Barack Obama rencontre Raúl Castro à New York

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Tout sourire, le président cubain (à gauche) et son homologue américain ont rencontré les médias avant leur entretien au siège des Nations unies.

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Jérôme CARTILLIER
Agence France-Presse
NATIONS UNIES, New York

C'est la première rencontre à ce niveau sur le sol américain depuis la révolution cubaine : Barack Obama et Raul Castro se sont retrouvés mardi à New York, neuf mois après avoir entamé un rapprochement historique.

Tout sourire, les deux présidents ont échangé une poignée de main chaleureuse au début de leur entretien en marge de l'Assemblée générale des Nations unies. L'image était forte. Et le contraste saisissant avec celle de l'échange - crispé et glacial - la veille entre M. Obama et son homologue russe Vladimir Poutine.

Cette rencontre présidentielle, dans une atmosphère « respectueuse et constructive » selon la délégation cubaine, est la deuxième après celle d'avril à Panama, qui a marqué une rupture après un demi-siècle de tensions héritées de la guerre froide.

Les deux pays, séparés seulement par les 150 km du détroit de Floride, ont rétabli leurs relations diplomatiques en juillet.

À la tribune de l'ONU, le président cubain, âgé de 84 ans, a réclamé la levée de l'embargo économique américain qui frappe son pays depuis plus de 50 ans, faisant notamment valoir qu'il nuisait aussi « aux intérêts des citoyens et des entreprises américains ».

Mais face à l'opposition du Congrès, dominé par les républicains, à toute levée de l'embargo, La Havane appelle M. Obama à accélérer l'assouplissement des restrictions et à vider, de facto, la loi d'une grande partie de sa substance.

« Les décisions prises à ce jour par le président américain sont de portée très limitée », a jugé le ministre cubain des Affaires étrangères Bruno Rodriguez, à l'issue de la rencontre entre les deux dirigeants, jugeant que M. Obama avait le pouvoir de « modifier de nombreux éléments dans l'application de l'embargo ».

L'une des mesures très attendues par Cuba serait l'autorisation pour tous les Américains de voyager à Cuba. « J'espère que les citoyens des États-Unis pourront bientôt profiter de cette liberté », a déclaré le chef de la diplomatie cubaine.

Mi-septembre, le Trésor américain a supprimé les limites imposées sur le montant des transferts de fonds de la diaspora cubaine vers leur île.

« Accueil très chaleureux »

Après la rencontre, la Maison-Blanche a souligné son attachement à la poursuite des réformes à Cuba et insisté sur l'attention particulière qu'elle portait au respect des droits de la personne sur l'île.

MM. Obama et Castro ont notamment évoqué la récente visite du pape François, qui a contribué au rapprochement entre les deux pays.

À la tribune de l'ONU, M. Castro a rappelé que, chaque année, les 193 membres de l'Assemblée réclament à une écrasante majorité la levée de l'embargo par une résolution non contraignante.

Immanquablement, Washington vote contre. Mais selon des médias américains, la diplomatie américaine pourrait cette année changer son fusil d'épaule et, dans une décision chargée en symboles, choisir de s'abstenir.

L'exécutif américain affirme que sa position n'est pas encore arrêtée, mais les opposants au rapprochement avec Cuba s'inquiètent.

Dans une lettre adressée mardi à M. Obama, le sénateur de Floride Marco Rubio, candidat républicain à la Maison-Blanche, s'est insurgé contre une telle éventualité.

« Au cours des neuf derniers mois, votre administration a fait de nombreuses concessions à la dictature cubaine sans aucune contrepartie », écrit-il. « Quelles que soient vos convictions, l'embargo contre Cuba est inscrit dans la loi américaine », ajoute-t-il.

Reconnaissant que tout ne changerait pas « en une nuit » à Cuba, M. Obama a réaffirmé à la tribune de l'ONU sa conviction que « l'ouverture, et non la coercition », favoriserait les réformes.

La délégation cubaine a semble-t-il apprécié les signes d'ouverture comme son séjour new-yorkais.

« Le président a reçu un accueil très chaleureux », a indiqué le chef de la diplomatie cubaine, évoquant les rencontres avec le gouverneur de New York Andrew Cuomo, le maire de la ville Bill de Blasio ou encore l'ancien président Bill Clinton, tous les trois démocrates.

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