Les clandestins, nouvelles proies des escrocs américains

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Selon le directeur de l'organisation Border Angels, les États-Unis connaissent une flambée du nombre de clandestins victimes d'arnaques depuis janvier.

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Jocelyne ZABLIT
Agence France-Presse
LOS ANGELES

Les arnaqueurs de toutes eaux fleurissent aux États-Unis et tentent de tirer profit de la panique qui s'est emparée de la communauté latino depuis que Donald Trump a déclenché son offensive contre l'immigration illégale.

Des avocats peu scrupuleux qui font miroiter des papiers en règle; des faux agents fédéraux de l'immigration; des escrocs qui font payer pour des documents gratuits: les filous et malfrats en tout genre ont flairé le bon filon. Et inquiètent les autorités et les groupes de défense des immigrés.

«Quand vous avez des personnes inquiètes et apeurées, vous avez malheureusement aussi ceux qui veulent en tirer partie», déplore Enrique Morones, directeur de Border Angels, une de ces organisations basées dans le sud de la Californie, tout près de la frontière mexicaine.

Selon lui, le pays connaît une flambée du nombre de victimes de ce genre d'arnaques depuis que le président américain a signé un décret en janvier visant quelque 11 millions d'immigrés clandestins.

«La dernière fois que nous avons constaté une forte hausse comme celle-ci, c'était en 2006 (lorsqu'un projet de loi controversé sur l'immigration était à l'étude sous l'administration Bush, NDLR) et puis cela était retombé drastiquement», se souvient Enrique Morones.

«Maintenant, cela redécolle et la hausse est plus forte qu'à l'époque en raison de la rhétorique de Trump et la peur qu'il a instillée dans la communauté» hispanique, ajoute-t-il.

5000 dollars envolés 

Le décret signé par Donald Trump offre aux autorités davantage de latitude pour faire appliquer les lois migratoires, les autorisant notamment à expulser des clandestins qui n'ont commis que des délits mineurs.

Si les groupes qui défendent les migrants disent soutenir l'expulsion des criminels, ils regrettent en revanche que ce décret mette tous les clandestins - Mexicains pour la plupart - dans le même panier.

Ils en veulent pour preuve de récentes arrestations, dont celle d'un père de quatre enfants qui a été détenu à Los Angeles après avoir déposé à l'école un de ses enfants nés aux États-Unis.

Ce genre de précédent a poussé de nombreux clandestins, souvent peu éduqués et ne parlant pas anglais, à prendre conseil auprès de quiconque pouvant les conseiller ou les aider à obtenir une régularisation.

Certains aigrefins, reprend M. Morones, poussent le vice jusqu'à se présenter à des rassemblements de clandestins pour distribuer des prospectus et proposer leurs services.

De leur côté, les autorités ont mis en garde contre les personnes se faisant passer pour des agents de l'immigration pour dépouiller leurs victimes.

Un fermier mexicain, dupé par un avocat, a montré à l'AFP un document d'immigration pour lequel il a versé 500 dollars, mais qui était disponible gratuitement sur internet.

Une famille en Californie a rapporté la semaine dernière avoir été délestée de 5000 dollars par un faux avocat. Ce dernier avait promis que ses membres pouvaient prétendre à devenir résidents aux États-Unis, avant de disparaître avec l'argent.

«Ils lui faisaient confiance, ils avaient donné leurs empreintes digitales et fait tout ce que l'avocat avait demandé et puis il a disparu», a confirmé Enrique Morones.

Inculpations

Les autorités de New York à Los Angeles en passant par Chicago ont appelé à la vigilance et annoncé plusieurs arrestations et inculpations.

«Tirer profit des plus vulnérables est répréhensible», a rappelé en février le ministre californien de la Justice, Xavier Becerra, après l'inculpation d'un couple qui a spolié des clandestins. L'homme a été condamné à cinq années de réclusion.

«La peine prononcée aujourd'hui envoie un message à ceux qui veulent perpétrer ce genre d'actions», a poursuivi Xavier Becerra, «et assure aux familles d'immigrés qui travaillent dur que la justice les soutient».

Les 50 consulats mexicains aux États-Unis ont quant à eux ouvert des centres de défense des immigrés pour aider leur ressortissants.

«Nous (...) disons de se référer aux informations fiables et de venir au consulat pour chercher conseil», explique Marcela Celorio, consule générale du Mexique à San Diego, dans l'extrême sud californien où l'on estime à quelque 120 000 le nombre d'immigrés mexicains.

Enrique Morones affirme lui que ses conseils ne sont que du bon sens, comme vérifier que l'interlocuteur a bien un bureau.

«Et si quelque chose semble trop beau pour être vrai», conclut-il, «c'est que c'est probablement le cas».




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