Les sanctions contre Moscou visent à «coincer» Trump, dit sa conseillère

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«Je ne pense pas qu'au plus fort de la Guerre froide ce pays ait expulsé autant d'agents», a déclaré jeudi soir Kellyanne Conway, qualifiant les sanctions américaines contre la Russie de «sans précédent».

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Agence France-Presse
WASHINGTON

Une proche conseillère du président élu des États-Unis Donald Trump, Kellyanne Conway, a critiqué vendredi les sanctions américaines contre la Russie, estimant que l'objectif du président sortant Barack Obama était de «coincer» son successeur à la Maison-Blanche.

M. Obama a annoncé jeudi une série de mesures contre les services de renseignement russes, y compris l'expulsion de 35 diplomates russes, destinées notamment à sanctionner Moscou accusée d'ingérence dans l'élection présidentielle américaine.

«Je ne pense pas qu'au plus fort de la Guerre froide ce pays ait expulsé autant d'agents», a déclaré jeudi soir sur CNN Mme Conway, qualifiant ces sanctions de «sans précédent».

Les États-Unis n'ont jamais expulsé autant de diplomates russes depuis 2001, quand Washington avait renvoyé une cinquantaine de responsables russes, accusés d'avoir été en contact avec un agent du FBI Robert Hansseen qui avait travaillé pendant 15 ans pour Moscou.

Selon Mme Conway, beaucoup pensent que ces sanctions visent à «coincer» Donald Trump et réduire sa marge de manoeuvre vis-à-vis de la Russie quand il entrera en fonctions le 20 janvier.

«Ce serait malheureux si la principale motivation (des sanctions) était politique», a-t-elle déclaré. «Ce n'est pas comme cela que fonctionne une administration pacifique dans notre grande démocratie».

Mme Conway, qui joua un rôle crucial dans la campagne présidentielle de Donald Trump et va désormais le conseiller à la Maison-Blanche, a jugé que ces sanctions étaient «symboliques».

Interrogée pour savoir si Donald Trump allait lever ces sanctions contre Moscou, la conseillère a refusé de répondre. «Je ne ferai aucune déclaration là dessus».

L'administration américaine accuse la Russie d'avoir orchestré des piratages informatiques qui ont mené au vol et à la publication de milliers de courriels de responsables démocrates, brouillant le message de la candidate Hillary Clinton pendant la campagne présidentielle.

Le FBI et la CIA estiment que Moscou ne voulait pas seulement perturber la campagne mais chercher à faire élire Donald Trump.

Donald Trump, qui a salué les qualités du président russe Vladimir Poutine et a nommé à son cabinet des responsables ayant des liens étroits avec le Kremlin, n'a cessé de répéter qu'il ne croyait pas aux accusations d'ingérence russe.

Il s'est abstenu toutefois jeudi de critiquer les sanctions décidées par Barack Obama, jugeant qu'il était «temps de passer à d'autres choses plus importantes». Il a précisé qu'il rencontrerait les chefs du renseignement américain «la semaine prochaine» pour faire le point sur cette affaire.

Les expulsions de diplomates russes ou soviétiques depuis 30 ans

L'expulsion d'agents russes par Washington a eu plusieurs précédents aux États-Unis et ailleurs. Voici un rappel des principales expulsions de diplomates soviétiques ou russes depuis 30 ans :

Des deux côtés du Mur

Octobre 1986: L'Amérique de Ronald Reagan et l'Union soviétique de Mikhaïl Gorbatchev se livrent pendant plusieurs semaines une «guerre des diplomates», à coups d'expulsions croisées, qui aboutit au départ forcé de 80 diplomates soviétiques en poste à Washington ou au siège de l'ONU à New York.

Avril 1987: Six diplomates soviétiques s'intéressant à la fusée Ariane sont expulsés de France. En représailles, l'URSS expulse six diplomates français en poste à Moscou.

Juin 1988: Ottawa expulse ou déclare persona non grata 19 Soviétiques. Moscou prend les mêmes mesures à l'encontre de treize diplomates canadiens.

Mai 1989: Le Royaume-Uni expulse 14 Soviétiques et l'URSS réplique avec l'expulsion de 14 Britanniques.

Octobre 1991: Huit diplomates soviétiques sont expulsés de Norvège en raison d'«activités incompatibles avec leur statut».

L'URSS n'est plus, les espions restent

Mars 2001: Washington annonce l'expulsion d'une cinquantaine de diplomates russes dont quatre déclarés persona non grata. Ces derniers sont accusés d'avoir été en contact avec Robert Hanssen, un agent du FBI arrêté en février pour avoir travaillé pendant une quinzaine d'années pour Moscou. En réponse, Moscou décide d'expulser exactement le même nombre de diplomates que Washington.

9 juillet 2010: Dix agents russes arrêtés fin juin aux États-Unis sont échangés contre quatre Russes, dont trois condamnés pour espionnage au profit des Occidentaux. Il s'agit du premier échange russo-américain d'espions depuis la Guerre froide: l'opération se déroule sur le tarmac de l'aéroport de Vienne.

Record britannique

À ce jour, le record du nombre de diplomates expulsés reste détenu par le Royaume-Uni qui, en septembre 1971, avait expulsé 105 Soviétiques. Moscou ripostera au bout de deux semaines en renvoyant 18 Britanniques.

En France, en avril 1983, 47 diplomates soviétiques avaient été expulsés dans le cadre de l'affaire Farewell, du nom de code de Vladimir Vetrov, un ingénieur soviétique en poste à la mission commerciale soviétique à Paris de 1965 à 1970. Moscou n'avait alors procédé à aucune expulsion de Français en retour.




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