Les courriels d'Hillary Clinton continuent de plomber sa candidature

Le nombre de personnes ayant une mauvaise impression... (PHOTO JIM MOORE, ACRHIVES AP)

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Le nombre de personnes ayant une mauvaise impression d'Hillary Clinton ne cesse d'augmenter. Selon une enquête du Washington Post/ABC News mercredi, jamais il n'avait été aussi élevé depuis avril 2008... quand la démocrate était candidate aux primaires contre Barack Obama, et sur le point de perdre.

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Michael Mathes
Agence France-Presse
WASHINGTON

Dur début de campagne pour Hillary Clinton. Elle reste le meilleur espoir démocrate pour la Maison-Blanche en 2016, mais son image ne cesse de se dégrader à cause de l'affaire de ses courriels, dernier épisode du vieux et sulfureux feuilleton Clinton.

Le problème prend la forme d'une ligne dans les sondages : le nombre de personnes ayant une mauvaise impression d'Hillary Clinton ne cesse d'augmenter. Selon une enquête du Washington Post/ABC News mercredi, jamais il n'avait été aussi élevé depuis avril 2008... quand la démocrate était candidate aux primaires contre Barack Obama, et sur le point de perdre.

Chaque mois, et dernièrement lundi, le département d'État met à disposition du public sur l'internet des milliers de courriers électroniques envoyés et reçus par Hillary Clinton lorsqu'elle était secrétaire d'État, entre 2009 et 2013. Ces messages sont au coeur d'une polémique, car Hillary Clinton utilisait exclusivement un système de messagerie privé, installé par ses propres soins, au lieu du courriel gouvernemental, soulevant des questions sur la sécurité des communications diplomatiques.

La candidate démocrate a donné au département d'État l'an dernier plus de 30 000 messages, dans un but d'archivage et, dit-elle, de transparence : elle a répété qu'aucun message n'incluait d'informations classifiées, et reproché à ses ennemis d'inventer de toute pièce un scandale.

Mais le FBI et le département d'État ont lancé des enquêtes, et sur les 4000 messages publiés par l'administration lundi, environ 150 ont été rétroactivement classifiés en raison de contenus sensibles pour la sécurité nationale.

Les républicains dénoncent un comportement condamnable sinon pénalement, au moins moralement, et insinuent que les Clinton se sont toujours crus au-dessus des lois, en rappelant les vieilles affaires qui collent à la peau du couple : Whitewater, Monica Lewinsky, Benghazi...

«C'est très accablant», a encore dit Jeb Bush, candidat aux primaires républicaines, sur Fox News mardi. «Elle a un gros problème, c'est sûr».

La bonne image de femme d'État gagnée pendant les quatre ans où elle dirigeait la diplomatie s'est évaporée, profitant à des rivaux sur lesquels personne n'aurait encore parié un sou il y a plusieurs mois : le sénateur Bernie Sanders, candidat déclaré et agressif aux primaires, et le vice-président Joe Biden, qui entretient le suspense sur une éventuelle candidature.

Cette baisse de popularité est-elle le corollaire obligé de toute candidature présidentielle, ou est-elle le signal d'un danger plus grand?

«Les dernières révélations sont potentiellement très, très néfastes, même s'il est encore trop tôt pour en être certain», dit Nathan Sales, professeur de droit à l'Université de Syracuse, et ancien du département de la Justice dans les années post-11- Septembre.

«Candidate blessée»

Le professeur Sales rappelle que l'inspecteur général de la communauté du renseignement a dit au Congrès que certains des messages auraient dû être marqués «top secret» ou «TK» («Talent Keyhole») - une classification supérieure qui concerne principalement des images satellites et des interceptions de communication. Des informations «tellement sensibles, et de façon si évidente, que n'importe qui d'habilité sait qu'il ne faut pas les envoyer», dit-il.

Des collaborateurs du département d'État pourraient selon lui être inculpés. «La question à un million de dollars est de savoir si Clinton elle-même peut être poursuivie pénalement», dit Nathan Sales.

Pour sa défense, Hillary Clinton répète qu'aucun message n'était classifié à l'époque - ces messages étaient échangés sur un réseau gouvernemental dédié.

Mais le Washington Post a rapporté qu'elle avait elle-même écrit au moins six messages désormais classifiés.

«Ses problèmes ne sont pas seulement juridiques. Les gens la perçoivent de plus en plus comme quelqu'un d'indigne de confiance», dit Merle Black, professeur de sciences politiques à l'Université Emory, pour qui toute l'affaire est «très nixonienne».

Les électeurs démocrates lui accordent toujours largement leurs faveurs, mais Hillary Clinton a beaucoup perdu chez les indépendants, l'électorat du centre qui sera indispensable à une victoire en novembre 2016.

«Elle est désormais une candidate blessée», dit Black Merle.

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