Obama déplore, impuissant, un «climat politique empoisonné»

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M. Obama est revenu sur l'un des thèmes centraux de sa campagne de 2008, largement repris cette année sur différents tons par les candidats de tous bords en lice pour lui succéder: changer la façon dont Washington fonctionne. Sur ce chapitre, l'échec est patent, le constat amer.

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Jérôme CARTILLIER
Agence France-Presse
WASHINGTON

Neuf ans après l'annonce de sa candidature à la Maison-Blanche, Barack Obama est retourné mercredi à Springfield, dans l'Illinois, d'où il a appelé à un sursaut face à un «climat politique empoisonné» qui détourne les Américains de la vie publique.

«Depuis que je suis arrivé au pouvoir, la tonalité du débat politique ne s'est pas améliorée, elle s'est même dégradée», a déploré le président américain devant les élus de cet État du Midwest où il a débuté.

M. Obama est revenu sur l'un des thèmes centraux de sa campagne de 2008, largement repris cette année sur différents tons par les candidats de tous bords en lice pour lui succéder: changer la façon dont Washington fonctionne. Sur ce chapitre, l'échec est patent, le constat amer.

«Il y a un fossé béant entre l'ampleur des défis auxquels nous sommes confrontés et la petitesse de notre politique», a regretté M. Obama, constatant que la rancoeur et la méfiance dominent le plus souvent dans les relations entre démocrates et républicains.

«Si j'écoutais les commentateurs conservateurs, je ne voterais pas pour moi non plus», a-t-il ironisé évoquant aussi les lignes de fracture très marquées au sein des médias, qui contribuent selon lui à assécher le débat.

La paralysie du Congrès, devenue légendaire, tourne souvent à la caricature, comme lors des tractations de fin d'année sur le financement des administrations fédérales.

Hasard du calendrier, cette semaine a donné lieu à une cruelle illustration de ces blocages et crispations. Pour la première fois depuis des décennies, la Chambre des représentants et le Sénat, dominés par les républicains, ont annoncé qu'ils ne prendraient même pas la peine d'examiner en commission les propositions budgétaires du président pour 2017, jugeant que c'était une perte de temps.

Évoquant les pistes possibles, Barack Obama a jugé indispensable de réduire l'«influence corrosive» de l'argent dans la vie politique américaine en faisant évoluer les règles pour éviter qu'«une poignée de familles ou d'intérêts cachés» ne contrôle le financement des élections.

«Vrai progressiste vs vrai républicain» 

Il a une nouvelle fois rappelé qu'il était en désaccord avec la décision de la Cour suprême connue sous le nom de «Citizen United»: le 21 janvier 2010, les cinq juges conservateurs de la Cour avaient jugé inconstitutionnel de limiter les dépenses politiques des entreprises, associations et syndicats, qu'ils considèrent comme relevant de leur liberté d'expression. Les quatre juges progressistes avaient voté contre.

L'organisation Rootstrikers, qui milite pour un meilleur encadrement du financement politique, a cependant regretté que, au-delà de la rhétorique, le président américain n'ait pris «aucune mesure concrète» sur ce thème depuis son arrivée au pouvoir en 2009.

Évoquant avec nostalgie les années où il était élu du Sénat de l'Illinois (1997-2004), le président américain a jugé que le débat y était plus productif: «Nous ne nous traitions pas d'idiots ou de fascistes».

Il a en particulier dénoncé les concours permanents consistant à déterminer qui mérite le titre de «vrai républicain» ou de «vrai progressiste».

Le sénateur Bernie Sanders, qui vient de remporter une victoire éclatante lors de la primaire du New Hampshire face à Hillary Clinton, prend régulièrement cette dernière à partie sur ce thème.

Les images du discours de candidature de Barack Obama en 2007 à Springfield rappellent un autre cycle électoral déjà lointain. Cette journée allait marquer le début d'une campagne et d'une élection qui allaient entrer dans l'histoire, propulsant le premier noir à la présidence des États-Unis.

À l'époque pourtant, le parcours s'annonçait périlleux. Avec pour tout bagage politique sur la scène nationale deux années au Sénat, le jeune avocat diplômé de Harvard était raillé pour son manque d'expérience. Convaincus que son idéalisme allait se heurter à la dureté de la campagne électorale, certains analystes évoquaient un phénomène médiatique de courte durée.

«C'est un type séduisant. Il est clair. J'ai été impressionné quand je l'ai rencontré en personne, mais il a encore un long chemin à faire avant d'être président», jugeait de son côté l'occupant de la Maison-Blanche, George W. Bush.

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