à s'exécuter sans avoir démontré «qu'une infraction a été commise» et que dévoiler l'identité de cet utilisateur est le moyen le moins contraignant d'enquêter sur cette infraction.

Il doit aussi apporter la preuve, selon Twitter, que la demande n'est pas motivée par la volonté de «supprimer la liberté d'expression».

Mais le gouvernement «est loin d'avoir démontré aucun de ces points», fait valoir le réseau social, dans son assignation.

Il demande donc de déclarer cette demande illégale et inapplicable «parce qu'elle viole les droits liés au premier amendement de Twitter et de ses utilisateurs».

Le compte @ALT-uscis a réagi jeudi en tweetant le texte du premier amendement à la Constitution.

«Nous sommes ravis que Twitter fasse de la résistance», a commenté, sur son compte Twitter, l'organisation de défense des libertés ACLU.

«Nous irons au tribunal pour défendre le droit de cet utilisateur à l'anonymat», a-t-elle ajouté, signalant son intention de se joindre à la procédure.

Contacté par l'AFP, le ministère de la Justice s'est refusé à tout commentaire.




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