Ben Carson, l'autre surprise des primaires républicaines

Ben Carson et Donald Trump durant le second... (PHOTO FREDERIC J. BROWN, ARCHIVES AFP)

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Ben Carson et Donald Trump durant le second débat des prétendants républicains à la Maison-Blanche, à Simi Valley, en Californie, le 16 septembre.

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Ivan Couronne
Agence France-Presse
WASHINGTON

À 14 ans, Ben Carson a tenté de poignarder un garçon. Si la lame du couteau ne s'était brisée sur la boucle de ceinture de sa cible, le républicain serait probablement en prison, au lieu d'être candidat à la Maison-Blanche.

L'histoire laisse le public sans voix quand Ben Carson la raconte, régulièrement dans des rassemblements conservateurs. Elle sert au brillant chirurgien à la retraite à expliquer comment la foi a permis à un adolescent à la dérive de s'évader de la misère, et de trouver en soi la force de réaliser son rêve: devenir médecin.

«C'est la dernière fois que j'ai eu une crise de colère», dit ce protestant en juin à Washington.

Benjamin Carson, qui aura 64 ans vendredi, est la deuxième surprise des primaires républicaines, pour la présidentielle de 2016. Il est le seul Afro-Américain de la course, et comme le milliardaire Donald Trump, en tête des sondages, il ne s'était jamais présenté devant les électeurs.

Il était cette semaine le deuxième dans les sondages parmi les républicains, devant 14 autres candidats. Mais c'est peut-être le plus discret de tous, notamment lors d'un débat télévisé mercredi, un format où il peine à briller.

Son histoire personnelle est une déclinaison idéale du rêve américain. Il a grandi dans des quartiers sinistrés de Detroit et Boston, élevé par une mère analphabète, mariée à 13 ans, qui a viré son mari bigame de la maison. Le jeune Ben était mauvais élève, incontrôlable, un sale caractère. Le déclic s'est selon lui produit quand sa mère l'a forcé avec son frère à lire deux livres par semaine.

Les notes s'améliorent, Ben Carson devient élève modèle, est accepté comme boursier à l'Université Yale, avant de faire médecine à l'Université du Michigan et de rejoindre le grand hôpital Johns Hopkins de Baltimore, dont il dirige rapidement le service de neurochirurgie pédiatrique. Il devient l'un des huit neurochirurgiens noirs dans le monde entier, raconte-t-il dans un livre en 2007.

L'opération qui le rend célèbre date de 1987 quand il sépare, assisté d'une équipe médicale de 70 personnes, deux frères siamois allemands âgés de sept mois attachés à la tête, une intervention de 22 heures, et une première mondiales, car les deux bébés ont survécu.

George W. Bush lui accorde en 2008 la plus haute récompense civile américaine, la Presidential Medal of Freedom. Sa carrière médicale fait aussi l'objet d'un film en 2009, Des Mains en or (Gifted Hands), avec Cuba Gooding Jr. dans le rôle du médecin.

Contre le «politiquement correct»

Ben Carson a déjà écrit quatre livres, d'ordre spirituel ou de motivation personnelle, quand il prend sa retraite en 2013 pour se lancer sur le circuit conservateur.

Il devient un orateur recherché. Sur scène, il arbore un fin sourire, son débit est doux, ponctué d'anecdotes, plaisanteries, et extraits de la Bible.

Toujours, il promeut la compassion et en revient à la responsabilité individuelle - une valeur qui l'amène à dénoncer l'État-Providence, qui maintient selon lui à dessein les gens dans la pauvreté.

«Si nous maintenons continuellement les gens dans une position de dépendance, ils vont oublier ce que c'est que d'avoir envie de réussir», dit-il en 2013 à une conférence de conservateurs à Washington.

Malgré ses manières d'église, le docteur Ben Carson cultive le «politiquement incorrect» et scandalise beaucoup à gauche par des déclarations jugées radicales, notamment sur l'homosexualité. Dans le même discours de 2013, il dit vouloir «rééduquer les femmes» sur l'avortement. C'est là aussi qu'il prononce une phrase qu'on lui reproche encore, à propos de la réforme du système de santé de Barack Obama: «Obamacare est vraiment, je pense, la pire chose qui soit arrivée à ce pays depuis l'esclavage. Et c'est, d'une certaine façon, de l'esclavage, car cela nous asservit tous à l'État», dit-il, acclamé.

Son explosion récente dans les sondages des primaires républicaines est tirée par son succès auprès de la base évangélique, où il devance le pas-très-pieux Donald Trump, selon un récent sondage dans l'Iowa.

Mais comme Donald Trump, il profite du climat anti-establishment. Cet été dans l'Iowa, il lançait ainsi à un groupe de conservateurs: «Je ne suis pas un politicien. Ils veulent juste se faire réélire, alors que moi, je veux sauver notre pays».

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