La lutte antidrogue remplit les prisons fédérales

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Agence France-Presse
Washington

Plus de la moitié des détenus des prisons fédérales américaines ont été condamnés pour trafic de drogue, selon une étude publiée mardi qui confirme que les plus lourdes peines sont données aux dealers de crack, des Noirs en grande majorité.

De 1998 à 2012, la population des prisons fédérales a augmenté de 84%, une hausse principalement alimentée par la répression du trafic de stupéfiants, précise cette étude réalisée par le Bureau des statistiques de la justice sur un échantillon de 94.678 détenus durant l'année 2012.

Plus de la moitié (54%) des prisonniers condamnés dans une affaire de drogue l'ont été pour de la cocaïne --sous forme de crack (28%) ou de poudre (25%)--, les méthamphétamines, le cannabis et l'héroïne représentant respectivement 23%, 12% et 6% de la totalité.

L'étude confirme des divisions marquées selon l'origine ethnique des détenus: les Noirs représentent 88% des prisonniers condamnés pour du crack, les Hispaniques 54% de ceux incarcérés pour trafic de cocaïne, tandis que les Blancs forment 48% de ceux impliqués dans une affaire de méthamphétamines.

La durée moyenne de la peine de réclusion reçue par ces trafiquants est de 11 ans, mais ceux condamnés dans une affaire de crack écopent de sentences plus longues --170 mois en moyenne, soit plus de 14 ans-- et ont tendance à avoir un casier judiciaire plus chargé.

Plus d'un tiers des prisonniers condamnés dans une affaire de drogue n'avaient toutefois aucun passé judiciaire, ou des antécédents considérés comme minimes.

Cette étude officielle est rendue publique alors que l'Amérique remet de plus en plus en question son système judiciaire, qui donne la priorité à l'incarcération des petits délinquants avec des lourdes peines plancher.

La semaine dernière, 130 responsables policiers, shérifs et procureurs ont critiqué les longues incarcérations systématiques, trouvant une oreille attentive à la Maison Blanche: Barack Obama s'est dit ouvert à une réforme en jugeant que la prison n'était qu'un «outil parmi d'autres».

Signe que le vent tourne sur la question, les États-Unis vont libérer de façon anticipée à partir de la fin de la semaine plusieurs milliers de détenus considérés comme présentant un faible risque de récidive.

Cette mesure vise typiquement les petits délinquants condamnés dans des affaires mineures de drogue. Certains sont écroués depuis plus de 20 ans.

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