Pokémon Go attire les automobilistes... et cause des accidents

Le phénomène des conducteurs qui chassent les Pokémon... (PHOTO SAIT SERKAN GURBUZ, ARCHIVES REUTERS)

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Le phénomène des conducteurs qui chassent les Pokémon au volant est devenu un véritable problème de santé publique, selon John Ayers, spécialiste de l'Université d'État de San Diego.

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Des dizaines de milliers de personnes jouent au Pokémon Go en conduisant une voiture, selon une nouvelle étude américaine. Le problème est amplifié par le fait que très souvent, un passager qui joue à Pokémon Go va demander au chauffeur des changements abrupts d'itinéraire pour attraper les fameuses bestioles virtuelles.

« En seulement 10 jours, nous avons mesuré sur Twitter 110 000 mentions de conduite dangereuse ou de piétons prenant des risques à cause de Pokémon Go, explique John Ayers, spécialiste de la santé publique à l'Université d'État de San Diego, qui est l'auteur principal de l'étude publiée vendredi dans la revue JAMA Internal Medicine. Comme tous n'utilisent pas Twitter et que certains comportements n'y sont pas rapportés, nous avons certainement sous-estimé le phénomène. »

« Les chiffres sont si élevés qu'il s'agit assurément d'un problème de santé publique. »

Les chercheurs californiens ont examiné les gazouillis émis entre le 10 et le 20 juillet dernier qui faisaient mention de Pokémon Go et certains mots-clés liés à la conduite automobile ou à des piétons qui ont eu des interactions risquées avec des voitures. Par exemple, un gazouillis comme « OMG je conduis et j'attrape des Pokémon » était comptabilisé du côté des automobilistes.

Un attrait «indéniable»

Environ 2 % des 600 millions de gazouillis quotidiens comportaient l'un de ces mots-clés. Un gazouillis sur cinq dans ce sous-groupe démontrait qu'un automobiliste utilisait Pokémon Go au volant, un sur dix était passager et jouait au jeu, et un sur 25 était un piéton ayant risqué des blessures à cause de Pokémon Go.

Il s'agit d'un minimum, selon le chercheur californien. « Tous les amateurs de Pokémon Go n'utilisent pas Twitter, et même ceux qui gazouillent ne rendent pas nécessairement compte de leur traque aux Pokémon », dit M. Ayers. 

« Qui plus est, contrairement à d'autres applications mobiles, Pokémon Go a un attrait indéniable pour les piétons et les automobilistes. Personne ne se met au volant uniquement pour texter ou parler au téléphone, mais on voit beaucoup de gens qui utilisent leur voiture pour chasser des Pokémon. C'est d'ailleurs ce qui m'a amené à m'intéresser à la question. Après tout, les accidents routiers sont la principale cause de mortalité chez les 18-26 ans, qui sont la cible de choix de Pokémon Go. »

Pourquoi avoir fait mention des passagers ? « Normalement, ils ne sont pas considérés comme une distraction s'ils utilisent leur téléphone mobile. Mais avec Pokémon Go, c'est différent : il y a des gens qui sont de véritables copilotes du jeu Pokémon Go pendant que le conducteur est au volant, mais qui donnent des ordres. "À gauche", "à droite". C'est différent de tous les autres jeux, auxquels le passager joue sans aucun impact sur le conducteur. »

Quelles sont les conséquences de ces données, sur le plan des politiques publiques ? « Nous devons totalement repenser la façon dont nous éduquons les gens et la réglementation sur les nouveaux jeux à réalité augmentée. Les entreprises qui publient ces jeux pourraient être proactives et les geler quand les joueurs sont en voiture. Il faudrait aussi avoir un délai pour éviter que les gens ne jouent aux feux rouges. »

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