Obama interdit le placement à l'isolement des détenus mineurs

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Selon Barack Obama, quelque 100 000 détenus sont placés à l'isolement dans les prisons américaines, parmi lesquels nombre de mineurs et de personnes souffrant de troubles psychiatriques.

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Agence France-Presse
Washington

Le président des États-Unis Barack Obama, qui plaide de longue date pour une réforme du système carcéral américain, a annoncé l'interdiction du placement à l'isolement des détenus mineurs dans les prisons fédérales.

Dans un texte à paraître mardi dans le Washington Post, mais mis en ligne lundi sur le site du quotidien, le chef de l'État américain annonce aussi l'interdiction de l'isolement pour les infractions les moins importantes et ordonne l'extension des traitements pour les détenues souffrant de troubles psychiatriques.

Selon M. Obama, ces mesures concernent au total quelque 10 000 détenus dans les prisons fédérales et serviront, a-t-il espéré, «de modèle» pour les prisons gérées par les États.

Avec 2,2 millions de prisonniers à travers le pays, les États-Unis gardent derrière les barreaux plus d'hommes et de femmes que 35 pays européens réunis.

«Le placement à l'isolement est monté en puissance aux États-Unis à partir du début du XIXe siècle avec des justifications qui ont évolué au fil du temps», a souligné le président américain.

«Aujourd'hui, il est de plus en plus utilisé de manière excessive», a-t-il ajouté, évoquant des recherches selon lesquelles ce mode de détention peut avoir des conséquences psychologiques «dévastatrices».

«Comment pouvons-nous soumettre des prisonniers à un isolement qui n'est pas nécessaire, connaissant ses effets, et attendre d'eux qu'ils réintègrent nos communautés?», s'est interrogé M. Obama.

«Cela ne nous rend pas plus en sécurité et c'est un affront à notre humanité commune», a-t-il ajouté, citant l'exemple d'États, tels que le Colorado, qui ont réduit le recours à cette méthode et ont enregistré des résultats positifs avec notamment une baisse du nombre de cas de violence envers le personnel pénitentiaire.

«Les États-Unis sont un pays de deuxième chance, mais, trop souvent, l'expérience de l'isolement est un obstacle à cette deuxième chance», a-t-il martelé.

En juillet, M. Obama était devenu le premier président des États-Unis en exercice à visiter une prison fédérale.

En se rendant dans la maison d'arrêt d'El Reno, dans l'Oklahoma, il avait voulu mettre en lumière les failles d'un système carcéral parmi les plus coûteux et des prisons parmi les plus surpeuplées au monde.

Les incarcérations de masse aux États-Unis ont provoqué une explosion des coûts. Le budget des prisons représente 80 milliards de dollars chaque année, le tiers du budget du ministère de la Justice.

Noirs et Hispaniques sont surreprésentés: 60% des détenus viennent de ces communautés, qui ne constituent que 30% de la population américaine.

Selon M. Obama, quelque 100 000 détenus sont placés à l'isolement dans les prisons américains, parmi lesquels nombre de mineurs et de personnes souffrant de troubles psychiatriques.

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