San Bernardino: le département de la Justice veut forcer Apple à débloquer l'iPhone

Le bras de fer judiciaire autour du cryptage de données se durcit aux... (PHOTO EDUARDO MUNOZ, ARCHIVES REUTERS)

Agrandir

PHOTO EDUARDO MUNOZ, ARCHIVES REUTERS

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Rob Lever
Agence France-Presse
WASHINGTON

Le bras de fer judiciaire autour du cryptage de données se durcit aux États-Unis, avec un nouveau recours vendredi du ministère de la Justice pour forcer Apple à aider les enquêteurs à débloquer l'iPhone d'un auteur de l'attentat de San Bernardino.

Le recours vise à obtenir un ordre judiciaire forçant Apple à aider le FBI, toujours incapable d'accéder au contenu du téléphone de Sayed Farook plus de deux mois après cette fusillade qui avait fait 14 morts en Californie. Et s'efforce de démonter l'argumentaire sur les risques en terme de sécurité invoqués par le groupe informatique pour s'y opposer.

« La décision ne requiert pas, contrairement à ce qu'affirme la déclaration publique d'Apple, qu'Apple crée ou fournisse une porte dérobée sur tous les iPhone », indique le recours, déposé auprès d'une cour fédérale en Californie.

Cela « ne fournit pas à des "pirates et criminels" un accès aux iPhone; cela ne requiert pas qu'Apple "pirate (ses) propres utilisateurs" ou "décrypte" ses propres téléphones », poursuit le texte.

Cette nouvelle initiative vise à accélérer les efforts pour forcer Apple à collaborer. La juge californienne Sheri Pym a déjà décidé plus tôt cette semaine que le groupe devait fournir « une assistance technique raisonnable ».

Apple a plusieurs jours pour transmettre officiellement ses arguments à la justice, mais il a déjà dénoncé publiquement une requête « sans précédent », aux « implications allant bien au-delà de l'affaire judiciaire concernée », et s'est plaint que cela reviendrait à créer une porte dérobée pouvant affaiblir la sécurité de l'appareil et de ses clients.

« Inquiétudes marketing »

Le nouveau recours du ministère de la Justice indique que sur la base de ses déclarations publiques, Apple semble fonder sa défense sur « des inquiétudes marketing » et que personne n'a demandé à l'entreprise de fournir un logiciel qui pourrait être utilisé par des pirates informatiques.

Une audience sur la question est prévue le 22 mars, selon le recours.

« L'urgence de cette enquête requiert ce recours maintenant qu'Apple a montré clairement son intention de ne pas se conformer » à la première décision judiciaire, fait valoir le ministère. « Il pourrait y avoir des communications et des données essentielles (...) auxquelles nous n'avons pas eu accès jusqu'ici. »

Le recours de vendredi affirme qu'Apple a les capacités techniques d'aider le FBI. Ce dernier réclame la désactivation d'une fonctionnalité qui efface les données contenues sur l'iPhone après un trop grand nombre de tentatives infructueuses pour casser le mot de passe.

Apple n'a pas réagi dans l'immédiat vendredi, mais son patron Tim Cook avait estimé plus tôt cette semaine qu'il était trop risqué de fournir un logiciel permettant de le faire, car cela pourrait permettre à des personnes mal intentionnées de débloquer n'importe quel iPhone et créerait d'importantes inquiétudes en matière de protection de la vie privée.

« Le gouvernement nous réclame quelque chose que nous n'avons simplement pas et quelque chose que nous considérons trop dangereux à créer. Ils nous ont demandé de construire une porte dérobée sur l'iPhone », a indiqué le directeur général dans une lettre ouverte aux clients d'Apple. « Dans les mauvaises mains, ce logiciel - qui n'existe pas aujourd'hui - aurait le potentiel de débloquer n'importe quel iPhone que quelqu'un aurait en possession. »

L'affaire suscite la colère des défenseurs des libertés civiles, qui y voient le risque de déclencher une surveillance débridée aux États-Unis - déjà secoués ces dernières années par le scandale de l'espionnage de l'Agence américaine de renseignement NSA -, ou ailleurs. Mais d'autres accusent à l'inverse Apple d'entraver une enquête vitale en termes de sécurité.

L'homme d'affaires et candidat aux primaires républicaines pour la Maison-Blanche, Donald Trump, est entré dans le bras de fer vendredi, appelant au boycott de la marque jusqu'à ce qu'Apple aide la police.

De hauts responsables américains ont refusé de spéculer sur la manière dont la décision rendue cette semaine par la juge Sheri Pym pourrait être mise en oeuvre. En théorie, Apple pourrait être convaincu d'outrage à magistrat s'il refuse d'appliquer le jugement, et encourrait ainsi diverses pénalités.

La procédure judiciaire a de fortes chances de se prolonger et de réclamer l'examen d'une série de questions tant techniques que légales. Les deux parties vont probablement déclencher des procédures d'appel, et l'affaire pourrait même remonter jusqu'à la Cour suprême.

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

  • Apple refuse de décrypter un téléphone

    Mobilité

    Apple refuse de décrypter un téléphone

    Une juge américaine a exigé qu'Apple aide le FBI à accéder au contenu crypté du téléphone portable d'un des auteurs de l'attaque de San Bernardino,... »

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer