La candidature de Romney au poste de secrétaire d'État divise le camp Trump

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Donald Trump (à gauche) et Mitt Romney se serrent la main, alors que celui qui est considéré pour le poste de secrétaire d'État quitte le club de golf du président désigné à Bedminster au New Jersey, le 19 novembre.

photo Carolyn Kaster, archives AP

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Mandel NGAN, Nicolas REVISE
Agence France-Presse
PALM BEACH et WASHINGTON

Qui sera le prochain chef de la diplomatie américaine ? C'est la grande incertitude dans la formation du gouvernement de Donald Trump, les fervents soutiens du président désigné des États-Unis refusant que ce portefeuille revienne au modéré républicain Mitt Romney, ex-ennemi juré du milliardaire.

Donald Trump passe le long week-end de Thanksgiving - fête familiale par excellence durant laquelle l'Amérique est à l'arrêt - dans son golf de Mar-a-Lago, à Palm Beach en Floride, d'où il a appelé ses concitoyens à l'unité après une « longue et douloureuse campagne » présidentielle qui l'a vu battre la démocrate Hillary Clinton.

Troisième personnage de l'État selon le protocole, le poste stratégique de secrétaire d'État fait l'objet d'une âpre bataille politique pour savoir qui succédera au démocrate John Kerry à la tête du département d'État, ministère des Affaires étrangères de 70 000 employés pilotant le premier réseau diplomatique et consulaire de la planète.

Citant des sources de l'équipe de transition, le New York Times rapporte jeudi que l'entourage du président désigné se déchire entre l'ancien maire de New York Rudolph Giuliani et le candidat républicain malheureux à la présidentielle de 2012, Mitt Romney.

Quelle ligne avec la Russie ?

M. Giuliani, soutien de la première heure de M. Trump, mais sans expérience en politique étrangère, avait dès le début exprimé son désir de diriger la diplomatie de la première puissance mondiale.

Ancien procureur, mondialement célèbre grâce à son passage à la mairie de New York (1994-2001), « Rudy » Giuliani, 72 ans, considérerait même que le poste lui revienne naturellement, selon le NYT.

Face à lui, M. Romney, 69 ans, un modéré battu en 2012 par le président démocrate sortant Barack Obama, représenterait une formidable prise pour Donald Trump parce qu'il pourrait rassurer les modérés du Parti républicain et les alliés des États-Unis qui s'inquiètent du saut dans l'inconnu de la politique étrangère du magnat de l'immobilier.

Mais Mitt Romney, ancien homme d'affaires de l'Utah, ex-gouverneur du Massachusetts que l'on compare souvent dans le style à John Kerry, n'a pas de pedigree diplomatique et il avait en outre traité le candidat Trump aux primaires de « charlatan » et d'« imposteur ».

MM. Trump et Romney ne sont pas non plus d'accord sur la ligne à tenir avec la Russie, l'enjeu numéro un des relations internationales : le président désigné veut se rapprocher du chef du Kremlin Vladimir Poutine, M. Romney avait qualifié en 2012 Moscou de premier ennemi géopolitique de Washington.

Les caciques mécontents

Et des caciques républicains, loyaux de la première heure du prochain 45e président des États-Unis, disent depuis mercredi tout le mal qu'ils pensent d'un scénario Romney au département d'État.

« Je pense à 20 autres personnes qui seraient naturellement plus compatibles avec la vision en politique étrangère de Trump », a attaqué, sur FoxNews, Newt Gingrich, un dur qui avait été cité aussi comme possible secrétaire d'État.

« Je reste très mécontent, Mitt a tout fait pour faire dérailler Donald Trump », a aussi protesté l'ancien gouverneur de l'Arkansas Mike Huckabee, dénonçant « une insulte aux électeurs de Donald Trump qui ont travaillé vraiment dur ».

La très proche conseillère du président désigné, Kellyanne Conway, a d'ailleurs confié dans un tweet jeudi qu'elle recevait « un torrent de commentaires privés et sur les réseaux sociaux (contre) Romney ».

Donald Trump avait nommé autour de lui des hommes blancs relativement âgés, pour la plupart des durs sur l'immigration ou la lutte contre le fondamentalisme islamiste. Parmi eux, Jeff Sessions, ministre de la Justice, l'ex-général Michael Flynn, conseiller à la sécurité nationale, et le très controversé Steve Bannon, conseiller en stratégie et personnalité d'extrême droite.

Mais mercredi le futur président a insufflé une dose de diversité en nommant ambassadrice à l'ONU Nikki Haley, gouverneure de Caroline du Sud, fille d'immigrés indiens, mais sans expérience à l'international, et une autre femme, Betsy DeVos, à l'Éducation.

Donald Trump pourrait aussi nommer ministre du Logement l'un de ses adversaires à la primaire républicaine, Ben Carson, un Afro-Américain évangélique traditionaliste.

Le général James Mattis, un militaire respecté, reste favori pour le Pentagone et Steve Mnuchin, ancien banquier chez Goldman Sachs, pourrait diriger le Trésor.

Les familles américaines sont réunies jeudi autour de la traditionnelle dinde de Thanksgiving dans un pays divisé après une élection au scrutin universel indirect remportée par Donald Trump en nombre de grands électeurs (290 contre 232), mais qui a vu Hillary Clinton recueillir 2 millions de voix de plus que lui.

D'ailleurs, l'ancienne candidate indépendante à la Maison-Blanche, l'écologiste Jill Stein, va demander un nouveau décompte des voix dans le Wisconsin, un État démocrate qui a basculé en faveur de M. Trump.

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