Un policier blanc qui avait abattu deux Noirs acquitté à Cleveland

S'il avait été reconnu coupable, ce policier, Michael... (Photo Tony Dejak, Archives REUTERS)

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S'il avait été reconnu coupable, ce policier, Michael Brelo aurait pu écoper jusqu'à 22 ans de prison puisqu'il avait été inculpé de deux homicides volontaires.

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Agence France-Presse
CLEVELAND

Un policier blanc jugé pour avoir abattu deux Noirs non armés dans leur voiture à la suite d'une course poursuite en 2012 à Cleveland, a été acquitté samedi, ravivant des tensions raciales entre les forces de l'ordre et la communauté noire.

S'il avait été reconnu coupable, ce policier, Michael Brelo, 31 ans, aurait pu écoper jusqu'à 22 ans de prison. Il avait été inculpé de deux homicides volontaires.

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Le juge John O'Donnell a expliqué avant de prononcer son verdict qu'il «ne sacrifierait pas» le policier si les indices ne justifiaient pas sa culpabilité.

Treize policiers avaient tiré au total 137 balles sur la voiture de Timothy Russell, 43 ans, et de Malissa Williams, 30 ans, des sans-abri décrits comme mentalement incompétents. Ces derniers n'avaient pas obtempéré à l'ordre de la police d'arrêter leur véhicule et avaient été pris en chasse pendant plus de 30 kilomètres.

Le policier Brelo avait été inculpé car il avait attendu que le véhicule soit à l'arrêt pour tirer, debout sur le capot, à quinze reprises contre le pare-brise. Aucune arme n'a été retrouvée dans la voiture alors que les policiers avaient affirmé que les deux suspects présentaient une menace.

Le juge O'Donnell a expliqué qu'il n'avait pas pu établir que les balles tirées par le policier Brelo avaient en fait tué le couple. Il a précisé que deux coups de feu du policier auraient pu être fatals à Malissa Williams et un autre à Timothy Russell mais que les preuves n'étaient pas pas suffisantes.

«Nous n'avons rien fait d'illégal, nous n'avons rien fait de mal», a affirmé l'avocat du policier, Pat D'Angelo en saluant le verdict et en dénonçant des «menaces» proférées selon lui contre son client par les procureurs.

«Il n'y a pas de justice»

Après l'énoncé du verdict, une petite centaine de manifestants se sont rassemblés près du tribunal scandant «il n'y a pas de justice», a constaté l'AFP.

«Je vous dis à tous que nous n'avons pas de justice», a lancé en larmes Renee Robinson, cousine germaine de Malissa Williams. «Ils tuent les femmes maintenant et personne ne fait rien», a-t-elle ajouté.

Le gouverneur de l'Ohio, John Kasich, a admis qu'il restait «beaucoup de travail à faire» et reconnu le droit de chacun à «exprimer sa frustration» mais «d'une manière pacifique».

Le ministère américain de la Justice a indiqué dans un communiqué qu'il réexaminerait tous les témoignages et indices présentés au procès.

Le maire de Cleveland Frank Jackson a rappelé que «des mesures disciplinaires continuaient à être prises contre les quatorze policiers impliqués dans cet incident», y compris M. Brelo qui reste suspendu de ses fonctions sans salaire.

Une autre enquête sur un policier blanc débutant de cette ville, qui avait tué en novembre un enfant noir de douze ans Tamir Rice alors qu'il pointait un jouet en forme de pistolet dans un parc, n'a toujours pas abouti.

Le ministère de la Justice avait déterminé après ce drame que la police de Cleveland faisait «un usage excessif à la force» et violait les droits civiques.

Le procureur de Cleveland, Timothy McGinty, a indiqué samedi que «les récents cas et procès à Cleveland montrent la nécessité d'améliorer la situation (...) comme pour la police ne pas tuer des malades mentaux».

Ces incidents sont les derniers en date d'une série de bavures policières à l'encontre d'hommes noirs qui ont ravivé des tensions raciales latentes aux États-Unis entre la police et cette communauté.

À Baltimore, six policiers ont été jeudi formellement inculpés du meurtre d'un jeune Noir en avril, gravement blessé lors de son transport dans un fourgon de police. Ce drame avait provoqué des émeutes.

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