Le cannabis synthétique tue de plus en plus aux É.-U.

Un homme se prépare à fumer du cannabis synthétique... (PHOTO SPENCER PLATT, ARCHIVES AFP/GETTY IMAGES)

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Un homme se prépare à fumer du cannabis synthétique dans une rue de East Harlem, à New York, le 5 août.

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Robert MACPHERSON
Agence France-Presse
WASHINGTON

Il porte des noms exotiques - K2, Spice, Bizarro ou Stoopid - et se vend en petits paquets d'aspect inoffensif, mais le cannabis synthétique et son «effet zombie» alarment les autorités sanitaires aux États-Unis.

Le produit de base vient très majoritairement de Chine et les ingrédients qui le composent peuvent être variés et dosés à l'infini pour avoir toujours un coup d'avance sur la loi et la règlementation.

«On le voit partout dans le pays», a affirmé Chuck Rosenberg, le patron par intérim de la DEA, l'agence fédérale chargée de la lutte contre le trafic de drogue, à la radio publique.

«Les dosages varient. Les produits chimiques varient. Vous et moi pourrions acheter et utiliser le même paquet et avoir des réactions très différentes au produit», a-t-il expliqué.

Depuis le début de l'année, les centres antipoison à travers tout le pays ont reçu 5200 appels pour des incidents liés au cannabis synthétique. La hausse est spectaculaire. En 2014, le nombre d'appels était de 3680 et seulement de 2668 un an plus tôt, selon les statistiques de l'Association nationale des centres antipoison.

«Le cannabis synthétique peut causer une anxiété extrême, de la paranoïa, des crises d'angoisse, des dissociations, un épisode psychotique et des hallucinations «, met en garde le site internet k2zombiedc.com, qui est géré par la ville de Washington, et à destination des jeunes.

«Ces comportements ont été surnommés ''l'effet zombie''», souligne le site.

Addictif et mortel

Le cannabis synthétique peut ressembler à première vue à de la marijuana naturelle, mais il est parfois addictif et mortel en raison de la forte concentration de produits destinés à imiter le tetrahydrocannabinol (THC), le principe actif qui fait planer.

L'effet de ces produits chimiques sur les récepteurs cérébraux peut être «100 fois plus puissants que le THC», explique à l'AFP Marilyn Huestis, qui est chercheuse à l'Institut National américain sur l'abus des drogues.

Parce que la règlementation n'arrive pas à suivre, le produit peut-être trouvé tout à fait légalement sur des présentoirs dans de petites épiceries de quartier, des stations-essence mais surtout sur l'internet.

Un petit coup de moteur de recherche et une carte de crédit suffisent.

«J'adore», écrit un client sur l'un des sites qui vend du Bizarro. «Je le note 9/10. C'est un produit très puissant et la livraison est vraiment rapide».

Selon un sondage réalisé en 2012 par l'Université du Michigan, le cannabis synthétique était la deuxième drogue la plus consommée par les jeunes de dernière année, juste après le cannabis naturel.

«C'est un problème monstrueux», a déclaré Mme Huestis.

«Tout le monde pense qu'il s'agit d'une seule drogue, comme il n'y a qu'une cocaïne ou qu'une métamphétamine», souligne Mark Ryan, directeur du centre antipoison de Louisiane.

«Nous savons qu'il y a plus de 300 types de drogue différents qui sont en circulation au moment ou je vous parle», explique-t-il, dans une interview téléphonique.

Difficile à identifier 

Qui plus, il est quasiment impossible d'identifier les produits chimiques avec les tests standards à disposition des forces de l'ordre.

«Nous avons procédé à 65 arrestations ces deux derniers mois d'acheteur et de vendeurs de ce produit», a expliqué la chef de la police de Washington DC, Cathy Lanier, lors d'une réunion publique cette semaine. «Et nous ne pouvons pas les poursuivre», a-t-elle souligné.

Washington est l'une des villes les plus touchées par le phénomène.

Début août, des policiers ont fait feu et blessé une jeune femme de 22 ans, qui sous l'emprise de cannabis synthétique, brandissait un couteau et menaçait de frapper.

En juin, il a fallu hospitaliser d'urgence 9 personnes qui avaient fait une overdose devant l'un des plus grands centres pour SDF de la capitale.

L'État de New York a pour sa part enregistré 1900 visites aux urgences liées à la prise de la substance entre avril et juin de cette année.

Le risque de dépendance est réel comme le prouvent les témoignages rassemblés sur le site SpiceAddictionSupport.org.

«Tout ce qui m'importait c'était de fumer du Spice», écrit Taylor. «Les effets de manque étaient sévères... je n'étais tellement plus moi que j'étais juste couché en train de planer à regarder ma vie passer devant moi comme si j'étais au cinéma».

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