Tueur d'Orlando: «Il avait des problèmes avec sa propre sexualité»

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Seddique Mateen, père du tireur d'Orlando, a déjà affirmé dans une vidéo que les homosexuels méritaient d'être punis par Dieu. Lundi soir, il a nié que son fils était gai.

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(Orlando) Jusqu'à sa rencontre avec Eddie Sotomayor, il y a un peu plus de 10 ans, Eddie Mehnert cachait son homosexualité, craignant d'être rejeté par sa famille conservatrice.

Hier matin, sous un soleil de plomb, il a ajouté une touche personnelle au mémorial improvisé en hommage aux 49 morts de l'attentat contre le Pulse: une pancarte ornée du prénom qu'il partageait avec l'un de ses premiers amis gais.

«Il m'a aidé à être authentique et à m'aimer», a raconté M. Mehnert en retenant une larme devant un mémorial qui ne cesse de prendre de l'ampleur au centre-ville d'Orlando.

Or, au petit matin dimanche, un funeste hasard a voulu qu'Eddie Sotomayor, responsable de la plus importante agence de voyages gaie en Floride, tombe sous les balles d'un terroriste qui aurait lui-même vécu en cachant son homosexualité. Et qui aurait lui-même fréquenté la boîte de nuit gaie à plusieurs reprises au cours des trois dernières années.

Interrogé sur ces possibilités, Eddie Mehnert, 31 ans, a marqué une pause avant d'évoquer l'un des plus grands vilains de l'histoire.

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Edward Sotomayor, responsable de la plus importante agence de voyages gaie en Floride, est tombé sous les balles de Omar Mateen, qui aurait lui-même vécu en cachant son homosexualité.

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«Vous savez, Hitler était lui-même à moitié juif», a dit le spécialiste en marketing, qui vit aujourd'hui à Miami. «Je ne sais pas si le tueur était gai ou non, je ne sais pas s'il se haïssait lui-même ou non, mais je sais qu'il a attaqué la communauté gaie parce qu'il haïssait voir ces gens vivre ouvertement. Et c'était peut-être encore plus difficile pour lui de l'accepter puisqu'il ne pouvait pas le faire lui-même.»

Amis de victimes, clients du Pulse et autres personnes touchées par la tragédie d'Orlando ont réagi hier à l'homosexualité possible d'Omar Mateen avec un mélange de surprise, de regret et de fatalisme.

«Quand nous en avons entendu parler, nous nous sommes tous dit, mais bien sûr», a dit Yany Garcia, un avocat qui a perdu un ami proche au Pulse, où il était un client occasionnel. 

«Bien sûr, il avait des problèmes à gérer son identité en tant que personne gaie. Quelqu'un a dit qu'il se plaignait beaucoup de son père. Son père est probablement la personne clé pour comprendre pourquoi son fils a commis cette tuerie», affirme M. Garcia.

Ce père, Seddique Mateen, a déjà affirmé dans une vidéo que les homosexuels méritaient d'être punis par Dieu. Lundi soir, il a nié que son fils était gai. Ce faisant, il contredisait le témoignage d'un ancien élève de la promotion d'Omar Mateen à l'école de police de l'Indian River Community College, où il a étudié en 2006. Cet ancien élève a raconté au Palm Beach Post que Mateen était sorti avec lui dans des bars gais et qu'il lui avait fait des avances.

Le quotidien Orlando Sentinel a pour sa part fait état des témoignages d'au moins quatre personnes selon lesquels Mateen était un habitué du Pulse, où il aurait parfois attiré l'attention en devenant agressif après avoir abusé de l'alcool.

Un autre habitué de la boîte de nuit a confié au Los Angeles Times que Mateen avait échangé avec lui des messages en utilisant l'application de rencontres gaie Jack'd.

Père d'un garçon

Une chose est certaine: au moment de mourir, Omar Mateen était marié à Noor Zahi Salman, 27 ans, avec laquelle il avait eu un garçon. La veuve a été interrogée par le FBI, qui tente de déterminer si elle était au courant du projet meurtrier de son mari. Elle l'a notamment accompagné lors de l'achat des armes à feu utilisées dans l'attentat contre le Pulse. 

Selon une source policière qui s'est confiée à la chaîne américaine CNN, Noor Zahi Salman aurait dit aux enquêteurs du FBI que son mari était «interessé» à mener une attaque djihadiste, mais qu'elle ignorait la cible et le moment. Elle aurait par ailleurs tenté de dissuader Omar Mateen de passer à l'acte.

Ces détails ajoutent au mystère entourant le tueur du Pulse, dont l'adhésion à l'islam radical se serait produite par le biais d'internet. Mais ils n'excluent aucunement la possibilité que ce dernier ait été gai, selon Jacqueline Grubbs et Nicole Scaffidi, un couple qui fréquentait souvent la boîte de nuit sans toutefois n'y avoir jamais croisé Mateen.

«Il avait un problème avec sa propre sexualité, et il ne pouvait pas l'accepter. C'est tragique qu'il n'ait jamais pu obtenir de l'aide», a dit Mme Scaffidi, 24 ans.

«Je pense qu'il était un monstre en colère», a ajouté Mme Grubbs, 35 ans.

Après avoir déposé une gerbe de fleurs sur le mémorial improvisé pour les victimes du Pulse, Jazz Fuentes a avoué ne pas se soucier de l'orientation sexuelle d'Omar Mateen. Depuis dimanche, elle n'a pu se libérer de la crainte que les membres de la communauté LGBT d'Orlando soient la cible d'une nouvelle attaque.

«Nous avons beaucoup de peur», a-t-elle dit en se tenant au côté de Lauren Fuentes, la femme avec laquelle elle s'est récemment mariée. «Peut-être que quelqu'un d'autre commettra de nouveau un tel massacre. Peut-être que quelqu'un d'autre remarquera que nous sommes gaies et nous suivra jusqu'à la maison pour nous tuer. Le seul fait d'être ce que nous sommes nous rend vulnérables et suscite en nous la peur. C'est très triste», a ajouté la jeune femme en cherchant la main de sa partenaire.

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