Le vice-président Biden veut interdire la vente de fusils d'assaut aux civils

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Le président Obama et le vice-président Biden (à droite) ont déposé une gerbe de fleurs à un mémorial en l'honneur des victimes du Pulse, à Orlando, le 17 juin.

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Associated Press
ORLANDO

Le vice-président américain Joe Biden a demandé vendredi que soient interdites les ventes de fusils d'assaut et de chargeurs à grande capacité à des civils.

Il a lancé cet appel dans la foulée du massacre qui a fait au moins 49 morts à Orlando, le week-end dernier.

M. Biden répondait à une pétition lancée en ligne pour faire interdire les fusils d'assaut AR-15. Cette pétition a été créée quelques heures seulement après la tragédie et a mérité une réaction de la Maison-Blanche après avoir recueilli plus de 100 000 signatures.

Plus de 185 000 personnes l'avaient signée vendredi.

M. Biden a aussi demandé au Congrès de renouveler un interdit sur les fusils d'assaut qui est expiré, d'élargir la vérification des antécédents des acheteurs et d'interdire aux individus soupçonnés de terrorisme de se procurer des armes. Ces mesures feront l'objet d'un vote au Sénat lundi.

Le tireur, Omar Mateen, a utilisé un fusil d'assaut Sig Sauer MCX, une arme similaire au fusil AR-15.

Six des 23 personnes qui demeurent hospitalisées depuis cet attentat sont dans un état critique.

Le propriétaire d'une boutique d'armes à feu à Jensen Beach - à quelques kilomètres de Fort Pierce, où résidait Mateen - a déclaré aux journalistes que l'homme s'est présenté à son établissement environ cinq semaines avant l'attaque pour acheter un gilet pare-balles et environ 1000 balles. Mateen est reparti les mains vides et un employé a signalé l'incident au FBI, mais personne ne savait de qui il s'agissait jusqu'à ce que Mateen passe aux actes.

Le tueur d'Orlando Omar Mateen a utilisé un... (Photo John Sommers, archives REUTERS) - image 2.0

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Le tueur d'Orlando Omar Mateen a utilisé un Sig Sauer MCX (en haut à gauche) lors du massacre perpétré au Pulse. 

Photo John Sommers, archives REUTERS

Le fusil d'assaut au coeur des massacres américains

Le terrible bilan du massacre commis au Pulse, une boîte gaie d'Orlando, est largement lié au fait que le tireur, Omar Mateen, était équipé d'une variante civile d'un fusil d'assaut militaire conçu pour faire le plus de victimes possible en un temps record.

De telles armes en vente libre ont tristement prouvé leur efficacité dans la litanie des fusillades qui choquent régulièrement l'Amérique.

Que ce soit à l'occasion de la tuerie perpétrée en juillet 2012 dans un cinéma d'Aurora (82 victimes, dont 12 morts), le carnage cinq mois plus tard dans une école primaire de Newtown (26 morts, dont 20 enfants) ou l'attentat djihadiste en décembre 2015 à San Bernardino (36 personnes fauchées, dont 14 ont perdu la vie), on retrouve ces fusils légers, dotés de chargeurs à grande capacité.

À Orlando, plus de 100 victimes sont tombées sous les balles et 49 d'entre elles ont succombé. Chez les 53 survivants ont été constatées des blessures souvent très graves, étant donné l'extrême vélocité des projectiles et leur capacité à détruire les tissus.

Après avoir conservé le flou plusieurs jours sur la question, la police a confirmé qu'Omar Mateen était porteur d'un Sig Sauer MCX et d'un pistolet Glock, achetés légalement.

Le fusil d'assaut AR-15 est légal aux États-Unis.... (AP, Charles Krupa) - image 3.0

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Le fusil d'assaut AR-15 est légal aux États-Unis. Le modèle fabriqué là-bas peut tirer plus d'une trentaine de balles à la minute.

AP, Charles Krupa

30 balles par chargeur

Compact, modulable, fabriqué dans l'État du New Hampshire, le Sig Sauer MCX se vend autour de 1900 $.

Ce fusil semi-automatique présente une crosse pliable, une poignée et des chargeurs amovibles d'une capacité unitaire de trente munitions.

« Ces caractéristiques augmentent la létalité de l'arme en la rendant plus facile à décharger, recharger et manoeuvrer dans un espace fermé tel qu'une boîte de nuit », explique l'organisation Violence Policy Center, dans un rapport publié cette semaine.

À Aurora, Newtown et San Bernardino, les tireurs ont utilisé un AR-15, un fusil d'assaut décliné dans de multiples versions et dont la désignation militaire est « M16 ».

Une pétition appelant à interdire à la population civile la possession de fusils d'assaut type AR-15 a réuni cette semaine près de 187 000 signatures sur le site dédié de la Maison-Blanche.

Le vice-président Joe Biden y a répondu vendredi par ces mots: « Je vous le dis haut et fort: le président et moi-même sommes d'accord avec vous ».

« Ces armes sont utilisées pour commettre des actes effroyables. On les appelle de parfaites machines à tuer. Elles propulsent à une vitesse sidérante des balles qui traversent les corps et causent d'horribles carnages », a jugé M. Biden.

Tout comme les AR-15, le Sig Sauer MCX tire sa raison d'être du combat militaire, comme l'affirment d'ailleurs ouvertement les publicités de cette firme en pleine expansion.

Revendiquant son « héritage d'exactitude suisse, de précision allemande et de manufacture et innovation américaines », Sig Sauer est détenu par des investisseurs allemands, mais a établi son siège en Nouvelle-Angleterre.

« La série des Sig Sauer MCX a été conçue aux États-Unis en réponse au besoin du ministère de la Défense d'un fusil compact, silencieux, capable d'ouvrir le feu sur des cibles dans un rayon de 300 mètres », rapportait en janvier le journal American Rifleman, organe de la NRA, principal lobby américain des armes.

Le ban a fait long feu

En 1994, le Congrès américain avait adopté une loi bannissant durant dix ans les fusils d'assaut et certains chargeurs à grande capacité. Cette prohibition a expiré en 2004 et, depuis, n'a jamais été remise en vigueur malgré de multiples tentatives.

De fait, le marché de ces fusils extrêmement dangereux se porte bien, les fabricants les présentant comme des objets de chasse, sport et loisir, ou encore comme la meilleure réponse au besoin d'autodéfense des Américains.

« Il n'existe pas de différence importante entre (ces fusils) et des armes militaires », souligne pourtant le Violence Policy Center.

Barack Obama a rencontré jeudi les familles des victimes de la fusillade d'Orlando. « Si nous n'agissons pas, nous verrons d'autres massacres comme celui-ci », a prévenu le président.

Mais les experts doutent d'un prochain revirement législatif sur les fusils d'assaut dans un pays qui compte davantage d'armes individuelles que d'habitants.

En effet, contrairement à une idée reçue à l'étranger, le « débat sur les armes » en Amérique se cantonne désormais à des questions périphériques relativement mineures, la majorité des élus ayant abandonné l'idée de mesures restreignant vraiment la prolifération.

Le camp démocrate a ainsi obtenu jeudi, au terme de 14 heures d'obstruction parlementaire, qu'une proposition de loi limitant l'accès aux armes pour les suspects de terrorisme soit examinée au Sénat lundi. Maigre victoire.

-Avec Sébastien Blanc de l'Agence France-Presse

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