Révolte des conservateurs contre la réforme de santé soutenue par Trump

Selon Rand Paul (centre), les conservateurs n'accepteront jamais... (Photo J. Scott Applewhite, Archives AP)

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Selon Rand Paul (centre), les conservateurs n'accepteront jamais le projet de réforme.

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Agence France-Presse
WASHINGTON

Le président américain Donald Trump faisait face mardi à une fronde de l'aile conservatrice de la majorité républicaine, qui menace de torpiller le projet à peine dévoilé d'abrogation et de remplacement de la réforme du système de santé de Barack Obama.

Un certain nombre d'élus de l'aile droite estiment que le projet républicain, qui maintiendrait de substantielles aides publiques pour aider les Américains à payer leur couverture-maladie, abandonne les principes conservateurs de désengagement de l'État et de libéralisation du marché des assurances privées.

Si les rebelles de cette faction, issus du Tea Party, étaient suffisamment nombreux et déterminés, ils pourraient faire échouer la réforme, l'une des promesses phares de campagne de Donald Trump et de la majorité, dont c'est le premier grand chantier législatif de l'année.

«Nous allons faire quelque chose de grand», a déclaré le président lors d'une rencontre avec des élus à la Maison-Blanche. «Je suis fier de soutenir le plan publié par la Chambre des représentants».

Mais des organisations conservatrices redoutées de l'establishment ont officiellement appelé mardi à voter contre la proposition de loi concoctée par les chefs républicains. Il s'agit de Club for Growth, Americans for Prosperity, ou encore le groupe politique des frères industriels milliardaires Koch, Freedom Partners.

Les chefs de parti ne peuvent pas se permettre beaucoup de défections, la minorité démocrate ayant d'ores et déjà annoncé son opposition totale.

«C'est Obamacare light», a dénoncé le sénateur Rand Paul, qui affirme qu'en coulisses, la Maison-Blanche a commencé à négocier avec des dizaines d'élus conservateurs.

Ted Cruz, sénateur ultraconservateur du Texas, a promis «une discussion vigoureuse», sans toutefois s'opposer d'emblée.

L'objectif de la majorité est d'adopter la réforme rapidement, avant le début des congés de Pâques, le 8 avril.

«Nous aurons 218 voix lors du vote, je vous le garantis», a affirmé Paul Ryan, le président de la Chambre, en référence à la majorité absolue.

Les démocrates, de leur côté, ont déjà affublé le plan républicain du nom de «Trumpcare».

Leur angle d'attaque choisi est la baisse prévue des aides aux familles, notamment aux plus âgés, et les baisses d'impôts dont bénéficieraient les foyers les plus aisés.

«Trumpcare est un désastre», a déclaré le chef de file des sénateurs démocrates, Chuck Schumer, «et les démocrates le combattront bec et ongles».

L'administration se garde pour l'instant de promettre que la réforme baissera effectivement les coûts de la santé ou garantira que personne ne perdra son assurance actuelle, alors que sous Barack Obama, le nombre de personnes sans couverture maladie est tombé de 16 à 9% de la population.




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