Rubio durcit le ton sur l'immigration

Marco Rubio, fils d'immigrés cubains, a en 2013... (Photo Chris Keane, Reuters)

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Marco Rubio, fils d'immigrés cubains, a en 2013 soutenu un ambitieux projet de régularisations, avant de changer lui-même d'avis face au tollé chez les conservateurs.

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Michael Mathes
Agence France-Presse
BEAUFORT

Jose Ruben Guerrero, ancien soldat des US Marines, voterait bien pour le républicain Marco Rubio à la présidentielle de novembre. Si seulement il avait le droit de vote.

Jose, né au Mexique, est arrivé aux États-Unis avec ses parents alors qu'il avait quelques mois. Ils sont restés malgré l'expiration de leur visa, enfreignant la loi.

Il s'est engagé dans l'armée, membre de 1997 à 2003 du corps d'élite des Marines, et est aujourd'hui résident permanent, détenteur d'une «carte verte». Mais il craint que son casier judiciaire, qu'il refuse de décrire, ne le disqualifie pour obtenir la citoyenneté américaine, et il n'a jamais osé faire la demande.

Le Mexicain se décrit comme un «immigré conservateur» et a interpellé le candidat Rubio mardi sur sa situation lors d'une séance de questions-réponses à Beaufort, en Caroline du Sud (sud-est), où la campagne des primaires se concentre cette semaine, avant le vote samedi.

«J'ai peur de faire une demande de naturalisation parce qu'il y a des anciens soldats qui ont été expulsés», a dit Jose au candidat, devant 600 autres personnes. «Que feriez-vous pour m'aider?»

La question, et la réponse de Marco Rubio, illustrent le malaise des républicains sur le sujet de l'immigration. Les candidats à la Maison-Blanche professent la plus grande fermeté contre les sans-papiers, à commencer par Donald Trump qui a promis d'expulser les plus de 11 millions installés dans le pays.

Marco Rubio, fils d'immigrés cubains, a en 2013 soutenu un ambitieux projet de régularisations, avant de changer lui-même d'avis face au tollé chez les conservateurs.

Le sénateur de Floride refuse aujourd'hui toute réforme tant que des mesures supplémentaires à la frontière et contre les travailleurs sans-papiers n'auront pas été mises en place.

«Je reconnais les contributions des immigrés à l'Amérique, notamment dans les forces armées», a répondu Marco Rubio. «Je reconnais l'aspect humain, c'est difficile».

«Mais nous sommes un pays souverain, et les pays souverains doivent être capables de contrôler qui entre ici, quand et comment ils viennent ici», a-t-il expliqué.

L'ancien soldat se décrit comme un «immigré conservateur». Il a ensuite dit à l'AFP qu'il se reconnaissait partiellement dans la vie de Marco Rubio, «son histoire, ses liens avec une communauté multiculturelle». Le candidat a grandi dans la communauté cubaine de Miami.

Mais Jose trouve «honteux d'avoir à craindre que mes erreurs me fassent risquer d'être expulsé», dit-il.

Quelles qu'elles soient, Marco Rubio l'a encouragé à déposer une demande de naturalisation.

«Certains des Américains les plus passionnés sont Américains par choix», a dit le candidat. «Ces gens savent que l'Amérique est spéciale parce qu'ils savent comment on vit ailleurs qu'en Amérique».

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