La famille d'Eric Garner réclame toujours justice

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«Ce n'est pas une victoire, nous n'avons pas obtenu justice», a déclaré lors d'une conférence de presse à Harlem la mère d'Eric Garner, Gwen Carr, en demandant une nouvelle fois au gouvernement fédéral de se saisir du dossier.

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Brigitte DUSSEAU
Agence France-Presse
NEW YORK

La famille d'Eric Garner, un Afro-Américain mort l'été dernier après une interpellation musclée à New York, a réaffirmé mardi qu'elle voulait que justice soit rendue, au lendemain d'un accord financier avec la ville qui a accepté de lui verser 5,9 millions de dollars.

«Ce n'est pas une victoire, nous n'avons pas obtenu justice», a déclaré lors d'une conférence de presse à Harlem la mère d'Eric Garner, Gwen Carr, en demandant une nouvelle fois au gouvernement fédéral de se saisir du dossier.

«Ils ont traité mon mari comme un animal», a ajouté son épouse Esaw, réclamant des poursuites contre les policiers impliqués dans la mort de son mari.

En décembre dernier, un grand jury local avait estimé qu'il n'y avait pas matière à poursuites.

«Ce n'est pas une question d'argent, la famille veut la justice», a insisté l'activiste noir Al Sharpton, présent lors de la conférence de presse. Il a annoncé une manifestation samedi, pour marquer le premier anniversaire de la mort d'Eric Garner et demander que justice soit rendue.

Eric Garner, 43 ans, père de six enfants, accusé de vendre illégalement des cigarettes dans la rue, avait été violemment plaqué au sol le 17 juillet 2014 à Staten Island, un arrondissement de New York, après avoir tenté de résister à son arrestation. Il n'était pas armé. Une vidéo amateur l'avait montré répétant à 11 reprises «je ne peux pas respirer» alors qu'il était immobilisé au sol par plusieurs policiers. L'un d'eux, Daniel Pantaleo, lui avait auparavant fait une clé au cou pour le neutraliser, une pratique interdite à New York. Garner, obèse et asthmatique, avait perdu connaissance, et était resté inerte au sol de longues minutes, sans que personne ne cherche à le réanimer. Le médecin légiste avait conclu à un homicide.

Accord honteux pour certains policiers 

Sa mort, trois semaines avant celle de Michael Brown, 18 ans, à Ferguson (Missouri) avait suscité de nombreuses manifestations à New York, et alimenté le débat national qui avait suivi sur les pratiques policières et le racisme, après plusieurs autres incidents violents.

La famille d'Eric Garner avait en octobre menacé de poursuivre la ville de New York pour obtenir 75 millions de dollars de dommages et intérêts.

Lundi, le contrôleur financier de New York Scott Stringer a annoncé que la ville avait accepté de verser 5,9 millions de dollars, dans le cadre d'un accord à l'amiable pour éviter ces poursuites. Il a insisté sur le fait que la ville n'avait pas reconnu de responsabilité, ajoutant que cet accord «reconnaissait la nature tragique de la mort de M. Garner».

«Aucune somme d'argent ne nous rendra mon père» a réagi mardi une des filles d'Eric Garner, Erica, lançant un appel à la ministre de la Justice Loretta Lynch pour que justice soit rendue. Cela veut dire «inculpations et procès honnête», a-t-elle ajouté.

L'un des principaux syndicats de police de la ville, la Sergeants Benevolent Association, a pour sa part violemment dénoncé cet accord financier, jugé «honteux» et obscène», estimant que même en cas de procès la famille n'aurait pas obtenu une telle somme.

Cet accord financier est l'un des plus importants récemment conclu par la ville de New York pour éviter un procès. Elle s'était déjà  engagée en février 2014 à verser 6,4 millions de dollars à David Ranta, un Blanc qui avait passé 23 ans en prison pour un meurtre qu'il n'avait pas commis. Il en réclamait 150. La ville était aussi parvenue fin octobre 2014 à un accord à l'amiable de 2,25 millions de dollars avec la famille d'un itinérant noir de 56 ans, Jerome Murdough, mort de chaud dans sa cellule de la prison de Rikers Island. Elle en voulait 25.

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