Trump menace les entreprises qui souhaitent quitter les États-Unis

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« Les entreprises ne vont pas continuer à quitter les États-Unis sans qu'il y ait des conséquences. C'est fini ça. C'est fini », a lancé M. Trump, lors de sa visite dans une entreprise de l'Indiana dont il affirme avoir empêché la délocalisation et sauvé plus de 1000 emplois.

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Timothy A. CLARY
Agence France-Presse
INDIANAPOLIS

Donald Trump a prévenu jeudi que les entreprises américaines délocalisant pour élaguer leurs coûts de production en subiraient «les conséquences», lors d'une visite dans une usine de l'Indiana.

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Le président désigné monte à bord de son avion sur le tarmac de l'aéroport LaGuardia à New York, le 1er décembre. Donald Trump entame sa « tournée de la victoire » par une escale à Indianapolis, où il visitera les employés de l'usine de Carrier devenue le symbole de sa politique anti-délocalisations.

photo Bryan R. Smith, agence france-presse

Élu sur la promesse de sauvegarder les emplois ouvriers sur le sol américain, il a choisi de se rendre dans cette usine, devenue cette semaine le symbole de la politique anti-délocalisations qu'il entend mener.

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«Les entreprises ne vont pas continuer à quitter les États-Unis sans qu'il y ait des conséquences. C'est fini ça. C'est fini», a lancé M. Trump, dans cette usine du fabricant de climatiseurs Carrier dont il affirme avoir sauvé plus de 1000 emplois en empêchant un transfert d'activité vers le Mexique. «Quitter le pays va être très, très difficile» pour les entreprises, a-t-il prévenu.

Carrier a annoncé mardi renoncer à son projet de délocalisation de cette usine du nord des États-Unis, affirmant sur Twitter avoir «conclu un accord avec le président élu». Puis, dans un communiqué, elle a précisé que les «incitations proposées par l'État (de l'Indiana) ont joué un rôle important» dans sa décision.

«L'État de l'Indiana a offert à Carrier un forfait pluriannuel de 7 millions de dollars, assorti de conditions en matière d'emploi, de maintien des postes de travail et d'investissement financier», a précisé jeudi la filiale du géant United Technologies.

Selon les médias américains, elle va bénéficier d'allègements fiscaux pendant dix ans.

Cette visite était la première étape de la «tournée de la victoire» de Donald Trump et de son vice-président Mike Pence - également gouverneur de l'Indiana (nord) - dans les États industriels qui ont voté pour le duo républicain le 8 novembre.

Le milliardaire a raconté en détail comment, au cours d'une conversation téléphonique, il a forcé la main du PDG du groupe United Technologies Gregory Hayes, présent dans la salle.

Goutte d'eau

Il s'est aussi moqué de ceux qui lui reprochent de galvauder ainsi la fonction présidentielle.

«Ils disent que ce n'est pas présidentiel d'appeler ainsi les dirigeants d'entreprises géantes. Je pense au contraire que c'est très présidentiel et si ça ne l'est pas tant pis», a-t-il déclaré.

Mais les postes sauvegardés ne représentent qu'une goutte d'eau au regard des emplois industriels perdus, a tweeté l'économiste Paul Krugman. Selon lui, il faudrait un accord similaire par semaine pendant quatre ans pour ramener seulement 4% des emplois disparus depuis 2000.

L'ex-candidat démocrate à la présidentielle Bernie Sanders s'est offusqué jeudi dans le Washington Post d'un «pansement qui ne fait qu'aggraver le problème des inégalités de revenus en Amérique».

«À la place (du paiement) d'un impôt, l'entreprise va être récompensée par une réduction d'impôts. Wouah! (...) C'est ça punir les groupes qui ferment leurs usines aux États-Unis pour les déménager à l'étranger ?»

Le sénateur du Vermont craint en effet que cet accord n'incite désormais les entreprises à menacer de délocaliser leurs usines dans le seul but d'obtenir un allègement fiscal similaire.

Anthony Scaramucci, un chef d'entreprise membre de l'équipe de transition de M. Trump, a relevé mercredi que «tout l'objectif» de cette opération était de réduire les impôts des sociétés pour attirer les investissements aux États-Unis.

Pendant sa campagne, M. Trump a promis de relancer l'activité des entreprises grâce notamment à une vaste déréglementation et à une baisse de l'impôt sur les sociétés qui passerait de 35% à 15%.

«Autoroute vers le Mexique»

Après l'Indiana, la tournée se poursuit dans l'Ohio (nord), où il doit tenir un rassemblement jeudi soir à Cincinnati.

Ces déplacements se tiennent au lendemain de la nomination de sa future équipe économique: un banquier de Wall Street, Steven Mnuchin, 53 ans, sera secrétaire au Trésor et Wilbur Ross, un milliardaire de 79 ans, secrétaire au Commerce.

Ils seront chargés de tenir la promesse de M. Trump de revenir sur les accords de libre-échange et de préserver les emplois industriels.

M. Trump a d'ailleurs saisi l'opportunité de sa visite dans l'Indiana pour dénoncer à nouveau l'accord de libre-échange nord-américain Alena, «une autoroute à sens unique vers le Mexique».

Le futur président devrait par ailleurs nommer en début de semaine prochaine l'ancien général James Mattis, militaire respecté, au poste stratégique de ministre de la Défense, a affirmé le Washington Post jeudi.

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