Noël en août avec Trump

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Le promoteur immobilier et star de la téléréalité Donald Trump a déjà eu un impact majeur sur la course républicaine, éclipsant les candidats les plus sérieux et forçant les plus marginaux à rivaliser d'outrance avec lui.

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Richard Hétu

Collaboration spéciale

La Presse

(New York) Jeudi soir à Cleveland, 10 candidats républicains s'affronteront à l'occasion du premier débat télévisé de la campagne pour l'élection présidentielle américaine de 2016. Comment les rivaux de Donald Trump, dont la présence risque de transformer l'exercice en numéro de cirque, se préparent-ils?

«Imaginez un pilote de la NASCAR qui se prépare mentalement à une course en sachant qu'un des conducteurs sera ivre. Voilà ce à quoi ressemble la préparation à ce débat», a résumé John Weaver, stratège républicain, dans un message publié la semaine dernière sur Twitter.

Pour les journalistes politiques américains, l'affaire est entendue: ce débat sera l'équivalent de Noël en août, un cadeau tombé du ciel au début d'un mois où l'actualité est souvent au point mort.

Donald Trump, rappelons-le pour ceux qui ont passé le dernier mois en vacances, arrivera à Cleveland en tête de la plupart des sondages nationaux menés auprès des électeurs républicains, sinon tous. Le promoteur immobilier et star de la téléréalité a maintenu et même amélioré sa position malgré ses déclarations controversées sur les immigrés mexicains («Ils apportent la drogue. Ils apportent le crime. Ce sont des violeurs»), sur John McCain («Ce n'est pas un héros de guerre») et d'autres sujets.

Les experts continuent de mettre en doute les chances de Trump de remporter la course à l'investiture républicaine. Il fait certes aujourd'hui le plein d'appuis chez les électeurs en colère contre les politiciens ordinaires et leur impuissance à dire les choses comme ils les conçoivent et à les changer. Mais ces appuis sont sans doute limités.

Impact majeur sur la course

N'empêche, le Donald a déjà eu un impact majeur sur la course républicaine, éclipsant les candidats les plus sérieux et forçant les plus marginaux à rivaliser d'outrance avec lui (la semaine dernière, l'ancien gouverneur d'Arkansas Mike Huckabee a notamment accusé Barack Obama de mener les Israéliens «aux portes des fours [crématoires]» avec l'accord sur le nucléaire iranien).

Et Trump aura l'occasion à Cleveland d'ajouter aux moments mémorables qui ont marqué l'histoire des débats entre les candidats aux primaires démocrates et républicaines. Sa préparation laissera peut-être à désirer. Contrairement à l'ancien gouverneur de Floride Jeb Bush, qui s'est retiré dans ses terres pour étudier ses dossiers et répéter ses répliques, le candidat néophyte a passé les derniers jours en Écosse pour assister à l'Omnium féminin de golf britannique, qui s'est déroulé sur un de ses terrains.

Mais ses conseillers lui ont préparé des phrases-chocs destinées à remettre à leur place ceux qui oseront l'attaquer. Selon le New York Times, Trump réserverait celle-ci à l'ancien gouverneur du Texas Rick Perry: «Il a mis des lunettes pour que les gens pensent qu'il est intelligent. Ça ne marche pas.»

Cette boutade a pour origine le moment d'anthologie que Rick Perry a lui-même créé lors d'un débat télévisé durant les primaires de 2012. Promettant d'abolir trois ministères fédéraux s'il était élu président, il en a mentionné deux, mais ne s'est pas souvenu du troisième. «Oups!», a-t-il laissé tomber après avoir fouillé vainement sa mémoire.

Mais l'ancien gouverneur du Texas avait déjà commis une gaffe encore plus dommageable lors d'un débat précédent. Il avait qualifié de «sans-coeur» ceux qui reprochaient à son État d'avoir instauré un programme d'aide financière aux enfants de clandestins inscrits à l'université. Au moment d'être ainsi pris en flagrant délit de compassion, il menait dans les sondages auprès des républicains. Sa déclaration a précipité sa chute.

Des débats à l'impact limité

Le sort de Rick Perry en 2012 illustre la différence entre les débats télévisés durant les primaires et ceux qui ont lieu entre les candidats des deux grands partis. Malgré l'importance que les médias leur accordent, ces derniers ont très peu d'influence sur le vote final. En 2012, par exemple, Barack Obama a survécu à une performance jugée calamiteuse lors de son premier débat télévisé avec Mitt Romney.

En revanche, les électeurs démocrates ou républicains se servent souvent des débats télévisés entre les candidats de leur parti pour les examiner et, le cas échéant, les éliminer. Jeudi soir, ils auront peut-être l'occasion d'entendre Donald Trump expliquer pour la première fois comment il entend résoudre les problèmes qu'il dénonce avec véhémence (outre sa proposition de construire un mur tout le long de la frontière avec le Mexique).

Si l'ex-star de l'émission The Apprentice ne parvient pas à faire preuve d'une certaine connaissance des dossiers, il pourrait entendre la phrase qu'il a rendue célèbre: «Tu es viré!»

Mais combien d'adversaires aura-t-il écorchés au passage? Jeudi soir, les journalistes politiques américains ne seront pas les seuls à sortir le maïs soufflé.

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