Donald Trump lance son projet de mur à la frontière mexicaine

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Donald Trump présente aux caméras sa signature sur le décret autorisant la construction du mur.

AFP, Nicolas Kamm

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Jerome CARTILLIER
Agence France-Presse
Washington

Le président des États-Unis Donald Trump a donné une impulsion à la plus emblématique de ses promesses de campagne: la construction d'un mur à la frontière avec le Mexique pour endiguer l'immigration illégale vers la première économie mondiale.

Cinq jours seulement après sa prise de fonction, le nouveau président républicain a signé, mercredi en grande pompe, un décret fixant comme objectif de «sécuriser la frontière sud des États-Unis grâce à la construction immédiate d'un mur».

Le président mexicain Enrique Pena Nieto a aussitôt condamné ce projet et s'est engagé à défendre les migrants mexicains. «Je regrette et condamne la décision des États-Unis de continuer la construction du mur qui depuis des années, au lieu de nous unir, nous divise» a-t-il affirmé lors d'un bref message vidéo diffusé sur son compte Twitter.

De très nombreuses questions restent posées sur le calendrier, le financement et l'efficacité de ce projet très controversé, évoqué dès le 16 juin 2015, jour de l'annonce sa candidature, par le magnat de l'immobilier («Je vais construire un grand mur, personne ne construit les murs mieux que moi»).

«Une nation sans frontières n'est pas une nation», a-t-il lancé mercredi lors d'une cérémonie en présence du nouveau ministre de la Sécurité intérieure, l'ancien général John Kelly.

«À partir d'aujourd'hui, les États-Unis reprennent le contrôle de leurs frontières», a-t-il ajouté, promettant que les lois sur l'immigration seraient désormais appliquées avec force.

Donald Trump a par ailleurs signé un autre décret portant sur une application plus rigoureuse des lois sur l'immigration, prévoyant en particulier de limiter l'accès aux fonds fédéraux pour les «villes sanctuaires» qui accueillent des immigrants clandestins.

Son porte-parole Sean Spicer a annoncé la création de davantage de centres de détention le long de la frontière pour qu'il soit «plus facile et moins cher» de détenir puis de renvoyer les immigrants illégaux dans leur pays d'origine.

Un mur partiel est déjà érigé entre le... (AFP) - image 2.0

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Un mur partiel est déjà érigé entre le Mexique et les États-Unis. Sur la photo, à gauche, la ville-frontière mexicaine de Tijuana.

AFP

«Fantasme qui déshonore la tradition américaine»

«Le fantasme du président Trump de sceller la frontière avec un mur est alimenté par un parti pris racial et ethnique qui déshonore la tradition américaine de protection des migrants vulnérables», a réagi l'Aclu, principale association américaine de défense des libertés individuelles.

À New York, plus d'un millier de personnes ont manifesté mercredi soir pour dénoncer les mesures anti-immigration du nouveau président Donald Trump. «Pas d'interdiction! Pas de mur! New York est à tout le monde», scandaient notamment les participants à la manifestation à Washington Square, au sud de Manhattan.

Plus de 11 millions d'immigrants en situation irrégulière vivent aux États-Unis, certains depuis de très nombreuses années. Près de la moitié sont originaires du Mexique.

Interrogé sur la chaîne ABC, Donald Trump a par ailleurs de nouveau assuré que le financement de ce mur, dont la construction devrait débuter dans les mois à venir, serait, in fine, payé par le Mexique.

Le président du Mexique a assuré qu'il ne paierait pas ? «Il est obligé de dire cela», a-t-il répondu. «Mais moi je vous le dis: il y aura un paiement, même si le montage sera peut-être compliqué».

«Il est évident que nous avons quelques divergences avec le prochain gouvernement des États-Unis, comme au sujet du mur que, bien entendu, le Mexique ne paiera pas», avait affirmé début janvier son homologue mexicain.

Rencontre à la Maison-Blanche fin janvier

Le démocrate Luis Gutierrez, élu de la Chambre des représentants, a déploré que le nouvel locataire de la Maison-Blanche «exploite les peurs» plutôt que de proposer «une politique réfléchie» et argumentée.

Une délégation officielle mexicaine est présente à Washington pour entamer la renégociation de l'accord de libre-échange ALENA (USA, Canada et Mexique).

Le gouvernement mexicain s'est dit prêt à «moderniser» cet accord en vigueur depuis 1994 et qui représente annuellement un commerce bilatéral de 531 milliards de dollars. À peu près 80% des exportations mexicaines prennent la chemin des États-Unis, un indicateur clair de la dépendance du Mexique envers son voisin du Nord.

Mais le ministre de l'Économie Ildefonso Guajardo a clairement averti qu'il y avait «des lignes rouges» à ne pas franchir.

Cette première réunion USA-Mexique vise à préparer la rencontre entre le nouveau président américain et son homologue mexicain Enrique Peña Nieto, le 31 janvier à Washington.

Plusieurs personnalités de l'opposition mexicaine ont exhorté Enrique Peña Nieto d'annuler sa rencontre avec Donald Trump pour protester contre le projet de mur à la frontière entre les deux pays.

«L'annonce de la construction du mur de @realDonaldTrump avant la visite d'@EPN (Peña Nieto) est un affront au Mexique», a écrit sur Twitter l'opposante Margarita Zavala, potentielle candidate du parti conservateur (PAN) à l'élection présidentielle de 2018.

Quant à l'ancien président mexicain Vicente Fox, il s'en est pris avec virulence au porte-parole de la Maison-Blanche: «Sean Spicer, je l'ai dit à @realDonaldTrump le Mexique ne paiera pas pour ce putain de mur. Putaindemur», a-t-il grondé en anglais sur Twitter.

«Une nation sans frontières n'est pas une nation»,... (REUTERS) - image 3.0

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«Une nation sans frontières n'est pas une nation», a lancé Donald Trump lors d'une cérémonie en présence du nouveau ministre de la Sécurité intérieure, l'ancien général John Kelly (à droite).

REUTERS

Une délégation officielle mexicaine est présente à Washington pour entamer la renégociation de l'accord de libre-échange ALÉNA (USA, Canada et Mexique).

Le gouvernement mexicain s'est dit prêt à «moderniser» cet accord en vigueur depuis 1994 et qui représente annuellement un commerce bilatéral de 531 milliards de dollars. À peu près 80% des exportations mexicaines prennent la chemin des États-Unis, un indicateur clair de la dépendance du Mexique envers son voisin du Nord.

Mais le ministre de l'Économie Ildefonso Guajardo a clairement averti qu'il y avait «des lignes rouges» à ne pas franchir.

Cette première réunion USA-Mexique vise à préparer la rencontre entre le nouveau président américain et son homologue mexicain Enrique Peña Nieto, le 31 janvier à Washington.

Selon des médias américains, Donald Trump pourrait signer dans les jours qui viennent des décrets visant à limiter l'accès aux États-Unis pour les réfugiés et les détenteurs de visas en provenance d'Irak, d'Iran, de Libye, de Somalie, du Soudan, de Syrie et du Yémen.




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