Pas de vote sur les armes au Congrès malgré un sit-in d'élus démocrates

Les démocrates sont déterminés à faire le plus... (PHOTO REUTERS)

Agrandir

Les démocrates sont déterminés à faire le plus de bruit possible pour faire des armes à feu un thème central de la campagne des élections présidentielles et législatives du 8 novembre.

PHOTO REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Michael Mathes
Agence France-Presse
WASHINGTON

Les parlementaires démocrates ont échoué jeudi à faire voter un texte limitant l'accès aux armes à feu, dix jours après la sanglante attaque d'Orlando, malgré un sit-in inhabituel au Congrès américain.

Soutenus par Barack Obama, des parlementaires démocrates avaient entamé mercredi ce sit-in, unique dans l'histoire récente du Congrès, poussant le président de la Chambre, Paul Ryan, à faire usage de son marteau pour convoquer une session tard dans la nuit.

M. Ryan, qui a qualifié le sit-in de «coup de pub», a cependant refusé de permettre le vote sur deux propositions de loi réclamées par les démocrates: l'un étend les vérifications d'antécédents à toute vente d'armes lors de foires ou sur internet, et l'autre empêche les personnes figurant sur les listes de surveillance terroriste d'acquérir une arme.

La majorité républicaine refuse ardemment toute remise en cause du droit de s'armer, inscrit dans la Constitution.

Le président de la Chambre a appelé à voter sur d'autres questions, alors que les élus démocrates scandaient «No bill, no break» (pas de texte de loi, pas de pause), pour protester.

Les démocrates demandaient en effet aux chefs républicains d'annuler les congés de la fête nationale du 4 juillet alors que les parlementaires doivent quitter la capitale américaine dès jeudi soir.

Après un vote jeudi à l'aube sur le virus Zika, 15 heures après le début du sit-in, la session a été ajournée pour deux semaines et les républicains ont commencé à quitter le bâtiment.

Mais une vingtaine d'élus démocrates demeuraient dans le bâtiment aux premières heures jeudi, sans que leurs intentions soient claires sur une éventuelle poursuite du mouvement.

Le sit-in a envoyé «un message fort», a estimé le représentant démocrate Steny Hoyer. «La lutte va continuer quand le Congrès reprendra sa session» le 5 juillet», a-t-il ajouté.

En direct sur Periscope

«Nous devons occuper l'hémicycle de la Chambre jusqu'à ce qu'on puisse agir», avait déclaré John Lewis, élu noir de Géorgie et figure du mouvement des droits civiques dans les années 1960, au début du sit-in au cours duquel il s'était assis avec plusieurs de ses collègues à même la moquette de l'hémicycle des représentants.

Le geste était spectaculaire dans une institution généralement respectueuse du protocole.

«On doit parfois se mettre en travers du chemin. On doit faire du bruit en s'exprimant et en parlant fort contre l'injustice et l'inaction», a tweeté M. Lewis.

Le président Barack Obama a retweeté l'élu en le remerciant de «mener (ce mouvement) sur la violence des armes au moment où on en a le plus besoin».

Après la tuerie d'Orlando, qui a fait 49 morts dans une boîte de nuit gaie, les parlementaires démocrates ont déposé de multiples propositions de loi pour limiter l'accès aux armes à feu.

Les démocrates sont déterminés à faire le plus de bruit possible pour faire des armes à feu un thème central de la campagne des élections présidentielles et législatives du 8 novembre.

«Qui doit être touché par balles et combien doivent mourir avant que nous fassions quelque chose?» avait demandé Robin Kelly, une élue de l'Illinois.

Nancy Pelosi, la chef de file des démocrates à la Chambre, avait présidé une conférence de presse à l'extérieur du bâtiment. «Nous ne pouvons pas partir sans voter une loi de bon sens sur les armes», a-t-elle tweeté en s'adressant au président de la Chambre Paul Ryan.

Face à la rébellion, le président de séance républicain avait auparavant déclaré une suspension de séance. Si bien que la chaîne parlementaire C-SPAN, qui ne retransmet que les séances, n'a pas pu filmer le sit-in.

Mais rompant de manière spectaculaire avec le protocole, C-SPAN a eu recours à plusieurs réseaux sociaux, une première dans l'histoire de la très institutionnelle chaîne de télévision.

«C-SPAN n'a pas le contrôle des caméras de la chambre. Elle utilise maintenant le periscopeco de RepScottPeters», un élu de la Chambre, a expliqué la chaîne sur Twitter. Pericospe est une application de Twitter qui permet de diffuser des vidéos en direct.

C-SPAN a aussi utilisé le service de vidéo en direct du compte Facebook d'un autre représentant, Beto O'Rourke.

Sur les images un peu floues des élus apprentis vidéastes, on peut voir les démocrates s'exprimer à un pupitre dont le microphone a lui aussi été coupé.

«Si les lâches républicains qui contrôlent la Chambre allumaient les micros, on pourrait nous entendre un peu plus fort», s'y est indignée la présidente du parti démocrate Debbie Wasserman-Schultz.

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer