Les villes refuges pressées de se conformer aux lois

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Une manifestation soutenant les villes refuges à Austin, au Texas, en février.

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Karim LEBHOUR, Sébastien BLANC
Agence France-Presse
Washington

Les deux plus grandes villes des États-Unis, New York et Los Angeles, ont vigoureusement rejeté l'annonce par l'administration Trump de la suppression prochaine de financements aux villes qui continueront de protéger leurs habitants sans-papiers.

 «Les dernières menaces du président Trump n'y changeront rien. Nous resterons une ville d'accueil des immigrés qui ont aidé à faire de notre ville la grande métropole la plus sûre du pays», a réagi le maire de New York, Bill de Blasio.

Le maire a également promis de se «battre agressivement en justice» contre une «administration trop zélée, obsédée par la xénophobie et les divisions inutiles».

Le procureur général des États-Unis Jeff Sessions a averti lundi que les villes et les États américains qui refusent de coopérer avec les autorités fédérales pour la mise en oeuvre des lois sur l'immigration, se verront bientôt couper les subventions de la justice fédérale.

Le gouvernement central est particulièrement irrité par les autorités locales des villes dites «sanctuaires», qui refusent de livrer à la police aux frontières, en vue de leur expulsion, des étrangers tout juste interpellés ou qui ont purgé une peine dans une prison d'État.

«Le mépris de la loi doit cesser», a déclaré Jeff Sessions, lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche.

Il a cité le cas d'une femme de 32 ans tuée par balle il y a deux ans à San Francisco, son meurtrier étant un clandestin au lourd casier judiciaire, qui avait été expulsé cinq fois des États-Unis.

Quelques semaines avant les faits, cet homme avait été remis en liberté à San Francisco malgré une demande de maintien en détention du service des douanes et de l'immigration, qui souhaitait l'expulser une nouvelle fois.

«De telles pratiques ne peuvent continuer. Elles nuisent à la sécurité de notre pays en permettant à de dangereux criminels de revenir dans la rue», a affirmé Jeff Sessions.

A défaut, a-t-il poursuivi, ces villes et États frondeurs seront privés de subventions fédérales, y compris celles dont le versement a déjà débuté.

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Jeff Sessions

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Empêcher les expulsions 

«Les valeurs de Los Angeles ne sont pas à vendre, et il existe des protections constitutionnelles contre ce genre d'actions punitives et contre-productives», a de son côté répliqué le maire de Los Angeles, Eric Garcetti.

«Couper les fonds pour nos services de secours, pour notre port et aéroport, pour le contre-terrorisme, contre la criminalité (...) ne sert personne», a-t-il ajouté.

Plus de 200 villes et 300 juridictions locales américaines revendiquent ce statut de sanctuaire, parmi lesquelles Los Angeles, New York, Chicago ou Philadelphie.

Ces villes affirment haut et fort leur volonté d'empêcher les expulsions de clandestins, estimés à quelque 11 millions aux États-Unis. Leurs élus assurent que pousser encore davantage dans la clandestinité des étrangers entrés illégalement a des effets néfastes, ces personnes n'osant plus contacter la police.

La ville de San Francisco avait déjà déposé plainte, fin janvier, contre le président Donald Trump, après la publication d'un décret annonçant des sanctions financières contre les villes sanctuaires.

La ville de Miami avait au contraire décidé d'obtempérer et d'abandonner cette politique de sanctuaire.

Depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, les autorités américaines ont accentué la répression de l'immigration illégale, en soutenant qu'elle alimentait la criminalité, même si aucune étude sérieuse ne le prouve.




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