Les sept travaux d'Obama

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Le président Obama salue de la main la foule venue l'accueillir alors que lui et sa famille arrivent à Honolulu pour les vacances de Noël, le 19 décembre.

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Jérôme CARTILLIER
Agence France-Presse
WASHINGTON

Le 20 janvier 2017, Barack Obama quittera la Maison-Blanche. Il lui reste un an avant que les historiens ne se chargent de décortiquer son bilan et de lui attribuer une place dans les livres.

La dernière année d'un président américain est souvent difficile, frustrante. Les yeux rivés sur le scrutin présidentiel, le pays prête moins d'attention au commandant en chef, les conseillers pensent à leur vie d'après et les élus du Congrès oublient l'art du compromis.

«Traditionnellement, le parti d'opposition est tout entier tourné vers l'élection à venir et est encore moins enclin à faire la moindre concession», souligne Julian Zelizer, professeur de sciences politiques à l'Université de Princeton.

Mais l'histoire politique américaine montre que ces 12 derniers mois ne sont pas toujours stériles.

«Je n'ai jamais été aussi optimiste sur l'année à venir», a lancé M. Obama avant de s'envoler pour ses vacances à Hawaï.

En cherchant des accords limités avec Capitol Hill, en agissant par décrets, ou en envoyant des signaux symboliques forts, voici les sept chantiers sur lesquels le 44e président des États-Unis peut espérer faire bouger les lignes avant de quitter le pouvoir.

Fermer Guantánamo

Depuis 2009, Barack Obama s'est cassé les dents sur ce dossier emblématique. Il espère toujours fermer cette prison controversée «que les terroristes utilisent pour recruter».

Il doit présenter début 2016 au Congrès une proposition détaillée pour transférer sur le sol américain les détenus encore sur place. Conscient que les chances d'un vote favorable sont minces, il brandit aussi la possibilité d'agir par décrets. Mais sa marge de manoeuvre juridique est incertaine et divise les experts.

Boucler l'accord de libre-échange Asie-Pacifique

Accouché dans la douleur après cinq années de négociations, ce vaste accord de libre-échange avec 11 pays du Pacifique fut l'une des grandes victoires de Barack Obama en 2015. Reste à franchir le dernier obstacle: le Congrès.

Le président s'est jusqu'ici appuyé sur ses adversaires républicains - traditionnellement plus favorables au libre-échange - pour avancer. Mais les récentes déclarations contradictoires de ses leaders et les calculs politiques à l'approche des élections pourraient compliquer la donne. La partie est loin d'être gagnée.

Laisser une trace sur l'immigration

Comme sur la réforme du système de santé ou sur le mariage gai, Barack Obama espère que les neuf juges de la Cour suprême lui donneront un coup de pouce pour faire avancer l'un de ses principaux chantiers: la réforme du système d'immigration.

Face à la paralysie du Congrès, il a décidé il y a un an d'agir par décrets sans attendre le vote d'une hypothétique loi pour offrir à quelque cinq millions d'immigrants en situation irrégulière une perspective de régularisation. La justice a été saisie. Il appartient désormais à la Cour suprême de trancher.

Encadrer les armes à feu

«Nous avons cette étrange habitude de couverture médiatique ininterrompue pendant deux ou trois jours puis soudain, nous passons à autre chose. (En 2016) je ferai tout ce que je peux pour que ce sujet fasse l'objet d'une attention soutenue», a-t-il déclaré récemment.

Ses équipes travaillent sur des décrets qui devraient être annoncés en début d'année. Persuadé que la majorité des Américains est favorable à des mesures de «bon sens», M. Obama veut aussi faire du sujet un enjeu électoral.

Marquer des points en Syrie

Soucieux de contrecarrer le sentiment - largement répandu aux États-Unis et ailleurs - qu'il n'a pas fait assez sur ce dossier, Barack Obama espère enregistrer des avancées militaires, mais aussi diplomatiques.

Grande première, les 15 membres du Conseil de sécurité, y compris la Russie, ont adopté une feuille de route pour une solution politique. Mais le plus dur reste à faire.

Dans un article intitulé Les voeux pieux d'Obama et Kerry sur la Syrie, Frederic Hof, de l'Atlantic Council, juge que l'approche américaine, si elle n'évolue pas, est condamnée à l'échec. Et dénonce les limites d'une stratégie qui se résume à «espérer» que le régime Assad, la Russie et l'Iran «voient enfin la vérité, reconnaissent leurs erreurs et s'engagent à ne plus jamais fauter».

Aller à Cuba

Un voyage à Cuba, chargé en symboles, marquerait le point culminant d'un rapprochement avec La Havane annoncé, il y a un an, à la surprise générale et très largement approuvé, à Cuba, aux États-Unis, mais aussi à travers le monde.

Barack Obama a clairement indiqué qu'il souhaitait se rendre sur l'île, mais conditionne ce voyage à des avancées sur les libertés individuelles et les droits de l'homme.

Contribuer à l'élection d'un démocrate

Barack Obama sait mieux que personne que si un républicain lui succède à la Maison-Blanche, il tentera de détricoter tout ou partie de son bilan, de la réforme du système de santé à la lutte contre le changement climatique en passant par l'accord sur le programme nucléaire iranien.

Resté volontairement en retrait jusqu'ici - à l'exception d'une dénonciation sans équivoque de Donald Trump -, il devrait changer de registre l'an prochain.

«Je pense que j'aurai un successeur démocrate et ferai campagne avec acharnement pour que cela arrive», a-t-il promis.

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