Le pape François arrive pour la première fois aux États-Unis

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Au pays des voitures spacieuses et très polluantes, le souverain pontife est monté dans une Fiat 500, une toute petite voiture emblématique de l'Italie, pour se rendre à la nonciature, équivalent de l'ambassade du Vatican, où il passera la nuit.

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Jean-Louis DE LA VAISSIERE, Anne RENAUT
Agence France-Presse
Washington

Le pape François a foulé pour la première fois le sol américain mardi, entamant une visite historique de six jours, qui risque de bousculer nombre d'Américains dans leurs convictions sur la pauvreté au pays du capitalisme, le climat et l'immigration.

Venu de Cuba, le pape est arrivé peu avant 16h00 sur la base aérienne d'Andrews accueilli à sa descente d'avion par toute la famille Obama.

Enlevant sa calotte à cause du vent, tout sourire, Jorge Mario Bergoglio, âgé de 78 ans et élu pape en mars 2013, a posé le pied aux États-Unis pour la première fois de sa vie.

«Welcome to the USA», «Francisco», a scandé la foule réunie près de l'avion.

Il a salué le président américain Barack Obama, sa femme Michelle, toute de bleu pastel vêtue, et leurs deux filles, Malia et Sacha, ainsi que les membres de la famille du vice-président catholique, Joe Biden.

Barack Obama, un protestant, ne cache pas son admiration pour ce pape «des pauvres» qui «l'impressionne».

Après un voyage de quatre jours à Cuba placé sous le signe de la réconciliation, sa visite aux États-Unis s'annonce plus ardue, car il éveille l'approbation d'une majorité d'Américains mais les réserves de certains.

Les médias américains, représentés en masse dans l'avion papal, accordent une grande importance au voyage d'un pape argentin plébiscité par deux tiers des Américains.

Mais son radicalisme social lui vaut aussi de très vives inimitiés chez les conservateurs et les milieux économiques libéraux, de Wall Street au Tea Party jusque dans les rangs des républicains.

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Le pape a rencontré Barack Obama et sa famille à sa sortie de l'avion, mardi après-midi. 

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Le fait qu'il vienne de Cuba, où il a évité de critiquer le président Raul Castro, ne fait qu'irriter un peu plus ceux qui jugent que ce pape est un marxiste déguisé ou un traître à la foi catholique, qui serait trop souple sur la doctrine.

Petite Fiat au pays de la grosse voiture 

Outre sa rencontre avec M. Obama à la Maison-Blanche mercredi, François est particulièrement attendu jeudi devant le Congrès, puis vendredi à la tribune des Nations unies à New York, sur des thèmes hautement explosifs.

Dans l'avion qui l'a amené à Washington, le pape a promis de ne «pas mentionner» devant les élus du Congrès la sensible question de la levée de l'embargo économique des États-Unis contre l'île communiste de Cuba. «Le désir du Saint-Siège est qu'il y ait un accord satisfaisant pour les deux parties», a-t-il expliqué.

Cette mesure est réclamée par le Vatican mais la plupart des élus républicains s'y opposent.

Parmi les sujets qu'il va évoquer figurent la protection et l'accueil des immigrés; la défense de l'environnement, avec un plaidoyer ferme pour une révolution énergétique radicale et la décroissance; la critique des dictatures de la technologie et de la finance; la dénonciation des responsabilités des vendeurs d'armes et des grandes puissances dans «la Troisième guerre mondiale par morceaux» qu'il dénonce sans cesse.

Au pays des voitures spacieuses et très polluantes, le souverain pontife est monté dans une Fiat 500, une toute petite voiture emblématique de l'Italie, pour se rendre à la nonciature, équivalent de l'ambassade du Vatican, où il passera la nuit.

Le pape jésuite, connu pour son habileté et sa détermination, a préparé soigneusement pendant l'été les 18 discours et homélies qu'il prononcera à Washington, New York et Philadelphie.

Et, s'il n'est pas anti-américain selon la plupart des experts, il est critique d'un certain dévoiement de l'idéal américain de liberté par les ultralibéraux.

A deux jours de sa venue devant les élus, le Congrès était déjà agité mardi par le vote des sénateurs d'une mesure anti-avortement tandis que des travailleurs pauvres réclamaient des hausses de salaires, tous affirmant s'inspirer des paroles du pape.

Sa visite aura lieu sous très haute sécurité, la police américaine voulant parer tout risque d'attentat contre un pape qui tient à se déplacer en voiture ouverte pour être en contact avec les fidèles.

Plusieurs rencontres avec les défavorisés, immigrés, sans logis, détenus, sont au programme.

Il doit aussi présider à New York une cérémonie oecuménique sur le site du World Trade Center, contre le terrorisme et pour le respect entre religions.

Une autre cérémonie à Philadelphie avec la communauté hispanique exaltera les valeurs fondatrices de l'Amérique comme la liberté religieuse.

A Philadelphie, il doit présider samedi et dimanche la fin d'une rencontre mondiale des familles catholiques, en présence d'un million et demi de personnes. Là aussi, sous très haute sécurité.

Le souverain pontife a quitté mardi une île cubaine en plein rapprochement avec les États-Unis, grâce au rôle de facilitateur du Vatican et du pape argentin.

A Santiago de Cuba, grand port de l'est de l'île et berceau de la révolution castriste, il a exalté une autre «révolution» qui apporte «la réconciliation», basée sur la foi chrétienne qui a aidé des générations à résister aux «douleurs», aux «pénuries» et au «désespoir».

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