Deux Tunisiens torturés par la CIA rapatriés d'Afghanistan

Les techniques d'interrogatoire brutales utilisées par la CIA... (PHOTO SAUL LOEB, ARCHIVES AFP)

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Les techniques d'interrogatoire brutales utilisées par la CIA sur de présumés membres d'Al-Qaïda après le 11-Septembre ont été validées par des directives éthiques «permissives» et «laxistes», conçues avec l'association des psychologues américains.

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Agence France-Presse
Washington

Deux Tunisiens, qui avaient été interrogés et torturés dans une prison secrète de la CIA, ont été secrètement rapatriés par les militaires américains d'Afghanistan, où ils étaient emprisonnés depuis une décennie, a-t-on appris dimanche auprès du Pentagone.

«Le ministère de la Défense a transporté deux Tunisiens d'une prison afghane vers la Tunisie pour venir en aide au gouvernement d'Afghanistan», a déclaré à l'AFP le lieutenant-colonel Myles Caggins, un porte-parole du Pentagone.

«Ces individus sont restés sous le contrôle du gouvernement afghan jusqu'à ce qu'ils soient remis aux responsables tunisiens, ce qui a été fait le 15 juin», a-t-il ajouté.

Ce rapatriement, qui intervient six mois après la fin de la mission américaine en Afghanistan, met fin à plus d'une décennie de détention pour Ridha Ahmad al-Najjar et Lutfi al-Arabi al-Gharisi.

Tous deux étaient incarcérés par le régime afghan depuis décembre, quand les États-Unis avaient rendu à Kaboul le contrôle de toutes les prisons du pays, dans le cadre du traité bilatéral de sécurité, treize ans après l'invasion américaine et le renversement du régime taliban.

Najjar, que la CIA soupçonnait d'avoir été garde du corps d'Oussama ben Laden, avait été capturé en mai 2002 à Karachi, au Pakistan, et avait été le premier prisonnier du «Salt Pit», célèbre prison secrète de la CIA en Afghanistan maintenant fermée.

Selon le rapport du Sénat sur le programme de détention de la CIA, Najjar a été détenu par la CIA pendant plus de 700 jours.

Il avait été laissé pendu à des menottes et portant une couche-culotte pendant plus de 22 heures par jour, deux jours de suite, pour «casser sa résistance». Il avait aussi subi des privations de sommeil, des températures glaciales et des forts volumes de musique.

Selon le même rapport, des interrogateurs de la CIA l'avaient décrit comme «un homme clairement cassé» et «sur le point de s'effondrer complètement» après avoir été placé à l'isolement. Il avait même été pris comme «modèle» pour l'interrogatoire d'autres détenus de la CIA.

On en sait moins sur Gharisi. Le rapport du Sénat précise seulement qu'il avait aussi subi des techniques d'interrogatoire «renforcées» lors de son incarcération de 380 jours par la CIA, et enduré au moins 48 heures de privation de sommeil en octobre 2002.

La plupart des prisonniers de guerre des États-Unis en Afghanistan étaient détenus dans la prison de Bagram, à une quarantaine de kilomètres de Kaboul, où ils étaient torturés à l'époque de la «guerre contre le terrorisme», décrétée par le président George W. Bush après les attentats du 11-Septembre.

Les prisonniers des pays tiers, ni américains ni afghans, avaient été progressivement rendus à leur pays d'origine.

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