Marco Rubio, grand gagnant du troisième débat républicain

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Marco Rubio (à droite) répond à son ancien mentor Jeb Bush, lors du troisième débat qui se déroulait le 28 octobre à l'Université du Colorado, à Boulder (Colorado).

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Ivan Couronne
Agence France-Presse
WASHINGTON

Après des mois de labeur, le sénateur républicain de Floride Marco Rubio, 44 ans, a enfin percé dans la course des primaires de son parti en vue de la présidentielle de 2016, après une prestation percutante à un débat mercredi.

Enfant, le jeune Marco Rubio disait à son grand-père exilé cubain qu'un jour il renverserait Fidel Castro et deviendrait président de Cuba. Aujourd'hui, c'est de la Maison-Blanche qu'il se rapproche.

Il s'est hissé à la troisième place des sondages républicains depuis deux semaines, doublant celui qui fut son mentor en politique en Floride: Jeb Bush, fils et frère d'anciens présidents, sonné par une impeccable contre-attaque de Marco Rubio lors de l'échange qui marqua la soirée.

«Je continuerai à éprouver un grand respect et une grande admiration pour M. Bush», a déclaré Marco Rubio d'un ton chevaleresque. «Mais je ne suis pas candidat contre M. Bush... je suis candidat, car il est impossible qu'on élise Hillary Clinton pour poursuivre la politique de Barack Obama».

Pour les commentateurs, Marco Rubio gagna le débat, beaucoup déclarant la campagne de Jeb Bush en voie d'extinction.

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S'il continuait sur sa trajectoire montante, il pourrait ainsi récupérer le soutien de l'establishment du parti face aux deux «outsiders» qui défient les pronostics et dominent les sondages: le milliardaire Donald Trump et le docteur à la retraite Ben Carson.

Les deux hommes aux personnalités diamétralement opposées sont restés fidèles à eux-mêmes au débat de mercredi, extravagant pour le premier, effacé pour le second, ce qui n'a en rien enrayé leur succès jusqu'à présent.

Marco Rubio est né à Miami en 1971, de parents cubains arrivés 15 ans auparavant pour fuir la pauvreté. Après l'arrivée au pouvoir de Fidel Castro en 1959, sa famille décide de ne plus revenir sur l'île, que Marco Rubio n'a jamais connue.

Une histoire familiale qu'il cite invariablement, discours après discours, persuadé d'incarner le «rêve américain» de générations d'exilés venus chercher une vie meilleure en Amérique.

«Je suis le fils d'immigrés, exilés d'un pays en proie aux troubles. Ils m'ont donné tout ce qu'ils pouvaient me donner. Et je suis la preuve que leurs vies ont compté, et que leur existence avait un but», écrit-il dans son autobiographie, Un fils américain, publiée en 2012.



Anti-Castro

Fils d'un barman et d'une femme de chambre, Marco Rubio a grandi dans la communauté cubaine de Miami, avec un passage de cinq ans à Las Vegas où la famille se convertit temporairement au mormonisme, avant de revenir au catholicisme.

Très influencé par son grand-père cubain, il se passionne pour la politique. Il est un partisan de Ted Kennedy avant son coup de foudre pour Ronald Reagan.

Les Américains le découvrent en 2010 lors de son élection fracassante au Sénat contre le favori de l'establishment républicain, sur la vague du Tea Party. Mais il est de ceux dont on disait, jeunes, qu'ils deviendraient un jour président - le premier président hispanique.

Deux ans seulement après son diplôme d'avocat, il est élu en 1998 au conseil municipal de West Miami. Un an plus tard, à la Chambre des représentants de Floride, qu'il préside de 2006 à 2008, alors que Jeb Bush est gouverneur de l'État.

Il a tout pour plaire: beau garçon, spirituel, un sourire angélique, orateur naturel malgré un débit de mitraillette. Il casse le cliché du conservateur traditionnel: il va à la messe avec sa femme Jeanette et ses quatre enfants, mais écoute depuis son adolescence le rappeur Grandmaster Flash. Il est bilingue anglais-espagnol, un atout pour le parti républicain, délaissé par les électeurs hispaniques.

À son arrivée à Washington, les conservateurs traumatisés par l'élection de Barack Obama croient avoir trouvé leur sauveur.

Mais sa cote dégringole en 2013, quand il pousse une réforme ambitieuse, mais ratée des lois sur l'immigration incluant des régularisations massives de sans-papiers.

Le sénateur tente depuis de remonter la pente et a retourné sa veste sur l'immigration. Il s'entoure, multiplie les propositions de loi, ostensiblement pour prouver qu'au-delà de ses talents de communication, il peut incarner un renouveau idéologique tout en défendant les valeurs traditionnelles.

Il s'investit dans les affaires étrangères.

Plus interventionniste qu'isolationniste, il milite pour une présence forte des États-Unis dans le monde. Et, fervent anticastriste, il mène la résistance contre le rapprochement engagé par Barack Obama avec l'île de ses ancêtres.

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