OTAN : le chef du Pentagone somme ses alliés de dépenser davantage

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Le général Mattis s'est voulu rassurant à son arrivée dans ce qu'il a appelé sa «seconde maison».

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Matthieu DEMEESTERE, THOMAS WATKINS
Agence France-Presse
Bruxelles

Le chef du Pentagone, James Mattis, a sommé les alliés de Washington au sein de l'OTAN d'augmenter leurs dépenses militaires, à l'occasion de sa première visite à Bruxelles, faute de quoi les États-Unis pourraient «modérer leur engagement».

Après les critiques du président Donald Trump sur l'OTAN, un héritage de la Guerre froide à ses yeux «obsolète», cette visite pour une réunion de ministres de la Défense était très attendue par les Européens.

Le général Mattis, ancien chef militaire à l'OTAN entre 2007 et 2009, s'est d'abord voulu rassurant à son arrivée dans ce qu'il a appelé sa «seconde maison».

«L'Alliance reste un socle fondamental pour les États-Unis», a-t-il lancé aux côtés du secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg.

Mais devant ses homologues des 27 autres pays membres, le ministre américain a ensuite assorti ses propos amicaux d'une ferme mise en garde, faisant écho aux menaces à peine voilées déjà formulées par le président Trump.

En termes de dépenses de défense, «l'Amérique va assumer ses responsabilités, mais si vos nations ne veulent pas voir l'Amérique modérer son engagement envers cette Alliance, chacune de vos capitales doit montrer son soutien à notre défense commune», a averti M. Mattis.

Il a pris appui sur l'exigence d'équité exprimée, selon lui, par le contribuable américain et sur la nouvelle «réalité politique» dans son pays.

«Les Américains ne peuvent pas se soucier davantage de la sécurité future de vos enfants que vous ne le faites vous-mêmes», a-t-il fait valoir.

Obtenir des Européens qu'ils dépensent pour la défense autant que les États-Unis en proportion de leur richesse est une revendication ancienne à Washington.

Mais Donald Trump l'a bruyamment relancée durant sa campagne électorale.

Il a signifié que les États-Unis réfléchiraient à deux fois avant de respecter leurs obligations envers leurs alliés de l'OTAN si ceux-ci ne se rapprochaient pas plus rapidement de l'objectif de dépenses, d'au moins 2% du PIB, fixé en 2014 à un sommet de l'Alliance, qui souhaite voir chacun l'atteindre en 2024. À ce jour seuls cinq pays - États-Unis, Grèce, Royaume-Uni, Estonie et Pologne - y sont parvenus. 

«Un message très ferme» 

Certains pays comme la France ou l'Espagne réclament de la souplesse, en mettant en avant le poids qu'ont déjà sur leurs comptes publics les opérations militaires auxquelles ils participent.

«Partager équitablement le fardeau ne veut pas seulement dire dépenser, cela inclut aussi les contributions aux missions de l'OTAN», a reconnu M. Stoltenberg mercredi soir devant la presse.

«De nombreux pays européens contribuent largement à des opérations de grande importance pour les États-Unis», a-t-il ajouté, soulignant que la moitié des soldats de l'OTAN déployés en Afghanistan étaient «non américains».

Interrogé sur un supposé «ultimatum» de James Mattis, le chef de l'OTAN a préféré y voir «un message très ferme à tous les alliés», confortant à ses yeux l'objectif «prioritaire» des 2%.

«De nombreux pays parmi ceux qui dépensent moins de 2% ont exprimé des ambitions, des projets, des engagements pour réellement commencer à augmenter leurs dépenses», a aussi dit Jens Stoltenberg.

James Mattis, de son côté, a exigé de pouvoir contrôler dès cette année des plans d'action «par étapes» pour s'assurer d'une courbe ascendante.

Mardi, le chef de l'OTAN avait anticipé cette pression des Américains en annonçant une hausse de 3,8% en 2016 des dépenses militaires «des alliés européens et du Canada».

«Ce n'est pas suffisant», avait ajouté M. Stoltenberg, au moment où il faut s'adapter à de multiples menaces (État islamique, Russie, cybercriminalité).

Concernant la lutte contre le terrorisme djihadiste, autre sujet phare du premier des deux jours de réunion, l'OTAN va mettre sur pied, au sein du QG militaire de Naples (Italie), un centre d'expertise consacré à la collecte de renseignements sur les pays jugés les plus menacés comme la Libye et l'Irak.

Une centaine d'hommes sera affectée «dès que possible» dans ce «hub pour le Sud», selon la terminologie de l'OTAN.

Des drones seront par ailleurs déployés prochainement depuis la Sicile pour aider l'Alliance dans ses missions en Méditerranée.




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